Réussir porc 29 juin 2009 à 15h53 | Par C.Gérard

Le Québec face au grand marché américain

Avec les Etats-Unis comme grand concurrent à l’exportation, le Québec doit vaincre ses handicaps pour rester compétitif. Une mutation en profondeur semble en marche

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Finies les années de croissance de la production porcine au Québec, dopée par la demande d'Amérique du Nord. Depuis 2002, le Québec a dû faire face à une succession « d'épreuves » : le moratoire sur le développement des porcheries, la parité de son dollar avec le dollar US, de lourdes crises sanitaires dues au circovirus et au SDRP, et un « client » historique, les Etats-Unis, qui sont devenus exportateurs, avec des coûts de production plus bas qu'au Canada, notament grâce essentiellement au prix de l'aliment du « corn belt ». (voir p 16)


Une situation difficile pour une province qui a bâti son développement sur les débouchés sur toute l'Amérique du Nord et qui doit exporter 50 % de sa production. La crise liée à la flambée des matières premières puis à la chute des cours du porc n'a pas non plus épargné le Québec qui cherche aujourd'hui des solutions pour pérenniser son élevage. D'autant que le soutien des gouvernements (Canadien et québécois) au travers de l'assurance revenu (dont les français ont un temps révé) est appelé à disparaître progressivement. (p 18). Ce soutien à la production, qui a pris des proportions de plus en plus importantes avec l'effondrement des cours du porc devient proprement impopulaire et difficilement tenable. L'équivalent d'un rapport Porry, celui de Michel St Pierre vient d'être rendu public. Il prône une diminution progressive de cette assurance revenu et un nouveau système qui rende les éleveurs plus responsables et plus gestionnaires. En clair, le montant versé par l'assurance serait d'autant plus important que l'éleveur est performant.


La profession remet aujourd'hui en cause la fixation du prix du porc par le marché électronique, l'encan, accusé de tirer les prix vers le bas, et réclament tout simplement le payement au prix US pour un porc de qualité US ! Des négociations sont en cours actuellement entre les professionnels et les abattoirs canadiens.

De leur côté, les intégrateurs, privés ou coopératifs, mettent en place des stratégies pour sortir de ctte situation et pérenniser leur activité. L'occupation de niches pour aller chercher plus de valeur ajoutée sur des porcs « sans antibiotiques, bien-être ou bios » est une solution retenue par une des plus grandes firmes privées, Aliment Breton (p 26). Quant au groupe d'intégration coopératif Comax (8 000 truies), la stratégie déployée depuis 2 ans consiste à rechercher une optimisation des coûts de production au travers d'une meilleure rationalisation de la production en multisite, avec des approvisionnements en « mono source », une gestion réellement en tout plein-tout vide à partir de ces élevages de plusieurs milliers de truies. Dans cette optique, la conduite en bande à la semaine a été abandonnée au profut de conduites en 2 ou 4 bandes inspirées ... de France.

L'idée est d'améliorer la performance du système, performance technique et économique, mais aussi de gérer le problème sanitaire majeur que constitue le SDRP, beaucoup plus virulent et mutant qu'en Europe. Des sommes importantes sont consacrées aux recherches et à une lutte qui se veut régionale. Plusieurs pistes sont explorées, en particulier celle d'un vaccin autogène (autovaccin) constitué de pas moins de 4 souches recueillies sur le terrain, ou la filtration de l'air à l'entrée des élevages. Et avec, dans tous les cas de figure une sérieuse remise à plat des règles de biosécurité.

 

 

 

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