Réussir porc 19 octobre 2004 à 18h03 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

Filière porcs - « Laissez l´Interprofession grandir ! » demande Guillaume Roué, président d´Inaporc

A l´occasion de la première assemblée générale d´Inaporc (1), son président, Guillaume Roué, n´a pas caché les difficultés que rencontre la nouvelle interprofession et le poids de l´échec du dossier « Équarrissage ».

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Vous avez déclaré que le dossier de l´équarrissage vous a « pourri la vie ». Peut-on parler d´un échec de l´Interprofession ?

Guillaume Roué : Effectivement, ce dossier qui n´a pas été réglé d´emblée par les pouvoirs publics nous est revenu sans cadre réglementaire. L´interprofession naissante s´est ainsi retrouvée chargée d´un dossier extrêmement difficile. Nous y avons beaucoup travaillé, sans parvenir à une solution. Aujourd´hui, les abattoirs se retrouvent devant une feuille blanche. Certes, des accords professionnels sont passés et actés, allant jusqu´à l´étage « consommateur ». Mais leur application est particulièrement difficile, surtout lorsqu´il s´agit de circuits longs pour lesquels nous sommes toujours en négociation. Nous continuons à y travailler.

Cet échec sur le dossier de l´équarrissage peut-il mettre en péril l´interprofession ?

Il peut effectivement servir d´alibi à ceux qui ne sont pas convaincus de l´utilité de l´interprofession, et je suis effectivement inquiet. Mais je dois rappeler que ce lourd dossier nous a été imposé alors que nous n´avions pas encore atteint un degré de maturité suffisant. Je dirais aux détracteurs de l´Interprofession, « laissez nous grandir ! ». Et je rappellerais à ceux qui utilisent la menace du blocage du budget qu´ils vont ainsi à l´encontre de leurs intérêts.

Pourquoi ?

Parce qu´il n´y a pas que le dossier équarrissage ! Je souligne qu´environ la moitié du budget d´Inaporc sera consacré à de la communication sur la viande de porc et la charcuterie. Or, nous sommes tous d´accord pour reconnaître que cette communication est nécessaire pour promouvoir une des seules viandes à ne pas bénéficier de campagnes de communication auprès du grand public. Le maillon « production » a compris l´intérêt de ces actions à venir. Quant au secteur de l´abattage-découpe, il doit aussi être conscient que la communication a un effet de levier extraordinaire sur les ventes, donc sur son activité et sa rentabilité.

Le projet de communication présenté par l´Agence Sopexa au cours de votre assemblée générale n´intègre à aucun moment le concept VPF. Certains pensent donc que ces budgets d´Inaporc feront autant la promotion du porc français que du porc étranger.

Le problème n´est pas là. Nous savons tous que le marché du porc est européen, et que toute promotion qui augmente la consommation est bénéfique pour tous. Bien entendu, notre intérêt est que ce bénéfice soit au profit du porc français. Et c´est sur cette base que nous allons travailler, en mettant en avant tout le travail de traçabilité que la filière française a réalisé.

Toujours au cours de cette assemblée générale, Jacques Lemaître n´a pas caché les difficultés du comité qu´il pilote sur l´observatoire des prix et marges.

C´est en effet un autre gros chantier qu´a à traiter Inaporc. Les produits frais sont malmenés et la répartition des marges est problématique. Certes, la grande distribution arrive à s´organiser et je l´en félicite. Mais elle a encore intérêt à faire vivre les producteurs. Il va falloir parvenir à plus de consensus.

Pour la deuxième année d´existence Inaporc, quelles sont vos souhaits ?

Tout d´abord, évidemment, que la conjoncture se redresse. Nous gagnerons tous en sérénité pour affronter les dossiers que nous avons à régler. Ensuite, je souhaite évidemment que les travaux se poursuivent. Le chantier de l´Interprofession est énorme, et les cinq comités ont un travail considérable pour cinq ans. Le porc entre enfin dans la « normalité », avec une instance fédératrice qui devra faire aboutir les grandes idées du rapport Porry. Mais pour y parvenir, il va falloir nous laisser grandir !

(1) le 7 septembre 2004 à Paris.

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