Réussir porc 12 octobre 2007 à 15h58 | Par Dominique Poilvet

Hausse des coûts de production - La grande distribution en ligne de mire

Malgré l´absence remarquée du représentant de la grande distribution, la table ronde réclamée cet été par Initia sur les conséquences de la pénurie des matières premières a bien eu lieu pendant le Space.

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Le 12 septembre dernier, Coop de France organisait la table ronde demandée cet été par le président d´Initia, Jo Moal, sur les conséquences de la crise actuelle, « dans le but de sensibiliser les grandes surfaces et l´État aux problèmes du prix élevé des céréales ». Objectif non atteint en ce qui concerne la grande distribution, puisque son représentant n´avait pas répondu à l´invitation des producteurs. Dommage, car une fois expliquées les causes de cette crise, le débat a essentiellement tourné autour de la responsabilité de ces grandes surfaces, accusées de ne pas répercuter la flambée du prix des matières premières. Une hausse actuellement supportée par les seuls éleveurs, puisque les cours du porc n´ont pas suivi la même tendance.
D´où la demande de la part des responsables professionnels de la répercuter auprès des consommateurs, afin de faire décoller les cours au cadran. « Les éleveurs ne peuvent pas encaisser seuls ces hausses », justifie Jo Moal. « Si le prix des aliments augmente, cette hausse doit être répercutée jusqu´au bout de la filière. Les consommateurs doivent accepter cela pour être sûr de se nourrir sainement. Sinon, l´indépendance alimentaire de la France n´est plus assurée. »
La grande distribution ne répercute pas la flambée des coûts de production, une attitude dénoncée par la profession qui réclame une répartition plus équitable des marges. ©Réussir

15 centimes de plus au cadran ne mettraient pas la grande distribution en péril
Une augmentation que la grande distribution refuse actuellement de répercuter, sous le prétexte de ne pas affecter le pouvoir d´achat de la ménagère. D´où l´intervention véhémente de Fortuné le Calvé, le président du CRP Bretagne : « Dans l´interprofession, la grande distribution est de trop, car elle refuse de discuter avec ses fournisseurs. La preuve, l´observatoire des prix n´a jamais fonctionné. » Une affirmation que réfute Guillaume Roué, le président d´Inaporc. « Exclure la grande distribution de l´interprofession ne serait pas la solution. Le vrai problème est que nous sommes trop dispersés face à une grande distribution bien organisée. Mais le dialogue existe. Je suis convaincu que, sans l´interprofession, les promotions de cettte fin d´été n´auraient pas été à ce niveau de prix, malgré les quelques dérapages constatés. »
Pourtant, selon une étude réalisée par l´Ifip, une augmentation de 20 c/kg de carcasse aurait une incidence mineure sur les prix au détail. « L´an passé, les prix du porc étaient supérieurs de 15 c/kg de carcasse, et la grande distribution n´a pas été mise en péril pour autant », renchérit F. Le Calvé.

« Le partage des marges entre les différents maillons de la filière doit être plus équitable. Aujourd´hui, les fabricants d´aliment, les abatteurs et les salaisonniers ne gagnent pas beaucoup d´argent. Ce qui n´est pas le cas de la grande distribution. Les grandes surfaces doivent permettre à leurs fournisseurs de répercuter la hausse des prix des matières premières. » Un avis également partagé par Jean-Claude Commault, le directeur de la Cooperl. « Je suis convaincu les cours doivent augmenter, sinon beaucoup de producteurs ne pourront pas survivre. Et un cadran à 1,50 ?/kg n´aurait pas d´effet sur la consommation de viande de porc. » Mais il met également en garde contre une augmentation unilatérale du prix de vente : « Tous nos clients, distributeurs, salaisonniers, ou export, se retourneraient vers d´autres fournisseurs, compte tenu de l´abondance actuelle de l´offre. » Pour lui, face à cette situation, l´objectif essentiel est de ne pas perdre le potentiel de production régional. « Il faut mobiliser de la trésorerie. Or, je crains que les banques n´accompagnent pas suffisamment les éleveurs. Pourquoi ne pas remettre en place le mécanisme Stabiporc ? », conclut J.-C. Commault.
Fortuné Le Calvé, président du CRP Bretagne : « Les grandes surfaces doivent permettre à leurs fournisseurs de répercuter la hausse des prix des matières premières. » ©Réussir

Jean Claude Commault, directeur de la Cooperl : « Si nous augmentons unilatéralement le prix des porcs, nos clients se retourneront vers d´autres fournisseurs » ©Réussir

Jo Moal, président d´Initia : « Les éleveurs ne peuvent pas encaisser seuls la hausse du prix des matières premières. » ©Réussir

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