Réussir porc 02 juin 2015 à 08h00 | Par Claudine Gérard

La France va encore creuser son retard par rapport à l'Espagne

La dernière enquête cheptel réalisée par le ministère de l'Agriculture ne laisse aucun doute sur le fait que la production française va être en léger repli en 2015, tandis que l'Espagne va poursuivre une croissance record.

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Selon Agreste, la production de porcs charcutiers va progresser de 8 % en Espagne cette année.
Selon Agreste, la production de porcs charcutiers va progresser de 8 % en Espagne cette année. - © C. Gérard

La note de conjoncture Agreste parue le 15 avril dernier confirme la tendance de ces dernières années. L'enquête de novembre 2014 montre que le cheptel truie français est en léger retrait de 1 %. Ce qui laisse évidemment présager une production française en recul d'environ 1 % en 2015, avec un peu moins de 24 millions de porcs produits. Avec une consommation interne qui tend à augmenter légèrement, le taux d'approvisionnement en France, c'est-à-dire la part de la production par rapport à la consommation, continue de reculer, passant de 105,4 % en 2012 à 102,3 % en 2014.

- © Infographie Réussir

Tous les indicateurs au vert en Espagne

À l'inverse, les effectifs porcins espagnols continuent de grossir. Fin 2014, le troupeau de truie était en hausse de 5 % par rapport à fin 2013. Et les experts du ministère annoncent sur une production 2015 en hausse de près de 8 %. L'année passée, l'Espagne a enregistré une des plus fortes progressions européenne d'abattage avec + 4,4 %, soit plus de 43 millions de têtes. De fortes hausses ont aussi été enregistrées en Pologne (+ 7 %) et aux Pays-Bas (+ 4 %). Pour 2015, compte tenu des prévisions de production en Espagne, ces abattages devraient atteindre près de 46 millions de têtes, selon Agreste.

Un déficit commercial français croissant

Ces prévisions ne laissent pas entrevoir une amélioration du solde commercial de la France pour les produits du porc. Selon l'Ifip (1), celui-ci s'établit à 366 millions d'euros en 2014, soit plus du double par rapport à 2013 (150 millions d'euros). Ceci est le résultat conjugué d'une chute des exportations et d'une hausse des importations.

L'embargo russe a entraîné un recul de 60 000 tonnes et le volume total exporté, avec 771 000 tonnes, recule de 5,2 %. La France a en effet aussi perdu des positions en Chine, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas.

Dans le même temps, les importations se sont accrues de plus de 6 % et ont atteint 662 000 tonnes dont 90 000 tonnes d'abats. Les importations de produits transformés augmentent de 5 %, représentant 23 % des volumes mais 42 % de la valeur totale des importations. « Avec des importations qui se développent autour de produits à forte valeur ajoutée et des exportations qui reculent, avec une proportion croissante d'abats à faible valeur, le déficit commercial français s'emballe », résume l'Ifip.

- © Infographie Réussir

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