Réussir porc 02 mars 2015 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Les filières bio s'organisent

Loin des clichés du producteur indépendant vivant de la vente directe, la production de porcs biologiques se développe désormais au sein de filières performantes.

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La production nationale doit 
avoisiner les 100 000 porcs 
charcutiers bio par an.
La production nationale doit avoisiner les 100 000 porcs charcutiers bio par an. - © D. Poilvet

La production de porcs biologiques a fortement progressé depuis 2008, sous l'impulsion du Grenelle de l'Environnement et de l'engouement des Français pour les produits bio. Aujourd'hui, 350 exploitations bio se partagent 8000 truies, dont 1300 en Bretagne et 2000 dans les Pays de la Loire, première région productrice de porcs bio. Les volumes commercialisés sont difficiles à évaluer, car une part importante est vendue en direct. Au total, la production nationale doit avoisiner les 100 000 porcs charcutiers par an, soit 0,4 % de la production française. Mais la croissance de ces dernières années a été essentiellement le fait d'élevages structurés, utilisant les mêmes techniques que les élevages conventionnels, dans les limites du cahier des charges bio : conduite en bande, vaccinations, déparasitage, traitements allopathiques...

Filières bien organisées

Ces élevages font le plus souvent partie de filières bien organisées leur garantissant un suivi technique et la commercialisation des porcs charcutiers. Elles disposent généralement d'entreprises qui permettent une transformation poussée des carcasses. C'est le cas de la filière Porc Bio Atlantique, gérée par la coopérative vendéenne Cavac. Cette filière se développe autour de son entreprise de charcuterie Bioporc qui transforme et valorise l'intégralité des carcasses des porcs bio produits par les éleveurs.
Le groupement d'éleveurs mayennais Bio Direct utilise la même stratégie pour conforter ses liens avec ses partenaires distributeurs. En cinq ans, cette filière s'est enrichie de deux charcuteries artisanales. De leur côté, les éleveurs bio du groupement Cirhyo profitent à la fois de leur abattoir Tradival à Orléans, et de leur partenaire Sicaba pour commercialiser leurs porcs. Ces filières ont permis de maintenir un prix de vente du porc charcutier autour de 3,40 euros du kilo, malgré une crise de surproduction en 2012 qui a contraint certains acteurs à déclasser des carcasses bio en conventionnel. Ce prix élevé permet aux éleveurs de dégager une marge confortable pour vivre de leur élevage, souvent de taille modeste. Sous l'impulsion des filières qui cherchent à nouveau à se développer, des jeunes s'installent et font du porc bio leur production principale. Un signe fort pour une production encore très marginale, mais qui se donne les moyens de son développement.

- © D. Poilvet

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