Réussir porc 05 janvier 2011 à 16h24 | Par C.Gérard

Les matières premières alimentent la crise

Céréales, tourteaux, huiles… Aucune catégorie de matières premières pour l’alimentation animale n’échappe à la hausse mondiale des cours.

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Les matières premières pour l’alimentation animale ont fait un bond de 61 % en 3 mois, selon Coop de France Nutrition animale. Le scénario de 2007 semble donc se renouveler, mais les raisons sont plus complexes que la spéculation qui avait fait flamber céréales et tourteaux à l’époque. Premier constat, l’envolée des matières premières est mondiale et l’Europe n’échappe pas à la règle, structurellement dépendante des importations pour satisfaire les besoins de l’alimentation animale, notamment en protéines (p 18).

Deuxième constat, les causes de cette augmentation des prix sont multiples (p 22 et 23).

Elles sont climatiques : les pays de la mer Noire, frappés par une terrible canicule en juillet, ont stoppé leurs exportations de blé. Elles sont politiques : le développement des bio carburants tire les prix du maïs vers le haut. Aux Etats Unis, un tiers de la récolte a pour débouché la production d’éthanol ! Et malgré les rendements croissants, toute production supplémentaire trouve preneur. Le maïs devient aujourd’hui l’élément de soutien du marché des céréales.

Par ailleurs, la demande mondiale en produits alimentaires continue de croître, notamment en Asie. Les huiles sont chères, et entraînent les tourteaux dans une spirale haussière.

Dans ce contexte, la spéculation est toujours de mise et les matières premières en général restent des valeurs intéressantes. La volatilité en est fortement exacerbée.  « La volatilité des prix est due à une financiarisation qui est arrivée dans la sphère agricole de manière durable »  analyse Jean-Luc Cade, président de Coop de France Nutrition Animale.

Que faire ? Le secteur de l’alimentation animale réclame un mécanisme de régulation des prix des matières premières. l « Il faut souhaiter que les politiques s’emparent de ce dossier » annonce Jean-Michel Cade.

Très récemment, le Parlement européen a demandé à la Commission européenne d’instaurer « sans tarder » des mécanismes de marché « souples et efficace » afin d’atténuer l’impact de la hausse des prix. Elle demande en particulier l’instauration d’un « filet de sécurité » appliqué dans le secteur céréalier, et l’utilisation des outils existants pour faire face à la crise porcine. Mais la Commission européenne répète de son côté qu’aucune mesure d’urgence ne se justifie…

En attendant, les fabricants d’aliments se sont tournés vers des co produits, en particulier ceux issus des bio carburants –tourteaux de colza et de tournesol- ou drèches de céréales de la filière éthanol, et la production de pois a doublé sous l’impulsion du plan de relance des protéagineux. Quant aux éleveurs fabricant leur aliment à la ferme, l’enjeu des achats de matières premières est aujourd’hui si important que c’est un nouveau métier au sens propre qu’ils doivent maîtriser (p 26).

Et pour l’ensemble des producteurs, fafeurs ou non, même si des solutions de contractualisation de l’aliment émergent p 24), le problème reste bien l’impossibilité de répercuter les hausses des coûts de production. Car, comme l’a souligné Vincent Chatelier, économiste à l’Inra, au cours de l’assemblée générale de Coop de France, l « S’il y a des secteurs où l’on peut encore rêver de gains de productivité par la technique, dans d’autres, comme précisément celui du porc, cela sera plus dur… »

 

 

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