Réussir porc 02 octobre 2014 à 08h00 | Par Michel Collonge

Les industriels accusent les GMS de faire trop de promotions

Le tiers des grandes et moyennes surfaces (GMS) offriraient une promotion sur la côte de porc quelle que soit la période de l’année. Une pratique destructrice de valeur.

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La couleur et l’aspect sont cités en premier critère de choix de la viande fraîche achetée en GMS par 44 % des personnes interrogées. Suit la mention d’origine française avec 26 %.
La couleur et l’aspect sont cités en premier critère de choix de la viande fraîche achetée en GMS par 44 % des personnes interrogées. Suit la mention d’origine française avec 26 %. - © J.-C. Gutner

Près de la moitié des volumes de viande porcine seraient vendus en promotion selon le Syndicat des entreprises françaises des viandes (Sniv). Ce que ce dernier dénonce : « de trop nombreuses promotions mettent la filière en danger. En effet, si les promotions peuvent permettre aux consommateurs de tirer un avantage financier, aux enseignes de distribution de créer du trafic dans leurs rayons boucherie et aux professionnels de réguler leurs volumes, les promotions, massives et durables sont contre-productives. »
Pierre Halliez, le directeur général du Sniv va même plus loin : « l’offre devient non-cohérente. Le consommateur est perdu face à l’absence de logique des prix, affirme-t-il, car le pire des facteurs qui puisse peser sur la consommation de la viande c’est la perte de repères. Quand on ne connaît pas quelque chose, on finit par s’en méfier. »
Pour mieux connaître les souhaits du consommateur, le Sniv a commandé une enquête exclusive à l’Ifop.

- © Infographie Réussir

Le consommateur veut être conseillé pour mieux acheter sa viande


Ce sondage montre que « la couleur et l’aspect » sont cités en premier (44 % des personnes interrogées) comme critères de choix de la viande fraîche achetée en GMS ; suit « la mention d’origine française » avec 26 %. Le prix, quant à lui, n’emporte que 14 % des déclarations.
Ces résultats posent question lorsque l’on sait que 74 % des Français achètent leur viande en GMS, magasins qui fondent une bonne part de leur argumentation commerciale sur les prix bas. Le consommateur est demandeur de conseils pour mieux acheter sa viande. Dans le sondage, cette mission est dévolue sans ambiguïté au boucher (51 % des personnes interrogées). Les chefs cuisiniers (15 %) et les éleveurs (12 %) sont en bonne place.
Pour satisfaire ces besoins de repères du consommateur, le Sniv propose une nouvelle dénomination des morceaux de viande avec des indications sur le mode de cuisson (à rôtir, à bouillir, à poêler). Il souhaite un meilleur affichage de l’origine « viandes de France ».

 

- © Infographie Réussir

Les GMS dégagent cinq fois plus de marge que les abattoirs


Mais la demande forte du Sniv porte sur les bonnes pratiques commerciales. Il souligne le niveau des marges pratiquées par les GMS.
Selon l’Observatoire de la formation des prix et des marges, elles sont cinq fois plus élevées que celles des entreprises d’abattage-transformation. Le Sniv propose d’encadrer le système de promotion et d’établir des codes de bonnes conduites pour fixer les périodes, les durées et les produits. Il demande de faire respecter l’interdiction de la pratique des prix abusivement bas.
Derrière la guerre des prix, que les enseignes de distribution se livrent entre elles, se cache une lutte pour conquérir des parts de marché. Les industriels dénoncent la destruction de valeur et fragilisation du tissu économique qui en résulte. Sur ce point, ils sont sur la même ligne que le ministre de l’Agriculture qui déclarait récemment : « pourquoi on irait renégocier à la baisse les prix alors que l’on est proche de la déflation. » Cette prise de position faisait allusion aux positions très dures de la grande distribution sur les prix face aux industriels de l’agroalimentaire dans la négociation de début d’année. Le combat des industriels de la viande contre les prix bas ne peut qu’être observé avec bienveillance à la condition que les entreprises sachent partager d’éventuels gains avec leurs fournisseurs éleveurs.

Les jeunes aimeraient trouver le conseil d’un chef cuisinier dans les rayons viande.
Les jeunes aimeraient trouver le conseil d’un chef cuisinier dans les rayons viande. - © C. Gérard

Les jeunes plus sensibles au prix

 

Les plus jeunes consommateurs (18-24 ans) placent le prix en deuxième position dans leur critère de choix derrière « la couleur et l’aspect de la viande ». Ils sont également plus sensibles à la marque. Ces mêmes jeunes aimeraient trouver le conseil d’un chef cuisinier dans les rayons viande. Il faut sans doute voir là l’impact du succès des émissions cuisine à la télévision.
De même, ils pensent que les conseils d’un nutritionniste seraient bienvenus.
Les 65 ans et plus ne partagent pas ces choix. Ils plébiscitent la mention de l’origine France pour les critères d’achat et demandent, avec plus de force, à bénéficier des conseils de professionnels comme le boucher ou l’éleveur.

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