Réussir porc 05 août 2003 à 10h44 | Par Claudine Gérard

Employeur, un vrai métier - Des formations motivantes chez d´autres éleveurs

Les adhérents du groupement LT pratiquent « l´échange » de salariés pour les former mais aussi confronter et conforter leurs pratiques.

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L´ échange est une valeur essentielle dans notre groupement, une valeur qui s´applique aussi pour la formation des salariés des élevages » , résume Paul Blons, technicien au LT, chargé de la conduite d´élevage et responsable de la formation. Depuis 1994, à l´initiative de François Palut, le groupement finistérien a mis en place une formation originale et efficace, qui consiste à « placer » les salariés des élevages dans des ateliers où il seront formés pendant deux journées. « Cette formule est un prolongement de la formation théorique », ajoute Paul Blons qui souligne que ce type de formation s´inscrit totalement dans le cadre de centres agrées - dont fait partie le LT - bénéficiant donc des fonds du Fafsea.
©C. Gérard

A droite, Paul Blons, responsable formation au LT, et à gauche, autour de Claude Damany, naisseur-engraisseur, Samuel Connan, Xavier Guezennec et Jean-Claude Guillou, les salariés.
En pratique, le salarié de l´élevage est inscrit dès la rentrée (septembre) et ira passer deux journées dans un atelier « en adéquation avec l´atelier où il exerce, tant au niveau de sa structure, de sa conduite en bandes, de sa génétique... », précise Paul Blons qui se charge de définir les éleveurs recevant les salariés stagiaires. Ceux-ci travailleront pendant les deux journées dans le poste qu´ils occupent, soit en maternité, soit en reproduction. « Il s´agit de regarder faire et de pratiquer en même temps », résume Paul Blons qui précise que la formation débute avant ces deux journées, et se poursuit après. En effet, au préalable, le groupement fournit au stagiaire un document rassemblant les performances de l´élevage « receveur », et une « check-list » de points techniques qui permettront au stagiaire de ne pas passer à coté d´une information importante. D´autre part, à l´issue des deux journées en élevage, une journée de synthèse, animée par Paul Blons, qui rassemble 8 à 10 stagiaires, permet de confronter les expériences, et de discuter en groupe des différentes questions ou réponses que le stage a soulevées.
Un élément de considération
Claude Damany, éleveur à Langoat (22) et adhérent au LT, est doublement impliqué dans la démarche : d´une part parce que ses salariés ont bénéficié de ce type de formation, d´autre part parce qu´il reçoit lui même des stagiaires sur son atelier. « Je considère qu´il s´agit bien d´un investissement, avec un retour certain au niveau de la technique mais aussi de la motivation des salariés », analyse l´éleveur. « il faut accepter l´idée que l´éleveur peut ne pas être le seul à tout apporter dans l´élevage. Les salariés contribuent aux progrès techniques, ils sont mes partenaires et je pense que ce type de formation est un élément de considération envers eux. Cela contribue à développer une confiance réciproque ». Des propos approuvés par Paul Blons qui souligne que les éleveurs auront de plus en plus de difficultés à être compétents dans tous les domaines d´un élevage dont la technique évolue sans cesse. Pour Claude Damany, ce type de formation répond en outre à un besoin « naturel » d´aller voir ailleurs « et permet au salarié de découvrir ses points faibles, mais aussi ses points forts ! ». Des propos approuvés par Xavier Guezennec, responsable des maternités et post-sevrage et Samuel Connan, chargé du poste reproduction et de l´engraissement. « Ma formation dans un élevage finistérien du LT m´a permis d´améliorer certains points, comme la conduite du verrat en salle de prélèvement, ou la dilution des doses. « , témoigne Samuel.
« Le stage m´a aussi rassuré, conforté sur mes pratiques. De plus, nous, salariés, avons parfois le sentiment que nos problèmes n´arrivent que chez nous. Constater que d´autres élevages ont les mêmes soucis permet de les relativiser ! « , ajoute Xavier, qui estime que la discussion qui fait suite à ce type de formation permet de mettre en place « des méthodes discutées, concertées, comprises, et donc acceptées et appliquées ». La satisfaction est donc partagée par l´employeur et ses salariés, même si Xavier souhaiterait des formations plus longues, sur 4 à 5 jours. Si l´idée est bonne, la réalisation pose problème : « Dans tous les cas, il faut prévoir un remplacement sur le poste », conseille Paul Blons. De même, l´accueil d´un stagiaire exige de l´éleveur une certaine disponibilité, « sachant qu´en retour, nous apprenons aussi en formant des stagiaires », témoigne Claude Damany qui a reçu dans son élevage des salariés d´autres éleveurs du groupement.

Chaque année, quatre sessions de 8 à 10 stagiaires (2 sessions en repro et 2 sessions en maternité) sont organisées par le LT, d´octobre à mars), contribuant à la formation globale de 65 à 70 salariés par an.

Extrait du dossier « Employeur, un vrai métier » de Réussir Porcs Juillet-Août 2003

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