Réussir porc 13 octobre 2008 à 16h13 | Par C.Gérard

Evénements annoncés au Space - Les restructurations sont en marche

Le Space qui s’est déroulé du 9 au 12 septembre a été marqué par les annonces officielles des restructurations du secteur porcin. 80 % de la production du Grand Ouest est aujourd’hui aux mains de quatre structures majeures.

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L’événement de cette 22e édition du Space restera l’annonce officielle de la fusion de Cooperl et Arca et la création de Cooperl Arc Atlantique. Les deux groupements réunis dans un même stand, présentant un logo hybride des deux anciennes structures, des présidents et directeurs qui s’affichent… La fusion est effective. Annoncée quelques jours avant à la presse, celle-ci donne naissance au premier groupe porcin français : 6 millions de porcs, 3500 salariés, 3 abattoirs… Cooperl Arca Atlantique se situe ainsi au 4e rang européen et annonce d’importants investissements dans l’abattoir de Saint-Maixent (79) : 15 à 20 millions d’euros en deux ans pour porter la capacité de l’outil de 18 000 porcs/semaine à 30000 porcs/semaine et acquérir ainsi la capacité à abattre l’ensemble des porcs produits par la nouvelle coopérative.

La structure reste cependant légèrement en deçà des espérances puisque quelques jours avant le « mariage", Terrena renonçait à entrer dans la nouvelle coopérative et décidait de rejoindre l’Union Pigalys et d’entrer au capital de Brocéliande, le pôle charcuterie-salaison d’Unicopa. Hubert de La Hamelinaye, directeur du pôle productions animales de Terrena, et Hubert Garaud, président s’en expliquent: « Notre point de divergence avec le projet de fusion tenait au lien avec un socle territorial.Notre stratégie consiste, dans toutes les activités, à nous adosser à des leaders et faire émerger des filières, mais dans le respect de nos territoires.Avec Pigalys, cette stratégie s’est révélée possible. » En pratique, les adhérents de Terrena restent adhérents de leur coopérative polyvalente,mais adhèrent au groupement porc Pigalys. Du moins ceux qui le souhaitent, car les dirigeants de la Cooperl ne cachent pas leur souhait de voir venir dans Cooperl Arc Atlantique un bon nombre d’adhérents Terrena, se basant sur les votes « massifs » de ceux-ci pour la fusion lors des réunions de terrain engagées cet été. Les mois qui vont suivre confirmeront ou non ces mouvements. Mais pour l’heure, en théorie, le nouveau Pigalys avec Terrena compterait 2,2millions de porcs et un millier d’adhérents de la Bretagne jusqu’à Poitou Charente. Henri Le Gléau, président de Pigalys, s’en réjouit évidemment. « C’est un autre projet que celui d’Arca et Cooperl. Avec les accords d’amont et d’aval dans la charcuterie salaison, nous sommes dans un schéma de filière dans laquelle les éleveurs peuvent garder leur lien avec la coopérative polyvalente. » Avec cet accord, Terrena renforce aussi Initia qui, il y a quelques mois, accueillait Pigalys aux côtés de LT, Porfimad et Poraven, et nommait Fortuné Le Calvé président. Initia compterait donc à présent 5 millions de porcs environ. « Ce qui permet d’avoir un rapport de force équitable avec la grande distribution », souligne Henri Le Géau. Mais ces chiffres doivent être confirmés dans les mois à venir. Car le Finistère s’illustre ces dernières semaines par de fortes interrogations d’éleveurs qui remettent en cause ce « nouvel Initia » et leurs structures, en particulier le LT et Porfimad. Et certains ont déjà fait le pas vers Syproporcs et son nouveau directeur Daniel Bellec qui, argumentant sur « une autre vision de la coopération », ne cache pas ses ambitions d’atteindre le million de porcs d’ici la fin de l’année.

 Enfin, autre fait marquant de ces dernières semaines, la prise de contrôle de Socopa par Bigard (Réussir Porcs, septembre 2008, p 10) qui va donc abattre plus de cinq millions de porcs. On comprend donc aujourd’hui que, après le premier mouvement d’importance que fut la création d’Europig (Cecab, Prestor et Gad) l’année passée, le paysage porcin du Grand Ouest se concentre à grande vitesse. En janvier 2009, ce seront donc quatre structures qui représenteront 80 % environ de la production et de l’abattage. Ce qui correspond aux attentes de toute la profession depuis plusieurs années (le rapport Porry date de 2001 !), mais qui peut aussi susciter des interrogations. Ainsi, Jean-Michel Serres, président de la FNP, juge cette concentration « une bonne chose sur le principe, qui va dans le sens de l’histoire. Mais il va falloir veiller à ce que celle-ci serve à mieux vendre nos cochons et pas à mieux les acheter ! ». Par ailleurs, il calcule qu’aujourd’hui, les trois premiers groupes industriels traitent 15 millions de porcs et que les 10 premières entreprises de charcuterie réalisent 70 % du chiffre d’affaires du secteur en France. « Dans ces conditions, comment va fonctionner le MPB, avec 50 % des achats réalisés par Gad et Bigard, et 70 % des apports par Initia ? Pourra-t-on encore garder la transparence acquise grâce au marché et Uniporc ? » Jean-Jacques Riou, président du MPB le confirme : il y aura évidemment moins d’acheteurs au cadran. Mais il y voit un avantage : « Peut-être que cela va réduire les amplitudes de variations de cours et éviter ce que nous vivons parfois avec une hausse de trop ou une baisse de trop. Le MPB doit trouver un équilibre avec des porcs présentés  libres de tous partenariats et accessibles à tous. L’objectif restera que le prix soit le bon. Et il le sera si les abattoirs, même faiblement acheteurs au cadran, restent présents au marché. »

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