Réussir porc 14 mars 2003 à 18h00 | Par Dominique Poilvet

La maîtrise sanitaire des cochettes démarre en quarantaine

La réalisation d´une quarantaine sur paille a permis à Jean-Pierre Eleouet d´améliorer l´état sanitaire des truies.

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« Un mauvais état sanitaire des truies n´est pas irréversible. Mais il faut beaucoup de temps pour rectifier le tir ». C´est en connaissance de cause que témoigne Jean Pierre Eleouet, éleveur à Saint-Sauveur (29). La réalisation d´une quarantaine favorisant une contamination progressive des cochettes au microbisme de l´élevage a bien aidé à l´amélioration des performances techniques du troupeau.
Auparavant, les futurs reproducteurs étaient accueillis dans une quarantaine froide, sombre, sur caillebotis partiel. « Ce local les fragilisait sur les aspects respiratoires, et les aplombs, d´où une mauvaise adaptation en verraterie, se traduisant par des retours en chaleur, des problèmes urinaires précoces et finalement des réformes anticipées », se souvient Loïc Abiven, technicien au groupement Cofiporc. A cause de l´élimination prématurée des jeunes animaux, l´éleveur se voyait contraint de conserver des truies âgées.
©D. Poilvet


Contamination dès la quarantaine
Aujourd´hui, les cochettes France Hybrides sont réceptionnées dans une quarantaine isolée sur paille, avec une partie gisoir à l´avant. Elles sont introduites toutes les 3 semaines par lots de 6. Le bâtiment dispose de 3 cases prévues pour les loger, plus une case supplémentaire pour un verrat souffleur et éventuellement une coche de réforme. Désormais, la contamination se passe dans la quarantaine, soit directement par contact nez à nez avec le verrat et la truie à partir de trois semaines après l´arrivée, soit indirectement par l´apport de délivres et de déjections issues de la maternité. L´éleveur considère ces mesures comme « une vaccination indirecte des animaux ». Le fait que les cochettes soient sur paille au moment de la contamination atténue le choc microbien. « Désormais, l´arrivée en verraterie se passe sans encombres », constate-t-il.
©D. Poilvet


En parallèle, le plan de vaccination s´est étoffé. Aux vaccinations classiques contre le rouget, la parvovirose, l´Aujeszky, la grippe et la rhinite se sont ajoutés les vaccins anti-mycoplasme et SDRP. Les futurs reproducteurs étant déjà vaccinés contre le mycoplasme chez le multiplicateur, le vétérinaire du groupement prescrit un seul rappel réalisé le jour de l´arrivée en élevage. Le vaccin contre le SDRP a été mis en place quand la circulation du virus dans l´élevage a été mis en évidence, par une série de prises de sang effectuées sur des porcelets de dix semaines.
En réalisant une quarantaine à peu de frais, réellement confortable et bien adaptée aux cochettes, Jean Pierre Eleouet a progressivement remis son troupeau de reproducteurs dans un meilleur état sanitaire. Cela se traduit par de meilleurs résultats techniques, mais aussi par un taux de réformes des cochettes nettement moins élevé. « Quand un élevage connaît des problèmes de reproduction, c´est souvent par la quarantaine qu´il faut attaquer le problème », souligne Loïc Abiven.

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