Réussir porc 25 avril 2018 à 13h00 | Par Dominique Poilvet

Les Pays de la Loire ont des atouts pour relancer leur filière porcine

Une journée d'informations a été organisée par le Comité régional porcin des Pays de la Loire pour inciter les jeunes de la région à s'intéresser à la production.

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Selon la Chambre d'agriculture et le CERFrance, la FAF, largement répandue en Pays de la Loire, et le lien au sol améliorent la compétitivité des élevages ligériens.
Selon la Chambre d'agriculture et le CERFrance, la FAF, largement répandue en Pays de la Loire, et le lien au sol améliorent la compétitivité des élevages ligériens. - © D. Poilvet

La journée d'échanges et d'information organisée par le Comité régional porcin (CRP) des Pays de la Loire à Saint-Jean-de-Linière, près d'Angers le 13 février dernier, a certainement donné des idées aux nombreux jeunes venus en car de leur lycée pour découvrir la filière porcine ligérienne. Une filière qui vit à l'ombre de sa puissante voisine bretonne, mais qui a des atouts pour réaliser son propre développement. « Avec nos 1900 éleveurs et 7 000 emplois induits, nous sommes des acteurs incontournables de l'économie locale », souligne Gérard Bourcier, le président du CRP. Des élevages insérés dans des exploitations très diverses : « seulement 16% d'entre elles sont spécialisées », constate Anna Bordes, de la chambre d'agriculture des Pays de la Loire. Ils sont généralement adossés à de la surface agricole (89 hectares en moyenne). 23% sont associés à des grandes cultures, et 22% à un atelier lait. En 2016, la taille moyenne d'un élevage était de 156 truies. Les structures naisseurs-engraisseurs sont devenues majoritaires alors qu'elles ne l'étaient pas en 2001. La plupart valorisent leurs céréales à la ferme.

- © Infographie

Les derniers résultats économiques sont également à même d'intéresser les candidats potentiels à l'installation. Selon le Cerfrance Pays de la Loire, la marge brute et le résultat courant moyen des ateliers porcs se sont nettement redressés en 2016 et 2017. « La tendance est à un revenu disponible de 60 000 EUR par unité de travail humain familial (UTHF) en 2017, contre 15 600 EUR en 2016 et 8 400 EUR en 2015 », indique Pierre Chambard, du Cerfrance Pays de la Loire. Une évolution permise par la bonne tenue des cours, mais aussi par la baisse du prix des aliments et du coût de revient. Sur ce point les élevages des Pays de la Loire sont particulièrement bien placés grâce à leur lien au sol, selon Anna Bordes. « Avec une fabrique d'aliment à la ferme, l'entreprise est moins sensible à la conjoncture prix des matières premières. Le revenu disponible est plus stable, » affirme-t-elle, sur la base d'une étude réalisée par les chambres d'agriculture des Pays de la Loire. Elle souligne par ailleurs que la conduite des cultures est plus optimisée grâce à la fertilisation organique. « L'impact énergétique de l'exploitation est plus faible et l'exploitation émet moins de gaz à effet de serre. »

- © D. Poilvet

La restructuration des élevages est aussi une voie importante d'amélioration des performances économiques utilisée par les éleveurs ligériens, avec notamment l'externalisation du naissage dans des maternités collectives. Elle entraîne également une optimisation de la main-d'oeuvre d'autant plus intéressante quand l'exploitation gère plusieurs productions. « Le coût du porcelet des maternités collectives est supérieur au prix du marché. Mais cet écart est nettement compensé par sa meilleure qualité. Elle permet de dégager une marge brute plus importante en engraissement », constate Pierre Chambard. Cette forme de restructuration facilite aussi la transmission de l'exploitation à un jeune. « Il est plus facile de transmettre des engraissements fonctionnels et des parts dans un atelier naissage performant, plutôt que des bâtiments vétustes. »

Sur la base de l'analyse des cours au MPB de ces cinq dernières années, l'économiste fixe un objectif de coût de revient entre 1,30 et 1,35 EUR/kg. « Pour un jeune qui s'installe, cela veut dire un coût d'investissement pour la reprise et la modernisation de 4 200 euros par truie, avec des performances techniques moyennes. » Ce qui se traduit par des annuités de 400 euros par truie. « Cela signifie qu'il est impératif de définir la bonne valeur de l'outil à reprendre et d'avoir une main-d'oeuvre suffisante et compétente pour atteindre les objectifs de performances techniques », rappelle Pierre Chambard, qui souligne également l'importance de produire pour un marché et d'avoir des capacités d'adaptation aux nouvelles conjonctures.

- © Infographie Réussir

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