Réussir porc 12 août 2005 à 15h41 | Par Dominique Poilvet

Elevage porcin et coups de chaleur - « Attention aux bâtiments mal conçus ! »

Les coups de chaleur estivaux ont des conséquences désastreuses dans certains élevages, mais ne posent pas de problèmes dans d´autres. Explications de Jean Callarec de l´EDE 29.

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«Dans certains bâtiments, il n´est pas rare que l´air qui arrive au niveau des porcs soit plus chaud que l´air extérieur en période de coups de chaleur ». Cet avertissement, lancé par Jean Callarec à la journée « coups de chaleurs » du 11 mars dernier à Guernevez (29), explique dans bien des cas pourquoi la chaleur estivale a des incidences néfastes dans certains élevages mais pas dans d´autres. Avec comme principales causes des défauts de conceptions de bâtiment.« La première erreur à éviter est celle qui consiste à prendre l´air trop près du toit », explique-t-il. Le rayonnement du soleil fait parfois monter la température de la toiture à plus de 50 ºC. L´air en contact avec la surface va lui-même se réchauffer de plusieurs degrés. La solution pour ces entrées, couramment rencontrées dans les élevages, est de surélever la cheminée pour prendre l´air à plus de 50 cm au-dessus de la couverture.
Autre problème de conception, il arrive parfois que l´air chauffé sur le toit s´infiltre entre les plaques isolantes et entre ainsi dans la salle. Pour éviter ce phénomène, il faudrait rendre étanche la paroi isolante, avec de la mousse projetée par exemple. « C´est une solution testée à Guernevez qui donne satisfaction depuis vingt ans », précise Jean Callarec.
Ouvrir le plus possible les entrées d´air
Sinon, la solution qui s´impose est d´ouvrir le plus possible les entrées d´air. « L´air frais entrera par les endroits où il est peu freiné, donc de préférence par les entrées prévues à cet effet si elles sont largement ouvertes ».
Le pompage de l´air d´une salle vers l´autre n´est pas l´excusivité des vieux bâtiments. « Si une entrée d´air par couloir latéral ou central dessert à la fois des salles d´engraissement et de post-sevrage, il est sûr qu´à certains moments, l´air sera extrait d´une salle peu ou pas ventilée pour alimenter les autres ». La présence de poussière sur les entrées d´air de ces salles apporte une preuve de l´inversion des flux d´air. « La solution pour éviter ce phénomène consiste tout simplement à avoir une dépression nulle dans le couloir de service », conseille Jean Callarec. Des circuits d´air entre salles divisées par une cloison non étanche peuvent également exister, en particulier dès que le vent, même faible, fait pression d´un côté du bâtiment. « L´air déjà chaud peut encore être réchauffé d´un côté, puis passer dans l´autre, un cas de figure souvent constaté dans des verrateries-gestantes mal cloisonnées ».
Toujours dans ces locaux, les puits de lumières, fenêtres latérales en particulier, peuvent parfois exposer les animaux aux rayons du soleil et augmenter ainsi la chaleur perçue. « Ici aussi, des solutions simples existent, en faisant largement déborder la toiture par exemple ». Pour Jean Callarec, ces quelques exemples montrent qu´il est souvent possible de limiter les effets des coups de chaleurs en élevage, en modifiant légèrement les conceptions de bâtiments qui n´ont pas toujours été prévues pour des températures très élevées. « Avant de refroidir l´air présent dans la porcherie, pensons à ne pas le réchauffer », conclut-il.

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