Réussir porc 20 février 2003 à 17h44 | Par Claudine Gérard

Elevage porcin - Sur litière fine couche, 70 % de l´azote est volatilisé

Des mesures réalisées sur le terrain confirment que l´engraissement sur litière fine couche conduit à un abattement d´environ 70 % de l´azote produit par les porcs.

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Les essais menés à la station expérimentale de Guernevez avaient montré que l´engraissement sur sciure fine couche conduisait à un abattement de l´azote de 63 % (Réussir Porcs, février 2002, et JRP 2002). Yannick Ramonet, ingénieur EDE-Chambres d´agriculture de Bretagne, a mené une étude pour valider ces chiffres sur le terrain. Deux élevages de production (Côtes-d´Armor et Finistère) se sont prêtés aux mesures qui ont permis de confirmer que 70 % de l´azote produit par les porcs est volatilisé pendant la période d´engraissement.
©C. Gérard


Evaluer les pertes par volatilisation
Yannick Ramonet a utilisé la méthode des bilans, qui consiste à mesurer les entrées et les sorties d´azote et en déduire, par soustraction, les pertes par volatilisation. Question « entrées », c´est avant tout l´aliment qui est le « fournisseur » d´azote. Les éleveurs ont pesé tout l´aliment distribué dans la salle concernée, pendant toute la durée d´engraissement. Connaissant le taux de protéines (donc d´azote) des formules, il est donc facile de calculer la quantité d´azote entrant. Pour être irréprochable, l´ingénieur a aussi tenu compte de l´azote apporté par la litière, même si sa part est infime (2 kg par salle, contre plus de 500 kg apportés par l´aliment...). Quant aux sorties, elles se décomposent en trois catégories : la viande de porc, la litière, et les gaz. L´azote fixé par les porcs est calculé en fonction du poids de carcasse, et l´azote de la litière est analysé après prélèvement et homogénéisation d´une vingtaine d´échantillons. « Il est très facile d´obtenir un échantillon représentatif avec ce type de litière, qui est très homogène », précise Yannick Ramonet.
©Source Ch. Agriculture Bretagne

Légende - Malgré des configurations d´élevages et des performances différentes, les bilans azotés sont comparables dans les deux cas.

Dans les deux élevages, les quantités d´azote fixées par les porcs et retrouvées dans la litière conduisent à chiffrer la volatilisation de l´azote à 240/250 kg par salle de 90 à 100 porcs. Soit 69 à 71 % de l´azote excrété. « Ces chiffres confirment donc, sur le terrain, les valeurs obtenues en station expérimentale », conclut Yannick Ramonet qui souligne que ces résultats sont d´autant plus intéressants que les deux élevages sont différents par leur conception, leur ventilation, et leurs performances techniques. Ces valeurs peuvent donc être une « référence » pour tous ceux qui sont amenés à devoir estimer l´abattement d´azote permis par cette technique d´élevage. Et en tout premier lieu aux éleveurs concernés, puisque au lieu des 2,5 kg d´azote qui constituent la référence Corpen en matière de rejet, ce ne sont que 1,13 kg d´azote qui sont retrouvés dans les fumiers issus de porcs élevés sur fine couche...

Estimation de la composition des gaz
Autre volet de l´étude, la composition des gaz a été appréhendée. Cette fois, ce n´est plus un calcul, mais une estimation qu´ont réalisée les ingénieurs, en appliquant la méthode utilisée à Guernevez : 4 à 5 fois en cours d´élevage les techniciens ont estimé le débit d´air dans les bâtiments et mesuré la teneur en ammoniac, ce qui leur permet d´estimer le flux d´ammoniac. « Nous estimons que la partie d´azote perdue sous forme ammoniacale se situe entre le tiers et la moitié de l´azote volatilisé. Cette estimation confirme ainsi les mesures effectuées plus précisément à Guernevez. De plus cette émission est susceptible de varier de façon importante d´un élevage à l´autre. Le reste de l´azote est volatilisé sous d´autres formes gazeuses, en particulier N2O (protoxyde d´azote) et N2.

Enfin, même si ce n´était pas le but de ce travail, les mesures d´ammoniac dans les salles se sont toujours situées en dessous de 25 ppm, « preuve qu´il est possible de concilier la maîtrise de la litière et une bonne ambiance dans le bâtiment », souligne l´ingénieur qui poursuit ses recherches sur ce type d´élevage, mais en explorant à présent les aspects de conduite de la litière et de conception de bâtiment en relation avec les performances des porcs.

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