Réussir porc 27 avril 2007 à 17h37 | Par Dominique Poilvet

Formation - Les éleveurs n´ont pas tous les mêmes besoins

Abonnez-vous Réagir Imprimer

« Avant de parler formation, il faut savoir à qui l´on s´adresse, et quels sont leurs centres d´intérêt », explique Christine Meymerit, animatrice d´Interface Elevage, une structure spécialisée dans la formation des éleveurs créée par la société Alitec. Pendant six mois, elle a réalisé une enquête auprès de 60 éleveurs de porcs du Sud-Ouest de la France, afin de mieux définir leur profil et de mieux cerner leurs attentes. Trois typologies d´éleveurs ont ainsi été mises en évidence, dont les besoins en formation sont totalement différents.
Les éleveurs « entrepreneurs »
« 40 % des éleveurs peuvent être qualifiés d´entrepreneurs », explique-t-elle. Ils ont des ateliers de taille importante, et leur niveau de performances est plutôt satisfaisant. Ces éleveurs sont ouverts aux innovations et anticipent les évolutions.
Mais ils ont également une approche globale de leur métier, en y intégrant les relations « sociétales » et le milieu familial. Ils ont aussi besoin de reconnaissance en tant qu´éleveurs de porcs. « Pour ces éleveurs, des formations autres que techniques ou économiques sont essentielles », explique Christine Meymerit. « Leurs besoins dépassent souvent le cadre de l´activité de l´exploitation (techniques de communication par exemple). »

Les éleveurs « hommes de terrain »
Un second profil définit les éleveurs « hommes de terrain ». Cette catégorie représente aussi 40 % des éleveurs enquêtés. Ils ont la passion du métier et apprécient la technicité de la production. Mais ils ont aussi du mal à gérer leurs activités, ce qui implique des problèmes d´organisation et un manque de temps pour prendre du recul. D´où un niveau moyen de performances. « Ces éleveurs expriment des besoins d´accompagnement à la fois technique, économique, social et environnemental, afin d´assurer la multifonctionnalité du métier. »
Les éleveurs « passifs »
Les 20 % restant représentent les « passifs ». Ces éleveurs, dont la structure d´exploitation est essentiellement familiale et la gestion patrimoniale, subissent les évolutions plutôt que de les anticiper. Leur niveau de performances est plutôt moyen, malgré une somme de travail importante. Ils sont peu disponibles pour la famille et les loisirs. Leurs relations sociétales sont souvent limitées et difficiles. « Ces éleveurs veulent avant tout retrouver un lien professionnel avec leurs homologues. Pour eux, les formations sont autant destinées à créer ce lien qu´à acquérir des connaissances ».
Les salariés ne sont pas oubliés, avec une cession de trois jours prévue dans l´année, dont le but est de mieux maîtriser les fondamentaux de l´élevage. « Les apports théoriques alternent avec les séances pratiques pour maintenir une dynamique dans la formation », explique Christine Meymerit. Un projet de formation est également en cours pour les futurs salariés. « 60 % des éleveurs ont des difficultés à recruter. Des jeunes qui ne connaissent pas la production sont agréablement surpris quand ils viennent faire un stage en exploitation. C´est aussi cela qu´il faut développer, pour les réconcilier avec la production porcine », conclut-elle.


(1) Interface Elevage est une structure créée par Alitec pour assurer des formations aux éleveurs du Sud-Ouest. Elle réalise également des expérimentations terrain en lien avec des partenaires de la production. Tél. 05 59 04 47 70.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 24 unes régionales aujourd'hui