Réussir porc 30 janvier 2003 à 17h12 | Par Dominique Poilvet

Elevage porcin - Truies en groupe ou bloquées : des performances techniques identiques

Une enquête réalisée par les EDE bretons démontre que l´élevage de truies en groupe ne constitue pas un frein à de bonnes performances.

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La conduite de truies en liberté est souvent accusée de diminuer le nombre de nés vifs par portée, de réduire la longévité des truies et d´accroître le taux de pertes. Dans une enquête réalisée auprès de 45 éleveurs qui élèvent leurs truies en groupe, les EDE bretons ont constatés que ce n´était pas le cas. Sur l´année 2001, ces élevages ont obtenu en moyenne 12 nés vifs et 0,8 mort né par portée. Le nombre de portée par truie réformée atteint 5,8, et le taux de pertes en truie 3,9 %. « Ce sont des résultats tout à fait comparables à la moyenne bretonne », indique Xavier Pichodo, à l´occasion du forum technique consacré à ce sujet le 15 novembre dernier à Quimper (29). Le technicien met également en avant l´écart entre les extrêmes, pas plus importante que pour des élevages où les truies sont bloquées, y compris sur le critère « taux de pertes », pour lequel le maximum relevé était de 9 % dans un élevage confronté à des problèmes sanitaires. « Nous n´observons pas de catastrophes comme on en a eu l´écho dans des élevages danois », note-t-il.

L´allotement par gabarit et par parité est essentiel
L´enquête détaille les points clés de la réussite de ce type de conduite, selon l´avis des éleveurs. En ce qui concerne la conduite d´élevage, tous s´accordent à dire que l´allotement par gabarit et par parité (notamment pour les primipares) est essentiel. « Il semble que l´idéal est de constituer les lots au moment du sevrage, même si les truies restent bloquées au moment des inséminations », rapporte Xavier Pichodo. La conduite bande par bande s´impose, « excepté pour les Dacs, pour lesquels la conduite en groupes dynamiques semble intéressante ». Si les agressions sont inévitables le jour de la mise en groupe, chacun met en oeuvre des « trucs » qui permettent d´atténuer les bagarres : mise en lot en fin d´après midi, distribution d´aliment... tout en étant conscients que la surveillance et un suivi plus rapproché qu´en truies bloquées est nécessaire. Tous disposent de places « tampons », soit en cases, soit en stalles bloquées, pour isoler une truie agressée ou trop maigre. Ces truies ne sont réintroduites dans le groupe qu´au cycle suivant.

Quel système d´alimentation ?
L´alimentation constitue le second point essentiel à bien maîtriser. « Chaque système aujourd´hui utilisé possède ses avantages et ses inconvénients. L´essentiel est que l´éleveur ait choisi le mode d´alimentation qui convient le mieux à sa manière de travailler ».
- La soupe a l´avantage de réduire les coûts si l´éleveur l´utilise aussi pour le reste de l´élevage. Les éleveurs enquêtés ont noté l´apparition de problèmes si l´une des truies mange lentement. Certains ont installé une place de plus que le nombre de truies présentes dans la case, pour empêcher que les animaux les plus faibles soient délogés avant la fin de leur repas. « Il faut surtout éviter l´énervement des truies, lié parfois au temps d´attente en fin de distribution, si le circuit n´est pas équipé de cuve de reste sur jauges de contraintes. »
- L´alimentation à sec semble prendre tout son intérêt avec les procédés de distribution lente, qui permettent d´étaler les repas sur plusieurs minutes. Cela évite la compétition entre les truies au moment des repas, et améliore l´homogénéité des lots à l´entrée en maternité.
©D. Poilvet


- Enfin, les stalles d´alimentation programmées, couramment appelés Dacs, semblent revenir sur le devant de la scène, notamment sous l´impulsion de la station porcine de Guernévez qui expérimente ce système sur son troupeau de truies. Leurs avantages tiennent essentiellement dans le contrôle individuel de la ration pour chaque truie et le coût réduit des installations. Mais les utilisateurs insistent sur la nécessité de travailler avec du matériel fiable et d´avoir un bâtiment bien conçu.
Les problèmes sanitaires liés à la conduite en groupe sont rares. « Les avortements sont quasiment inexistants, sauf si la mise en groupe est mal contrôlée. De même, les problèmes d´aplomb ne surviennent que si l´ambiance est mal maîtrisée, avec en particulier des caillebotis humides », note Xavier Pichodo.
Cette enquête qui donne la parole aux éleveurs déjà concernés par la conduite des truies en groupe contredit donc l´idée que les truies en liberté ne peuvent pas obtenir des performances élevées. « Mais l´application des normes de bien être risque d´être délicate pour certains éleveurs habitués depuis longtemps aux truies bloquées », craint le technicien.

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Cet article est extrait du dossier de Réussir Porcs du mois de Décembre 2002 (nº89). « A l´heure de l´entrée en vigueur de la Directive bien être pour les nouvelles installations, des éleveurs français pratiquent déjà l´élevage de truies en groupe sur caillebotis » constate la revue dans ce dossier intitulé «Gérer les truies en groupe». 17 pages de présentations de résultats et de témoignages de producteurs.
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