Réussir porc 11 mai 2009 à 15h22 | Par C.Gérard

La sortie de crise devient vitale

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Le  22 avril, 300 à 400 producteurs manifestaient à St Brieuc pour dénoncer une situation de plus en plus critique. Sur des banderoles, on pouvait lire : l « 15 % des élevages bretons en cessation de paiement »t ou encore  « liquidation totale avant dépôt de bilan ».

 Les derniers chiffres communiqués le jour même par les dirigeants du MPB viennent confirmer la situation catastrophique des trésoreries. En 2008, le cours moyen du porc au MPB s’est établi à 1,264 €/kg. En ajoutant une moyenne de 12 à 13 centimes de plus-value, le prix payé aura donc été en moyenne de 1,40 €/kg. On pourra penser qu’il s’agit d’un prix « record » de ces dernières années ; Mais chacun connaît la flambée des coûts de production sur cette même année. Selon le Cer France Côtes d’Armor, celui-ci s’est établi à 1,54 €/kg en moyenne, soit une perte de 12 à 14 c/kg de porc produit. Jean-Jacques Riou, président du MPB calcule : pour un élevage moyen qui vend 5 000 porcs par an, la perte est de 60 à 70 000 euros, perte qui vient s’ajouter à celle de 2007, du même ordre. « Les éleveurs ont donc perdu 120 000 euros en 2 ans ! ».

 

 Autre motif d’inquiétude, dans cette crise, même les plus performants affichent des pertes. Toujours selon le Cer, les coûts de production des 10 % meilleurs éleveurs se sont situés à 1,42 €/kg, toujours supérieurs au prix perçu.

Enfin, même si les coûts alimentaires ont retrouvé un niveau plus bas qu’en 2008, Jean-Jacques Riou calcule que, pour remettre les trésoreries à flot, il faudrait que les éleveurs dégagent au cours des 2 prochaines années des bénéfices équivalents aux pertes accumulées, soit un minimu de 14 centimes par kilo de carcasse.

Eleveurs et fournisseurs tendent le dos en attendant une reprise des cours annoncée, mais qui ne vient pas malgré de bons indicateurs. Jean-Pierre Joly témoigne : la production européenne (UE à 15) est estimée en légère baisse (- 212 000 porcs), les cheptels truies étaient en recul de 6 à 7 % fin 2008, la consommation est globalement au rendez-vous, l’Espagne amorce l’été sans stock, contrairement à l’année passée, la chute des monnaies de l’Europe de l’Est qui a fortement compromis les débouchés à l’export semble stoppée …

Un problème de rapport de forces

t Alors, pourquoi les cours ne décollent-ils pas ? A cause du rapport de forces au marché du porc. La restructuration de l’abattage a fait qu’aujourd’hui, quatre abatteurs (Bigard, Bernard, Gad et Kermené) font 80 % des achats. En face, des producteurs pas assez unis et, surtout, un nombre insuffisant de porcs présentés. « Avant, les acheteurs venaient … pour acheter ! Aujourd’hui, ils viennent faire le prix pour l’ensemble des porcs abattus et peuvent se passer des mille derniers cochons qui leur manquent, maintenir la pression sur le prix plutôt qu’accepter une hausse sur l’ensemble des porcs qu’ils vont acheter ! résume Jean-Jacques Riou.

 

Face à ce constat, que faire ? Il n’y a pas de grand changement annoncé pour le fonctionnement du MPB. Tout au plus un possible aménagement de la convention qui pourrait limiter la baisse de 1 centime ou plus par rapport à l’actuelle convention (- 2 c le lundi et – 5 c le jeudi). D’où peut donc venir une meilleure rémunération des producteurs ? De la grande distribution essentiellement disent les responsables du MPB. Jean-Pierre Joly calcule qu’en août 2006, avec un cadran à 1,46 €, la barquette de côtes de porcs se vendait 6,44 € en grande surface, tandis qu’aujourd’hui, avec un cours à 1,20 €, le prix de cette même barquette est de 6,60 €. Et pour convaincre les enseignes d’ acheter la marchandise à son juste prix, les responsables du MPB jugent que ce serait la mission d’Inaporc. « L’interprofession est le lieu où se retrouvent tous les maillons de la filière, où ils échangent. C’est donc là qu’il faudrait s’entendre sur une juste répartition des marges »propose Jean-Jacques Riou.

Quant aux manifestants qui ont rencontré le préfet des Côtes d’Armor dans l’après midi, c’est un réel plan de relance qu’ils réclament, arguant que 30 000 à 40 000 emplois induits sont menacés et que, comme pour d’autres pans de l’économie française pour lesquels l’Etat met la main au portefeuille, la filière porcine, elle aussi, est en droit de réclamer une aide. 

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