Réussir porc 16 janvier 2003 à 14h59 | Par Claudine Gérard

Elevage porcin - A Périers, dans la Manche, protections renforcées pour un nouvel atelier de sélection

Le Gaec de la Viette vient d´achever la construction d´un atelier de sélection Large-White, lignée femelle, pour Nucléus et Cap 50. Tout est mis en ouvre pour préserver le haut statut sanitaire des animaux issus d´hystérectomie qui peupleront l´élevage.

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C´est au printemps 2004 que sortiront les premiers animaux de cet élevage neuf de 140 truies productives, conduit par Nathalie et Didier Clerot, du Gaec de la Viette, à Périers (50). Le bâtiment récemment achevé a ouvert ses portes au public avant l´arrivée des animaux. Pas n´importe lesquels puisqu´il s´agit de cochettes issues d´hystérectomie, qui constitueront un troupeau de sélection Large-White, lignée femelle de Nucléus. L´obtention de ces « têtes » de pyramide est une première pour Nucléus qui a investi dans la technique de « l´allaitement croisé ». « Cette technique nous permet de conserver les efforts de sélection engagés depuis trente ans, en améliorant le sanitaire », résume Gustave Petit, directeur de Nucléus.
©C. Gérard

Triple protection
Compte tenu de la qualité attendue des animaux qui vont peupler l´élevage, celui-ci rassemble l´essentiel des techniques et matériels qui assureront le maintien du statut sanitaire. L´élevage, déjà distant de plus de 500 m de la première habitation, et de 6 km de la plus proche porcherie, sera protégé par trois zones : des haies et barrières ne permettant l´accès qu´aux véhicules autorisés (camions d´aliment, de reproducteurs et de charcutiers, tonne à lisier). Un grillage clôturera l´élevage à 4 m de l´enceinte pour éviter l´entrée d´animaux sauvages. Enfin, un sas d´entrée avec douche est le passage obligé du personnel habilité à pénétrer dans les bâtiments.
L´air entrant dans l´élevage sera totalement filtré, avec un bloc de filtration pour la partie naissage et un autre pour les animaux du sevrage à la vente. Chaque salle est conçue pour préserver le haut niveau sanitaire. Les animaux pourront passer de la nurserie au post-sevrage et à l´engraissement sans mélange puisque chaque salle est organisée en huit cases.
©D. R.

Un atelier prévu pour limiter les contaminations
Leur conception met en ouvre les matériaux et concepts facilitant l´hygiène et respectant les normes sanitaires : fosses avec pentes et caniveau collecteurs avec fond lissé, caillebotis relevables, parois pleines, chauffage... Dans le bloc « reproduction », les équipements sont également conçus dans un souci d´hygiène : fentes de propreté en gestantes, et caillebotis béton et fil en verraterie, caillebotis relevables en maternité, couloirs pleins, et dans tout ce bâtiment, des fosses lissées de 50 cm en maternité et 80 cm en gestante, avec un caniveau central.
Le fonctionnement de l´atelier est dès à présent prévu pour limiter les contaminations. Tout le matériel entrant subira une fumigation, et, évidemment, toute personne entrant dans l´élevage devra passer par la case « douche ». L´aliment sera entièrement thermisé, et l´eau, évidemment, chlorée. Et, surtout, la semence sera issue d´un centre dont les verrats seront aussi issus d´hystérectomie, une première que Nucléus a préparé depuis deux années pour prolonger et pérenniser les efforts de « reconquête » d´un niveau sanitaire digne de l´étage de sélection.
©C. Gérard


Quatre années entre le dépôt du dossier et l´arrivée des animaux
Les premiers animaux entreront début décembre, à l´âge de 50 jours. Les premières inséminations auront lieu en mai 2003, les mise-bas débuteront en septembre, et la commercialisation au printemps 2004. Les cochettes peupleront des ateliers de multiplication de Cap 50. « Il est primordial pour nous, groupement et fournisseur de reproducteurs, de fournir des cochettes les plus saines possibles », réaffirme Olivier Remigereau, responsable génétique du groupement.
Sachant que le dossier a été « lancé » en février 1998, les éleveurs auront donc dû patienter plus de 4 ans avant de recevoir les animaux et 6 ans avant les premières ventes... Nathalie, dont le premier métier est laborantine, a mis ce temps à profit pour se former au métier du porc : BTS, CS porc et stages en exploitations lui ont donné les armes pour réussir sa reconversion dans un domaine qui reste, comme le travail en laboratoire, très technique.

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