Réussir porc 15 septembre 2016 à 08h00 | Par Claudine Gérard

Le directeur d’Agromousquetaires revendique le métier de "producteur commerçant"

Christophe Bonno, directeur d'Agromousquetaires, a apporté un éclairage, lors de l'assemblée générale du groupement Prestor , sur la stratégie de l’enseigne des Mousquetaires, impliquée de l’amont à l’aval.

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Aujourd’hui 3000 produits sont concernés par la marque des « producteurs commerçants ».
Aujourd’hui 3000 produits sont concernés par la marque des « producteurs commerçants ». - © Intermarché Dinard-Pleurtuit

« En achetant la première usine il y a quarante ans, le directeur des Mousquetaires faisait un coup de génie », a déclaré d’emblée Christophe Bonno, directeur Agromousquetaires, invité à l’assemblée générale de Prestor*. Il a argumenté sur cette stratégie de la distribution de s’engager en tant que producteur de biens alimentaire, « de l’amont à l’aval, le but étant de sécuriser l’approvisionnement de l’enseigne et capter les marges qui partaient chez les grossistes ». C’est en accord avec cette stratégie que le groupe a acquis l’abattoir de Josselin, JPA, dans lequel il a investi.

Il annonce que ce sont aujourd’hui 3000 produits concernés par la marque des « producteurs commerçants » disponibles dans les magasins Intermarché et Netto. Et liste les avantages « de ce modèle unique en France, et rare dans le monde » : une alternative face à la concentration des fournisseurs, un moyen de maîtriser la qualité et les cahiers des charges, l’équité avec les producteurs-éleveurs et l’efficacité de circuits courts qui shuntent des intermédiaires.

Christophe Bonno, directeur AgroMousquetaires : 
" Les éleveurs intéressés par la contractualisation doivent changer leur logiciel de pensée. "
Christophe Bonno, directeur AgroMousquetaires : " Les éleveurs intéressés par la contractualisation doivent changer leur logiciel de pensée. " - © C. Gérard

La contractualisation pour une meilleure visibilité

Il a évidemment argumenté sur l’intérêt de la contractualisation proposée depuis quelques mois (voir Réussir Porc, avril 2016, n°236 p. 6). « Il s’agit de donner aux éleveurs de porcs de la visibilité, avec des perspectives à cinq ans. La contractualisation vise à réduire la volatilité des prix, sécuriser les cours, et s’inscrire dans un plan de progrès afin de créer de la valeur ajoutée et de la partager. » Sous réserve de pouvoir répondre à un cahier des charges qui crée une réelle différenciation. "On ne peut plus produire un porc standard avec lequel nous ne serons jamais compétitifs », annonce-t-il.

Un cahier des charges qui, selon Guillaume Roué, président de Prestor, doit encore être discuté avec les partenaires. « L’accord doit être gagnant-gagnant, sachant qu’avec un lissage sur cinq ans, les éleveurs intéressés par la contractualisation doivent changer leur logiciel de pensée ». À ce jour, une dizaine de contrats seraient conclus entre des adhérents de Prestor et Agromousquetaires. Quant à de nouvelles signatures — et sachant que le cours au MPB se rapproche du « prix pivot » du contrat — « il faut y réfléchir », recommande sobrement le président, invitant les éleveurs à prendre des avis éclairés auprès de tout leur environnement technico-économique.

* le 27 mai 2016 à Carhaix dans le Finistère.

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