Réussir porc 18 avril 2001 à 16h33 | Par Claudine Gérard

Large-White lignée maternelle : Nucléus traque les qualités maternelles

Depuis près de trois ans, Nucléus travaille sur la mise en place de mesures qui permettent d´objectiver les qualités maternelles dans sa population lignée femelle Large-White, ainsi que dans les lignées Landrace et Duroc.

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Le temps où le Blup repro était le seul et incontestable critère de choix de femelles en sélection est révolu. Les éleveurs savent aujourd´hui que pour accompagner les progrès de l´hyperprolificité, les qualités maternelles des truies revêtent une importance primordiale. D´autant plus que les recommandations sanitaires conduisent à laisser le maximum de porcelets sous leur mère. Les sélectionneurs le savent depuis longtemps et ont certainement déjà travaillé ce point. Mais l´heure est à présent à l´objectivité.
"Le Blup repro nous a fait faire un bond extraordinaire en prolificité dans les élevages de sélection souligne Bernard Le Rossignol, responsable technique Nucléus. En Large-White par exemple, elle est de 14,7 nés totaux par portée en 2000. La productivité de nos quatorze élevages de sélection est ainsi proche de vingt-huit porcelets sevrés par truie et par an. Mais face aux nouvelles situations rencontrées par les éleveurs - plus de mort-nés et de chétifs, diminution du poids moyen des porcelets - nous avons mis en place des réunions sur le thème des qualités maternelles dès le printemps 1998."
Portée de Large-White ©Nucleus

Une fiche mise bas
Le point de départ pour Nucléus a consisté à la mise en place d´une "fiche mise bas", conçue par les éleveurs, et rassemblant les informations qui entourent la mise bas. Concrètement, les sélectionneurs ont donc été invités à procéder à des enregistrements précis. Ils doivent noter la durée de chaque mise bas, le poids de portée à la naissance, les qualités maternelles au travers de la production laitière et du comportement maternel de la truie, l´homogénéité des porcelets, et enfin la pratique de la fouille, "car on peut supposer que ce point influe sur la durée de mise bas" précise Bruno Ligonesche, généticien qui a récemment rejoint le groupe.
Toutes ces données accompagnent ainsi la truie et aident le sélectionneur à choisir ses cochettes de renouvellement. Elles accompagnent à présent les verrats en centre d´insémination artificielle, et figurent sur le catalogue des verrats transmis aux éleveurs Nucléus sous forme de chiffres et de lettres (voir encadré ci-dessus). "L´idée est de pouvoir à présent raisonner les accouplements avec ces critères comme on le faisait pour augmenter la prolificité" précise Bernard Rossignol.
"Compte tenu du poids relatif (48 %) du Blup repro dans les objectifs de sélection nationaux des lignées maternelles, il est facile de faire du progrès génétique en ne s´attachant qu´à ce critère. Mais aujourd´hui, les éleveurs recherchent des verrats en CIA plus complets, quitte à utiliser des valeurs Blup repro inférieures, mais sachant qu´en contrepartie, ils auront de l´information complémentaire sur la mère (et si possible sur plusieurs portées) juge Bernard Le Rossignol. Nous mentionnons aussi sur le catalogue le nombre et la qualité des tétines du verrat ainsi que son pointage, puisque rusticité et longévité sont des axes prioritaires dans nos objectifs de sélection."
Vers un autre Blup ?
De là à envisager un "Blup qualités maternelles", il y a un grand pas. Car pour l´heure, tous ces enregistrements ne sont pas systématiques. D´une part, certains éleveurs n´ont pas encore mis en pratique la totalité des mesures. D´autre part, pour certains critères, il reste difficile d´effectuer des mesures systématiques. C´est le cas pour les durées de mises bas qui ne peuvent évidemment pas être notées quand l´éleveur n´est pas présent...
"Quant à un nouveau Blup, il portera probablement sur le nombre de tétines" estime Bruno Ligonesche. La question est d´actualité pour tous les organismes de sélection porcine qui, en collaboration avec l´Inra et l´ITP, ont affiché leur volonté de mettre en place ce Blup qui permettrait d´évaluer tous les animaux ensemble.
"C´est bien parti" estime-t-on chez Nucléus, sachant que le groupe a déjà mis la barre haut : "Aucun verrat n´entre en CIA s´il n´a pas au moins quatorze tétines, dont trois devant le fourreau. L´objectif est d´atteindre huit-huit, et surtout des bonnes, sans fausses tétines !" précise Bruno Ligonesche.

Sur 7 500 cochettes Large-White lignée femelle contrôlées, la moyenne de bonnes tétines s´établit à 13,94 en 2000. Pour une moyenne de 14,7 nés totaux et 13,2 nés vivants, il y a donc théoriquement assez de tétines pour sevrer treize porcelets. A condition que les qualités maternelles soient aussi au rendez-vous. C. G.

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