Réussir porc 17 octobre 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

« Le bien-être animal, c’est notre quotidien ! », affirme François-Régis Huet, éleveur dans le Morbihan

Référent bien-être pour les organisations professionnelles, François-Régis Huet témoigne auprès des « welfaristes » que les éleveurs sont les premiers garants du bien-être de leurs animaux.

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François-Régis Huet, 35 ans, éleveur à Saint-Abraham (56), il est et en charge du dossier 
bien-être  aux JA et auprès de la FNP, du CRP, d’Inaporc et Coop de France.
François-Régis Huet, 35 ans, éleveur à Saint-Abraham (56), il est et en charge du dossier bien-être aux JA et auprès de la FNP, du CRP, d’Inaporc et Coop de France. - © Claudine Gérard

. Principal sujet de ces dernières années, où en est le logement des truies en groupe ?


À ce jour, 100 % du travail est fait en France. Les éleveurs ont réalisé un important travail de fond, et l’on peut les féliciter d’avoir réussi ce challenge. Dans le reste de l’Europe, la situation est identique, l’ensemble des éleveurs ayant achevé cette mise aux nor-mes.


. Quels sont donc les principaux dossiers sur lesquels vous travaillez aujourd’hui ?


Au niveau français, tout d’abord, le sujet du statut animal est d’actualité. La question posée est celle d’inscrire la sensibilité de l’animal dans le Code civil. Ce sujet fait débat au parlement, ce qui nous surprend beaucoup ! En effet, le statut de l’animal est reconnu dans le Code rural depuis 1974. La loi existe donc bel et bien et, en comparaison avec ce qui se passe dans d’autres pays, nous avons la certitude que, en France, nos animaux sont bien protégés. Alors pourquoi élargir la réglementation existante au Code civil ? Nous avons des raisons de craindre que cette demande cache en fait des objectifs plus larges peut-être poussés par les lobbies antiviandes. En tout état de cause, il s’agit bien d’un problème franco-français.


. Et au niveau européen, quels sont les sujets à l’étude ?


Nous travaillons beaucoup sur la notion de matériaux manipulables qui est inscrite dans la réglementation européenne mais qui donne lieu à des interprétations différentes. Pour certains, seule la paille peut être considérée comme acceptable et certains welfaristes font fi à la fois de la possibilité de mettre en œuvre cette solution dans les élevages, mais aussi de l’efficacité d’autres solutions. Or, nous savons que d’autres matériaux que la paille ont une efficacité prouvée et permettent aux animaux d’exprimer leur comportement. Il nous appartient aujourd’hui d’en apporter encore la preuve afin que le débat ne reste pas au niveau idéologique, mais s’appuie sur des réalités scientifiques. Ce dossier est donc discuté à Bruxelles.


. Qu’en est-il de l’arrêt de la castration annoncé pour 2018 ?


Les professionnels se sont en effet engagés pour cette échéance, mais à condition d’avoir d’ici là trouvé des solutions alternatives. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, et le dossier est d’autant plus complexe qu’il dépasse le seul niveau de l’élevage et concerne tout la filière, de l’amont à l’aval.


. Et ce dossier est aussi politique ?


Oui, certainement mais c’est aussi une question de marchés et de débouchés. Nous savons déjà qu’il sera impossible d’aller jusqu’à 100 % de porcs non castrés en Europe. Nous constatons que, s’il y a quelques temps, la majorité des bassins porcins était tenté par cet arrêt de la castration, aujourd’hui, la prudence est de mise. Car de nombreuses questions se posent encore, et nous ne devons pas occulter le vrai problème qui est celui de l’acceptabilité de mâles entiers par les clients, notamment sur les marchés à l’export.



. Dans le prolongement de la castration, qu’en est-il aujourd’hui des dents et des queues ?


Concernant les dents, en France, il n’y a pas de problème puisque nous sommes passés au limage. Par ailleurs, ce sujet reste relativement facile à gérer dans la mesure où un élevage peut supprimer les interventions sur les dents mais les reprendre ponctuellement si besoin, ce que je fais d’ailleurs dans mon élevage.
En revanche, le sujet de la caudoctomie est beaucoup plus complexe. Nous savons bien que les morsures de queue ont des origines multifactorielles, et qu’il est très difficile d’identifier les causes de « dérapages » qui peuvent arriver brutalement dans un élevage, avec des conséquences sur les animaux et leur bien-être y compris sur paille.


. Quel message portez-vous principalement auprès des « welfaristes ? »


J’insiste sur le fait que l’éleveur est le premier garant du bien-être de ses animaux. La première chose que nous, éleveurs, faisons quand nous entrons dans nos porcheries, c’est de vérifier si les porcs vont bien : s’ils ont à boire, à manger, si la température est correcte, la ventilation suffisante… C’est pourquoi je répète que le bien-être animal est la première préoccupation de tout éleveur.

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