Réussir porc 29 avril 2016 à 08h00 | Par Dominique Poilvet

Intermarché contractualise ses approvisionnements avec Aveltis et Prestor

Les Agromousquetaires lancent un nouveau mécanisme de rémunération qui garantit un prix de vente minimum indexé sur les cours du blé et du tourteau de soja.

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Le premier contrat a été présenté sur le site de l'abattoir JPA à Josselin.
Le premier contrat a été présenté sur le site de l'abattoir JPA à Josselin. - © mousquetaires.com

" Solidarité vis-à-vis de la filière, relations commerciales équilibrées, prix équitable"… Ces mots forts prononcés par les dirigeants d’Intermarché pour qualifier le tout premier contrat proposé aux éleveurs des groupements Aveltis et Prestor ne sont pas passés inaperçus lors de sa présentation aux éleveurs Aveltis et Prestor le 2 mars dernier à Josselin, tout près de l’abattoir JPA acquis par les Mousquetaires après la faillite de Gad en 2014. Le mécanisme de rémunération est basé sur un prix "pivot" indexé sur les cours du blé rendu Rouen et du tourteau de soja Montoir, et donc indirectement sur le coût de production des élevages. Il sera donc amené à bouger en fonction du coût de ces matières premières, à la hausse ou à la baisse. Actuellement, ce prix pivot est de 1,33 €/kg base cadran, soit en moyenne 1,50 €/kg payé éleveur, plus-value comprise. Intermarché propose de payer ce prix tant que la cotation du MPB varie entre 85 à 120 % de ce prix. Soit un tunnel de prix actuellement compris entre 1,13 et 1,59 €/kg. Si la cotation MPB dévisse au-dessous de 1,13 €/kg, la rémunération se maintient à ce prix plancher. Au-dessus de ce tunnel, le cours MPB sert alors de base de rémunération. Le calcul qui fixe le prix pivot en fonction des prix du blé et du tourteau de soja est à la disposition des éleveurs. "Nous voulons donner une visibilité de six mois, en annonçant à l’avance le prix fixé pour les deux trimestres suivants", indique Yves Audot. Une clause qui a pour objectif de démontrer la volonté du groupe de "tout mettre sur la table pour éviter les surprises".

Un objectif de 1,2 million de porcs par an

Ce contrat s’adresse à tous les éleveurs naisseur-engraisseur des groupements Aveltis et Prestor, "des porteurs de projet qui veulent se donner des perspectives à long terme pour accompagner leur développement", tient à préciser Yves Audot, le président de JPA. De son côté, Intermarché veut sécuriser ses approvisionnements "en quantité et en qualité" pour approvisionner ses grandes surfaces en viande fraîche, et ses outils de transformation (Société charcutière de l’Odet, Salaisons celtiques, salaisons du Guéméné, Salaisons du Lignon).

- © Infographie Réussir

 

" Nous valorisons entre 80 et 85 % de nos abattages dans nos outils et nos magasins", explique Yves Audot. "C’est grâce à cette valorisation directe que nous pouvons proposer ce mécanisme de rémunération aux éleveurs sans impacter le prix de vente final au consommateur." Yves Audot souhaite par ailleurs étendre ce mode de rémunération aux productions sous signe de qualité : label rouge, Bleu Blanc Cœur, et même Bio, une niche qui peine à se développer. "Il nous manque 600 jambons par semaine pour satisfaire la demande", affirme-t-il. Le groupe espère contractualiser jusqu’à 1,2 million de porcs par an, soit la moitié de ses apports. Les contrats seront signés sur une durée de cinq ans, renouvelables par périodes de trois ans. L’éleveur ne peut contractualiser plus de 50 % de sa production. Mais il s’engage à livrer tous ses porcs aux abattoirs du groupe (JPA et Gatine Viandes à La Guerche de Bretagne), coches comprises (SBA à Brice-sur-Belon dans le Finistère), exception faite des lots vendus au cadran. "Le MPB doit rester la référence de prix unique en France, et nous tenons à ce qu’il puisse continuer à fonctionner. La contractualisation ne changera pas notre position au MPB, où nous continuerons d’acheter notre quota de 5 000 porcs par semaine", souligne Didier Duhaupand, le président des Mousquetaires. Point important, Intermarché s’engage à enlever 100 % des porcs contractualisés à la date souhaitée par l’éleveur.

Les clauses du contrat ont été activement discutées avec les deux groupements partenaires d’Intermarché. "Nous avons le devoir de proposer à nos éleveurs des formes de commercialisation alternatives au cadran", indique Philippe Bizien, le président d’Avelis, qui juge "intéressante" la proposition des Mousquetaires. "C’est un outil de gestion de plus pour gérer nos exploitations." Aveltis et Prestor doivent désormais passer par une phase d’explication auprès de leurs adhérents pour expliquer ce nouveau mode de rémunération totalement inédit en France. Une tâche ardue, qui imposera un raisonnement totalement nouveau après 44 ans de paiement des porcs exclusivement basé sur le Marché du Porc Breton.

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