Réussir porc 22 février 2002 à 18h16 | Par Claudine Gérard

Litière en élevage porcin - Une technique à part entière

Pas de confusion entre fine couche et litière accumulée ! L´engraissement sur litière en fine couche est une technique relativement nouvelle, qui s´apparente davantage à un élevage sur caillebotis intégral que sur sciure accumulée.

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Attention ! Si les deux types d´élevage peuvent présenter des points communs, il n´y a pas grand chose à voir entre un élevage sur litière accumulée et sur fine couche. Les éleveurs qui ont opté pour cette dernière se sont gardés d´en conserver ses principaux défauts, à l´origine de bien des déboires : indices élevés, sanitaire fragile, temps de travail important... et ont « inventé » un système qui, finalement, se rapproche d´avantage de la conduite sur caillebotis intégral.
Premier point fort, ces ateliers fonctionnent en tout plein-tout vide. La litière est évacuée en fin de bande, les salles sont lavées désinfectées, séchées avant l´ajout d´une litière neuve sur une dizaine de centimètres d´épaisseur avant l´entrée des animaux.
Deuxième point, la charge de travail est réduite au minimum : apport de litière avant l´arrivée des porcs, puis, éventuellement, en fin d´engraissement, lorsque les porcs atteignent 70-80 kg. L´évacuation de la litière en fin de lot est totalement mécanisée et, selon le matériel et la conception du bâtiment, peut être relativement rapide.
Troisième point, les bâtiments sont soignés. Du béton y compris au sol, une bonne isolation, une ventilation efficace pour évacuer l´eau, principal point du bon fonctionnement de la litière fine couche. Bref, tout sauf des étables à taurillons aménagées pour la circonstance.
Les porcs disposant d´au minimum 1,2 m2, les coûts à la place égalent souvent ceux d´un bâtiment classique sur caillebotis. L´économie de fosse est compensée par la place au sol.
Enfin, les résultats techniques sont au rendez-vous. Car compte tenu de la qualité des bâtiments, les croissances et indices sont généralement d´un excellent niveau. Quant aux aspects sanitaires, le recul est encore insuffisant pour se prononcer. Mais l´expérience des éleveurs rencontrés (voir pages suivantes), la densité, permettent d´être optimiste.
Combien sont-ils à avoir choisi ce type de bâtiment en France ? 20, 40, 60 ? Il n´existe pas de statistiques. Mais d´autres y réfléchissent, avec des motivations aussi diverses que celles des éleveurs que nous avons rencontrés.
Des motivations diverses
Une meilleure acceptation du dossier, des relations plus faciles avec le voisinage, la possibilité de voir la litière reprise en fin de bande, la perspective de voir sa production entrer dans un signe de qualité qui pourrait compenser les coûts. Car, si la sciure brute a un coût variable, la litière traitée (voir encadré) engendre des frais de 20 à 30 F par porc sorti. En contrepartie, les fournisseurs proposent des plans de reprise des litières qui sont autant d´hectares d´épandage libérés. En revanche, dans le cas d´épandage des litières sur l´exploitation, il n´est pas tenu compte du possible abattement d´azote et la litière est considérée comme un fumier. La situation n´est pas définitive. Le groupe Corpen « planche » aujourd´hui sur les rejets azotés de porcs élevés dans des conditions différentes du caillebotis (plein air, paille, litière...) et peut-être ces types d´engraissement seront-ils considérés moins générateurs de rejets.
La technique est en marche. Elle demande à être encore affinée, notamment au niveau de la ventilation qui est une clé de la réussite du bon fonctionnement de la litière. Les éleveurs ont jusqu´ici « inventé » leur propre système, au regard de leur expérience sur caillebotis. S´il a fallu des années - et quelques échecs - pour arriver à des solutions « types » efficaces sur caillebotis intégral, il en faudra probablement autant pour mettre définitivement au point « le » bâtiment sur litière en fine couche.
©CG

Même si la technique reste à préciser
la fine couche a balayé les inconvénients de la litière accumulée : vide sanitaire, temps de travail, performances.

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