Réussir porc 23 avril 2014 à 08h00 | Par Claudine Gérard

Les fabriquants de plasma veulent rassurer leurs clients

La suspicion sur le rôle possible du plasma dans l’introduction de la diarrhée épidémique porcine aux Etats-Unis a jeté le doute sur cette matière première en Europe.

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Après centrifugation du sang, 
le plasma subit un traitement thermique très cadré par la réglementation européeenne.
Après centrifugation du sang, le plasma subit un traitement thermique très cadré par la réglementation européeenne. - © C. Gérard

L’EAPA, European Animal Protein Association, qui regroupe les fournisseurs de matières premières d’origine animale en Europe, ont rapidement réagi face aux questions posées par le plasma sanguin dans la transmission de la diarrhée épidémique porcine aux États-Unis et au Canada. Ces fabricants rappellent qu’une législation stricte a été mise en place depuis la crise de l’ESB, et soulignent les différences de garanties de leurs produits par rapport à des équivalents américains ou asiatiques.


Des essais américains rassurants


Ils précisent que le plasma provient exclusivement de porcs européens — donc indemnes du virus responsable de la maladie, le PEDV — et que ces porcs sont destinés à la consommation humaine, donc sains. Ils soulignent ensuite que les différentes entreprises adhérentes à l’EAPA suivent des procédures qualité diverses et sont certifiés par des organismes extérieurs. Par ailleurs, ils insistent sur le processus d’obtention des plasmas déshydratés, obtenus après chauffage à au moins 80 °C, voire plus de 200 °C. Or, le virus, de la famille des coronavirus est inactivé à partir de 60 °C pendant trente minutes et 71 °C après dix minutes. Ils soulignent en outre qu’il ne survit que sept jours dans un environnement sec.
Enfin, ils s’appuient sur une récente étude américaine (1) publiée en mars et présentée mi-mars au meeting National Pork Board’s dans l’Iowa (USA). Trois essais différents permettent aux auteurs de conclure que le séchage de plasma expérimentalement inoculé inactive bien le virus, que celui-ci ne survit pas au-delà de sept jours, et que les porcelets alimentés avec du plasma contenant le génome du PEDV sont restés indemnes.
Toutefois, les inquiétudes portent à présent sur d’autres produits animaux qui, eux, ne sont pas obtenus selon ces « bonnes pratiques européennes ». À savoir divers produits du porc (gélatine, gras…) qui servent de support à certains additifs et ingrédients nutritionnels. Et qui peuvent être fabriqués dans des pays touchés par le virus, particulièrement les Etats-Unis ou la Chine. Si cette hypothèse était avérée, la situation deviendrait beaucoup plus complexe que le simple fait de proscrire le plasma des formules, comme certains fabricants d’aliment s’y sont déjà engagés.


(1) Biosafety of Spray Dried Plasma Relative to Porcine Epidemic Diarrhea Virus (PEDv)

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