Réussir porc 14 janvier 2015 à 08h00 | Par Michel Portier

Eco-épandage bouleverse l’approche des tonnes à lisier

Malgré l’attentisme des constructeurs, la certification Eco-épandage s’avère être le seul garant des performances d’une tonne à lisier.

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Le passage au banc d’essai d’Irstea n’est qu’une étape de la certification.
Le passage au banc d’essai d’Irstea n’est qu’une étape de la certification. - © Irstea

Les premiers appareils certifiés Eco-épandage ont récemment été commercialisés. Pour l’instant, Pichon est le seul constructeur de tonnes à lisier à avoir obtenu la certification sur certains modèles. Cette offre encore très limitée s’explique notamment par le retard lié au changement d’organisme certificateur (reprise d’Aucert par Certipaq), mais aussi et surtout par le manque d’engouement des constructeurs. Bon nombre d’entre eux hésitent à s’engager dans une démarche exigeante et relativement coûteuse, sans certitude sur son impact commercial. Le fait que la démarche ait été initiée par deux constructeurs, Rolland et Pichon, en collaboration avec Irstea, la chambre d’agriculture de Bretagne et VetAgro Sup, a été une excuse pour certains constructeurs qui mettaient en cause l’indépendance de la démarche. « Mais le doute a rapidement été levé par les deux industriels initiateurs qui ont, dès le début du projet, invité toutes les autres marques à participer à la réflexion. Le référentiel a été bâti avec un souci de neutralité et aussi de pragmatisme par rapport aux attentes des utilisateurs », relativise Emmanuel Piron d’Irstea. « Désormais, c’est une filiale d’Axema(1) qui chapote le projet et qui va faire vivre la certification. »


Le site Internet bientôt en ligne


Jean-François Goupillon, responsable du pôle technique d’Axema, confirme l’indépendance du référentiel Eco-épandage : « notre filiale Axema Promotion Service, qui n’est pas liée aux actions syndicales d’Axema, est désormais propriétaire de la marque Eco-épandage. La certification est ouverte à tous les constructeurs de matériel d’épandage de matières organiques. Et si les demandes sont encore peu nombreuses, les constructeurs suivent de près le projet. Au moment de la création de la filiale, une dizaine de marques adhérentes d’Axema ont fait part de leur intérêt ». Pour appuyer ses propos, Jean-François Goupillon assure que le site Internet www.eco-epandage.com ouvrira très prochainement. Outre la présentation de la certification, ce site recensera l’ensemble des modèles certifiés, avec des espaces réservés aux utilisateurs et aux constructeurs.
Le succès d’Eco-épandage est désormais suspendu à la motivation des constructeurs à s’engager dans cette voie de la certification. La mise en œuvre des tests sur le banc Irstea engendre un coût non négligeable, avec un certain nombre d’incertitudes quant au nombre de tests à réaliser et de modifications à apporter aux machines. Mais pour Emmanuel Piron, la plus lourde tâche pour bon nombre de constructeurs, se situe dans l’audit de l’entreprise. « Le constructeur doit prouver qu’il met tout en œuvre pour garantir la conformité de ses machines dans le temps. C’est la même méthode que pour une démarche qualité. »


Un projet avant-gardiste anticipant la réglementation


Eco-épandage est un projet inédit dans le machinisme agricole. Il constitue la première certification environnementale du secteur portant sur un bien d’équipement. Mais il se limite pour l’instant à une portée nationale. Les constructeurs présents sur plusieurs marchés en Europe craignent que chaque pays adopte sa propre certification. Pour Emmanuel Piron, « Eco-épandage est avant-gardiste et peut faire figure de modèle à l’échelle européenne. Certains tests pourront être repris par l’Entam(2) et il n’est pas illusoire d’espérer à terme une approche européenne ».
Au final, le principal élément déclencheur pourrait venir des pouvoirs publics. « De nouveaux indicateurs de performances sont recherchés par les services de l’État dans le cadre de la réflexion sur le nouveau dispositif qui fera suite au PVE », note Jean-François Goupillon. La certification Éco-épandage deviendrait ainsi un critère dans l’attribution des futures aides à l’investissement.


(1) Union des industriels de l’agro-équipement
(2) Réseau européen des centres d’essai officiels

Le verdict des premiers tests

D’après les enseignements tirés des premiers tests de certification, les exigences concernant la répartition transversale sont accessibles avec une tonne à lisier, dès lors qu’elle est équipée d’un enfouisseur ou d’une rampe à pendillards. Là où cela se corse, c’est avec la répartition longitudinale. « Avec une tonne à lisier équipée d’un DPA et d’un débitmètre, on atteint sans trop de difficultés les critères », reconnaît Emmanuel Piron. En termes de tassement, la principale répercussion concerne la capacité des tonnes à lisier à deux essieux qui ne peut guère dépasser les 18 000 litres, malgré l’emploi de pneus larges. En limitant la pression des pneus au champ, le télégonflage est la seule solution pour gagner en capacité.

Les modèles actuellement certifiés

En tonnes à lisier, Pichon a fait certifier deux modèles de 15 700 et 18 500 litres, avec deux types de DPA, deux enfouisseurs à 11 ou 13 dents et une rampe à pendillards de 15 mètres.

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