Réussir porc 04 octobre 2005 à 17h00 | Par Dominique Poilvet

Etude Centralys-groupement Cavac - Le glycérol au secours des truies hyperprolifiques

La firme service Centralys et le groupement Cavac explorent de nouvelles pistes alimentaires pour les truies gestantes, afin de diminuer les mortinatalités et accroître la vigueur des porcelets à la mise bas.

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L`alimentation des truies doit évoluer en même temps que l´accroissement de leur prolificité, c´est une évidence. Notamment pour les aider à limiter la mortinatalité qui constitue de plus en plus le point faible des élevages performants. C´est pourquoi la firme service Centralys propose un programme alimentaire pour truies gestantes, à base notamment de glycérol, dont le but est d´améliorer la survie et la vigueur des porcelets à la mise bas. Avec en ligne de mire un point essentiel : incorporer dans l´aliment tout ce qui est nécessaire pour une alimentation performante des foetus, notamment durant le dernier tiers de la gestation. « L´augmentation des quantités d´aliment distribuées avant la mise-bas ou un apport supplémentaire de matières grasses ne profite qu´à la truie, et ne sert en aucun cas à améliorer le poids ou la vigueur des foetus », affirme Gilles Langeoire, ingénieur Centralys.
Il fallait donc trouver une source d´énergie disponible pour ces foetus. Ce produit, c´est le glycérol, un dérivé des huiles végétales qui servent à produire du diester. Le glycérol consommé par la truie est immédiatement assimilé dans son organisme, pour arriver directement aux foetus qui le stockent sous forme de glycogène hépatique. Au moment de la mise-bas, le porcelet puise dans ces réserves pour accroître sa vigueur et assurer sa survie jusqu´à ce que le lait maternel prenne le relais.
C´est avec le groupement Cavac, basé à la Roche-sur-Yon (Vendée), que la firme service a testé avec succès ce concept alimentaire. Dans cinq élevages faisant partie d´un groupe de progrès animé par la coopérative, les truies ont reçu un complément alimentaire à base de glycérol fixé sur un support de fibres alimentaires (le Glycélys 500).
Le glycérol, incorporé dans l´alimentation des truies gestantes, apporte directement de l´énergie aux foetus, et améliore la survie et la vigueur des porcelets à la mise bas. ©D. Poilvet

Ce produit a été distribué à raison de 150 à 200 grammes par truie et par jour pendant les trois dernières semaines de gestation. En complément, Centralys préconise l´apport d´un complexe de vitamines et d´oligo-éléments en début de gestation, dans le but d´améliorer l´homogénéité des foetus et de stimuler le système immunitaire des truies. Sur les 495 portées pesées à la mise bas, les éleveurs ont effectivement constaté une meilleure homogénéité par rapport aux portées témoins (+20 % ), malgré une augmentation du nombre de porcelets nés totaux (+0,63) et nés vifs (+0,69). Par ailleurs, le taux de pertes sur nés vifs, qui peut être considéré comme l´un des critères majeurs pour mesurer la vigueur des porcelets, diminue de 5 % (-0,9 porcelets morts par portée). En revanche, le taux de morts-nés reste stable, de même que le poids de naissance des porcelets. « Une stabilité à relativiser puisque dans le même temps la prolificité s´accroît », note Yoann Germain, technicien Cavac, qui a suivi et analysé les essais.
Pour ces élevages qui bénéficient pleinement de l´expression de l´hyperprolificité de leurs truies (la moyenne des cinq élevages participant à l´essai était de 14,72 nés totaux et 13,23 nés vifs !), les solutions permettant de sauver plus de porcelets, notamment via l´alimentation, sont les bienvenues. Le calcul économique réalisé par la Cavac le prouve : l´augmentation de la productivité de 1,66 porcelet par truie et par an lié à la mise en place de ce programme alimentaire améliore la marge de 34 euros par truie et par an. Cela peut donc largement justifier une remise en cause des habitudes alimentaires en gestation. « Il est certain qu´à l´image de l´engraissement, où les éleveurs sont passés d´un aliment unique à deux, voire trois aliments, les programmes alimentaires pour les truies gestantes vont également évoluer afin de mieux tenir compte des besoins des truies, mais aussi des foetus », estime Yoann Germain.
Le glycérol, apporté dans cet essai sous forme de complément, pourrait être directement incorporé dans un aliment « fin de gestation », ce qui faciliterait son utilisation. « Pour qu´un nouveau programme alimentaire soit validé, il faut non seulement des résultats probants, mais aussi une application facile en élevage », note Gilles Langeoire. Dans le cas présent, l´éleveur doit investir dans un second silo, et la machine à soupe doit pouvoir distribuer deux aliments en gestation, ce qui veut dire des quantités à préparer moins importantes. « L´enjeu est important : les problèmes de surmortalité liés à l´hyperprolificité ne se résoudront pas uniquement par la technique d´élevage et par l´accroissement des qualités maternelles des truies. L´aliment lui aussi a son mot à dire », conclut-il.

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