Réussir porc 04 novembre 2004 à 10h59 | Par Claudine Gérard

Elevage porcin - Un élevage de multiplication sous filtration

Cap 50 a mis en place un élevage de multiplication « hyper sécurisé », pour fournir des cochettes Nucléus de très haut niveau sanitaire, destinées à des repeuplements d´élevages.

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Depuis 2002, un élevage de sélection de Cap 50, le Gaec de la Viette, à Saint-Pierre-Langers dans la Manche, produit des cochettes de très haut niveau sanitaire, sous air filtré, avec de la semence produite dans un centre d´IA assaini, également sous air filtré. A présent, c´est à l´étage de la multiplication que ces garanties sanitaires vont s´appliquer. En juillet dernier, le groupement et Nucléus ouvraient les portes de l´Earl du Guigeois, à Saint-Pierre-Langers, dont l´élevage a été totalement réorganisé, vidé, et repeuplé fin août pour fournir des cochettes de très haut statut sanitaire. « Il était dommage d´avoir un sélectionneur sous air filtré, et rien de ce niveau à l´étage de la multiplication », justifient les techniciens de Cap 50 qui se félicitent de l´efficacité de la filtration de l´élevage de sélection sur la qualité sanitaire des animaux qui en sont issus. » Ces cochettes issues de l´Earl Guigeois seront livrées en priorité à des éleveurs engagés dans un dépeuplement-repeuplement, ce qui explique que l´élevage soit aussi configuré pour livrer des cochettes prêtes à mettre bas. « Compte tenu de l´importance de la maîtrise du sanitaire dans le coût de production, le nombre d´élevages réalisant un dépeuplement-repeuplement va augmenter. En livrant des cochettes prêtes à mettre bas, nous limitons le temps improductif au minimum », prévient-on à Cap 50.
©Cap 50

L´élevage a été construit sur les bases de l´élevage existant, totalement remanié.
Cet élevage de multiplication a été construit sur les bases d´un élevage existant, complètement « remanié », passant d´un statut de naisseur-engraisseur en 7 bandes à celui de multiplicateur en 5 bandes.
Un élevage totalement repensé
« J´avais un projet d´agrandissement. Cap 50 cherchait à installer un multiplicateur sous air filtré et m´a proposé cette alternative, me connaissant comme quelqu´un de rigoureux. Après réflexion, j´ai accepté. Cela me parait un excellent challenge, et une bonne revanche après sept ans d´instruction de dossiers ! », témoigne Dominique Leblatier, éleveur, qui a longuement pesé les avantages mais aussi les contraintes de ce choix.
La « protection renforcée » de ce nouvel élevage porte d´abord sur le renouvellement du cheptel : des cochettes issues de l´élevage de sélection du Gaec de La Viette, sous air filtré, transportées dans un camion spécifique, également sous air filtré, et des inséminations exclusivement à partir de CIA sécurisé et filtré de Copiporc à Mésanger, en Loire-Atlantique.
L´aliment sera obligatoirement thermisé, et l´eau chlorée. Tout le matériel intrant devra subir une fumigation pendant plusieurs heures dans un sas adapté. Et, bien sûr, la filtration de l´air s´accompagne d´une douche obligatoire à chaque entrée dans le bâtiment. Par ailleurs, comme le montre la visite de chaque salle, les choix techniques de construction et d´équipements ont privilégié l´hygiène et la facilité de nettoyage : fosses lissées de 120 cm avec pentes de 2,5 % et caniveaux collecteurs, nourrisseurs basculants, caillebotis relevables, cloisons pleines, etc.
La restructuration de l´élevage a consisté à raser les blocs gestantes et maternités, âgés de 20 ans, rénover des post-sevrages et engraissements existants, et construire pour qu´au final la chaîne de bâtiments soit en cohérence avec une conduite en 5 bandes : un bloc gestante, une maternité, 1 nurserie, 1 post-sevrage et 4 engraissements. Ce qui satisfait au rythme de cette conduite, avec la première semaine incluant saillies et mise-bas, la troisième semaine les sevrages (à 21 jours), suivie de la semaine saillie-mise-bas, etc. Une particularité de cet élevage réside dans la capacité à inséminer les cochettes et à les garder si besoin jusqu´à leur livraison possible une semaine avant mise-bas : d´où la construction d´une salle de préparation des cochettes où, bloquées, elles seront inséminées.
Malgré l´utilisation d´une partie des bâtiments existants, la construction de ce nouvel élevage atteint 892 000 euros. « Même s´il est difficile de faire exactement les comptes, nous considérons que la filtration a coûté environ 114 000 euros, et les salles de préparation et de stockage des cochettes 38 000 euros. Soit un « surcoût » de 152 000 euros », calcule l´éleveur qui ne doute pas du retour sur investissement, saluant la forte collaboration avec le groupement Cap 50 et la confiance mutuelle instaurée depuis le début de ce projet.
En juillet, l´élevage se trouvait totalement vide d´animaux, nettoyé et désinfecté pour les parties existantes. Fin août, les premières cochettes arrivaient du Gaec de la Viette avec des mise-bas de la première bande programmées seulement une semaine après leur arrivée. Ultérieurement, elles arriveront dans l´élevage à raison de 2 à 3 fois par an, pour limiter les mouvements d´animaux, et participer encore à la protection de cet élevage, conçu au « top » du sanitaire.

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