Réussir porc 18 novembre 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

« Être à Bruxelles, une nécessité ! » affirme Henri de Thoré, président de Breiz Europe

Le nouveau président de l’association entend faire porter la voix des professionnels bretons de l’agriculture et de l’agroalimentaire auprès des institutions européennes.

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Henri de Thoré, président de Breiz Europe. « Le lobbying s’est institutionnalisé à Bruxelles. Il est indispensable d’utiliser ce levier. »
Henri de Thoré, président de Breiz Europe. « Le lobbying s’est institutionnalisé à Bruxelles. Il est indispensable d’utiliser ce levier. » - © C. Gérard

. Quelle est la vocation de Breiz Europe ?


La mission principale de Breiz Europe est de faire du lobbying : il s’agit de faire connaître l’agriculture et l’agroalimentaire bretons auprès de ses interlocuteurs bruxellois et, pour les professionnels bretons, de faire remonter la perception et les analyses de terrain pour qu’elles pèsent sur les orientations prises par la commission européenne. C’est ce que je qualifierais de mouvement ascendant.
Il y a aussi un mouvement descendant : Breiz Europe nous informe sur les actions qui se préparent au sein des institutions et assure une veille juridique et réglementaire qui est très précieuse pour nos décideurs.


. Le lobbying est-il vraiment nécessaire ?


Plus que nécessaire ! Il s’est réellement institutionnalisé à Bruxelles. Les Anglo-saxons l’ont bien compris et savent faire jouer l’impact de leurs lobbies non seulement auprès des parlementaires, mais aussi en interne de la Commission où ils occupent de plus en plus les postes à responsabilité.
En France, seuls les Bretons, ont compris qu’il était indispensable d’utiliser ce levier du lobbying de région. Des entreprises de tous horizons ont donc décidé d’adhérer à notre démarche. Ce sont des industriels privés ou coopératifs (Bigard, Doux, Glon, Tilly, Sill, Triskalia, Even, Nutréa, Le Gouessant), des sociétés de service (centres comptables, banques et des organisations de filières (Cerafel CRP, UGPVB, Interbovi). Via Breiz Europe, nous pouvons nous insérer dans les tours de table, prendre la parole, émettre nos positions , les exemples sont nombreux. Nous sommes ainsi reconnus et écoutés.


. Concrètement, comment fonctionne Breiz Europe ?


Nous disposons d’un bureau à Bruxelles, à une centaine de mètres du siège de la commission européenne. Deux salariés à plein temps y travaillent et nous apportent une aide précieuse liée à leur parfaite connaissance du fonctionnement des organisations européennes. Ils ont tissé un réseau de relations phénoménales et nous permettent de connaître et de rencontrer les personnes clés. Ils font venir en Bretagne des hauts-fonctionnaires, directeurs généraux, voire commissaires ou des parlementaires. Ils organisent des rendez-vous à Bruxelles pour les responsables bretons. De plus, nos permanents sont une réelle force de propositions pour nous, professionnels.
Ils nous soumettent leurs analyses et leurs idées avec un recul que nous n’avons pas toujours. Libre à nos adhérents ensuite de suivre ou pas : Breiz Europe est un formidable lieu d’échanges d’idées qui n’existe pas ailleurs.


. Quels sont les dossiers sur lesquels Breiz Europe a fait entendre la voix des Bretons ?


De nombreux dossiers : concernant la production porcine, un gros travail a été réalisé par le passé sur le stockage privé et les restitutions. Plus récemment le bien-être nous a fortement mobilisés et, étant à l’époque en charge de ce dossier pour la profession, j’ai pu participer aux colloques, groupes de travail et négociations sur le sujet et ainsi obtenir au nom de nos organisations que l’accord de 2018 sur la non-castration ne soit pas définitif mais conditionné à l’obtention de mesure industrialisable de détections d’odeur.
De même, nous avons pesé dans les décisions concernant la réglementation ICPE ou encore la mention d’origine, le dumping social allemand.


.  Aujourd’hui, quels sont les dossiers en cours ?


L’embargo russe, bien entendu, mobilise Christophe Hamon, notre directeur et François Saint-Lager, notre juriste. Il s’agit non seulement de faire valoir les conséquences de la perte de ce débouché majeur pour le porc auprès de la commission mais aussi de proposer des mesures nécessaires pour la pallier.


. Peut-on imaginer que votre association, aujourd’hui exclusivement bretonne, prenne une dimension nationale ?


Ce n’est pas à l’ordre du jour. Nous devons travailler activement à ce que Breiz Europe soit un réel outil de vitalisation de l’agriculture et de l’agroalimentaire bretons. C’est le sens de ma mission. Mais si nous réussissons, cela aura alors nécessairement un impact pour l’ensemble de l’agriculture et de l’agroalimentaire français.

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