Réussir porc 24 juin 2014 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Les fabricants d’aliments pessimistes pour l’avenir

Confrontés à une baisse de la rentabilité de leur activité, les fabricants d’aliment estiment que le secteur est à la veille d’une restructuration importante.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
L’augmentation des volumes d’aliments produits par entreprise sera un élément essentiel pour pouvoir subsister. 
L’augmentation des volumes d’aliments produits par entreprise sera un élément essentiel pour pouvoir subsister.  - © DR

S elon une enquête réalisée par France Agrimer(1), les fabricants d’aliments sont « relativement pessimistes quant à leur avenir ». Avec la faible rentabilité de leur secteur, se traduisant notamment par des investissements limités, ils estiment que leurs marges de manœuvre sont réduites. Pour eux, leur métier va connaître d’importantes modifications ces prochaines années. La restructuration au sein du secteur va s’accentuer. « L’augmentation des volumes d’aliments produits par entreprise sera un élément essentiel pour pouvoir subsister », estime FranceAgriMer. Dans ces conditions, la réduction du nombre d’entreprises est inévitable, « voire souhaitable ».

- © Infographie Réussir

Cependant, les fabricants d’aliments se considèrent plus épargnés par la crise que les autres maillons de la filière car ils arrivent plus ou moins à répercuter les hausses de coûts. Mais ils sont conscients que les difficultés de leur aval sont une menace pour eux. Un aval qui leur impose de plus en plus de cahiers des charges, parfois assimilés à des démarches « marketing » et donc les surcoûts sont le plus souvent non compensés.
L’un de ces principaux postes de surcoût reste la contrainte soja non OGM, du fait d’un prix plus élevé et d’une gestion spécifique. La fiabilité des analyses fait débat. Les disponibilités semblent de moins en moins assurées. La substitution totale du soja par d’autres protéines non OGM produites en France ne semble pas réaliste.
Les fabricants d’aliment réclament aussi une harmonisation entre les acteurs et au niveau européen pour gommer des distorsions de concurrence. « La France a une réglementation plus stricte par rapport aux autres pays européens. » La critique porte surtout sur les sujets annexes : écotaxe, coût de l’énergie, les bâtiments… Les lourdeurs administratives sont aussi citées.
Des acteurs gravitant autour de la nutrition animale ont également été interviewés. Il en ressort l’image d’un secteur « compétent et dynamique », et qui « maîtrise bien son métier ». Une certaine méfiance envers les fabricants existe cependant, du fait « pour certains d’un manque de transparence sur les prix », ou encore « un manque de rigueur dans le suivi de l’origine et de la qualité des matières premières ». D’autres regrettent « certains comportements opportunistes », comme de la vente à perte pour récupérer une clientèle. Mais qu’ils soient fabricants ou partenaires, « tous s’accordent sur la nécessité de renforcer le dialogue pour une plus grande synergie de filière et pour développer de nouveaux modèles de production ».


(1) Enjeux et stratégies des fabricants d’aliments pour animaux, avril 2014.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui