Réussir porc 13 juin 2006 à 15h30 | Par Dominique Poilvet

Elevage porcin - « La taille des élevages va s´accroître fortement »

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Pour François Hallépée, responsable technique et développement porc du groupe Sanders, nul doute que la taille moyenne des élevages naisseurs-engraisseurs va s´accroître fortement dans les dix années à venir.
« Nous nous situerons probablement dans une fourchette qui ira de 600 à 1200 truies, alors que l´évolution actuelle conduit la majorité des acteurs à imaginer que la taille moyenne se situera à 250 truies », estime-t-il. Dans ce schéma de développement, les maternités collectives, aussi appelées centres de naissage par François Hallépée, seront aussi amenées à se développer pour maintenir un réseau d´élevages naisseurs-engraisseur de taille moyenne. « Il faut considérer les centres de naissage comme un outil pour les naisseurs-engraisseurs qui veulent déléguer leur activité naissage vers une structure spécialisée, ou qui veulent se développer dans un système multisite », précise-t-il.« Le modèle français de demain doit obligatoirement diminuer ses coûts de production », argumente Rémi Maguer, responsable du pôle porcs Sanders.

« L´accroissement de la taille des élevages répond à cette nécessité : d´une part, elle abaisse les coûts intermédiaires : livraison des animaux ou des aliments, enlèvement des porcs charcutiers, suivi technique. D´autre part, elle permet une meilleure organisation du travail. »
Même objectif pour les centres de naissage, qui permettent le travail en bande unique pour les engraisseurs actionnaires. « Par ailleurs, nous prouvons, au travers des installations existantes, que ces élevages ont des performances techniques et économiques supérieures : une étude réalisée par le GIE Armor (1) démontre que les éleveurs qui détiennent des parts dans un centre de naissage dégagent une marge sur coût alimentaire supérieur de 320 ? par truie et par an par rapport à la moyenne des GTE nationales », indique François Hallépée.
Ensuite, ce modèle a pour avantage de répondre aux attentes sociétales des éleveurs : « ils recherchent plus de temps libre, comme dans le reste de la société. L´accroissement de la taille des élevages et la spécialisation des sites permet de faire appel à de la main-d´oeuvre salariée », ajoute-t-il.

Par ailleurs, Rémi Maguer estime que ce schéma de développement favorise les transmissions des outils de production : « même si la production ne peut pas échapper à un apport de capitaux extérieurs, l´actionnariat familial sera toujours possible dans le montage financier des centres de naissage », analyse-t-il. « Et les transmissions seront davantage liées à des prises de participations financières, plutôt qu´à des reprises globales d´un outil de production. »

Il est peu probable que la France aille vers l´intégration
Enfin, l´analyse de François Hallépée tient compte des exigences des consommateurs, « toujours plus soucieux de mieux connaître l´origine des produits. Le regroupement de l´activité naissage, et le fonctionnement des engraissements en bande unique ne peut que favoriser la traçabilité ».
François Hallépée compare le système français avec les modèles étrangers plus performants économiquement. Le dernier recensement agricole a montré qu´il y avait 7000 élevages de moins de 100 truies, contre 700 de plus de 300 truies. En France, la taille moyenne des élevages est plus faible que dans les autres pays européens leaders en production porcine (Danemark, Pays-Bas, Espagne). Elle est surtout loin derrière l´Amérique du Nord et le Brésil qui sont les meilleurs en terme de coût de production. Les USA notamment ont connu une concentration de la production sans précédent entre 1988 et 2000, ainsi qu´une croissance quasi exponentielle des principaux intégrateurs.

« Il est peu probable que la production porcine française connaisse la même évolution vers l´intégration, ne serait ce qu´à cause de l´ampleur des moyens financiers nécessaires pour mettre cette politique en oeuvre », estime Rémi Maguer. « Cependant, le fait que la France est exportatrice de viande, que le prix du porc se mondialise et que nous sommes confrontés à une libéralisation sans précédent des échanges, doit convaincre les acteurs de la filière qu´une optimisation du modèle de production est indispensable », conclut-il.


(1) Le GIE Armor regroupe les groupements Armorique et Porc Ouest, pour une production annuelle de 1,7 million de porcs.

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