Réussir porc 19 août 2014 à 08h00 | Par Claudine Gérard

L’Ifip se dote d’automates pour une alimentation de précision

Un automate prototype développé avec Asserva est installé à la station de l’Ifip à Romillé en Ille-et-Vilaine. Il permet de distribuer à chaque porc une alimentation qui, en qualité et quantité, est adaptée à son poids.

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La salle d’engraissement de 96 porcs équipée du prototype.
La salle d’engraissement de 96 porcs équipée du prototype. - © C. Gérard

Des porcs charcutiers qui reçoivent un mélange d’aliment croissance finition adapté à leur poids et en quantité mesurée au gramme près. C’est le pari de l’installation, presque opérationnelle, présente dans une salle d’engraissement de 96 places de la station de Romillé. L’objectif est dans un premier temps de gagner en précision de recherche sur les besoins du porc avec, au final, « une meilleure performance technique, économique, et environnementale. » L’installation est constituée d’une station de tri avec pesée et de cinq DAC munis de trémies peseuses recevant deux aliments de façon pondérale. Patrick Massabie, ingénieur à l’Ifip, précise le fonctionnement du système : chaque porc, identifié, passe dans la stalle peseuse. Selon l’aliment qu’il a consommé depuis le début de la journée, il est autorisé ou non à passer dans l’un des cinq DAC. Là, des quantités d’aliment lui sont distribuées par lots de 30 grammes avec une précision d’un gramme. L’aliment est un mélange « à la carte » de croissance et de finition, dont les pourcentages sont fonction de son poids. Lorsque le porc a consommé toute sa ration, il est poussé hors du DAC par un « tape cul », une trappe actionnée par un vérin hydraulique.

L'entrée... et la sortie.
L'entrée... et la sortie. - © C. Gérard

Le procédé permet donc en principe de distribuer l’aliment en quantité et composition exactement adaptées à son poids. L’intérêt premier est d’alimenter au plus juste, donc limiter les rejets via une optimisation de l’indice de consommation. Mais c’est aussi pour l’Ifip un moyen unique de développer des recherches beaucoup plus fines qu’avec les équipements actuels. Nathalie Quiniou, chercheur, prévoir par exemple qu’il est envisageable de « faire sauter la contrainte mini sur la matière azotée totale sans pénaliser les performances. Les connaissances, nous les avons. Il s’agit maintenant de passer à la phase opérationnelle ».

- © Infographie Réussir

Un tel dispositif n’existe nulle part ailleurs. Les installations comparables fonctionnent le plus souvent sur des bases d’alimentation à volonté. Les chercheurs fondent donc beaucoup d’espoir sur les résultats de recherche qu’ils pourront publier, peut-être déjà aux prochaines JRP en février.
Quant à une application de cette alimentation de précision en élevage, elle peut être envisagée dans le futur. Mais en version « allégée » dont la conception sera évidemment guidée par les essais menés à Romillé et les observations qui seront faites.

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