Réussir porc 17 novembre 2008 à 14h20 | Par D.Poilvet

Dac et paille pour le bien être... de l'éleveur

Nicole et André Sergent comptent sur les spécificités de la conduite des truies gestantes en DAC-groupe dynamique pour diminuer la main-d’oeuvre nécessaire et optimiser l’organisation du travail.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
 (© dp) Post sevrage : caillebotis plastique intégral sur poutres inox, séparations PVC et alimentateur 3 en 1 signé Aco. Ce nourrisseur dispose d'une pipette centrale qui assure un goutte-à goutte. Les porcelets consomment donc u Détail du nourrisseur 3 en 1 d'Aco Les aérothermes (Guillou frères) chauffent les post sevrage, en transférant les calories de l'eau qui circule à l'intérieur vers l'air pulsé par un ventilateur. La pompe à chaleur récupère les calories de l'eau de lavage en sortie de ventilation centralisée. Maternité : la case (Aco) est équipée d'un sol plat combinant la fonte sous la truie, le fil galva à l'arrière et le plastique sur les côtés. La plaque est chauffée avec l'eau de l' A l'avant des cases maternité, une auge plastique et une pipette pour la truie, un abreuvoir pour les porcelets, avec un branchement sur le tuyau d'alimentation par un flexible renforcé. Le multiphase (Rapidex) permet la distribution de tous les aliments en post-sevrage, et des transitions progressives. La nouvelle trémie peseuse de Rapidex est conçue pour supprimer toute diffusion de poussière au moment de la pes&eac La ventilation du bâtiment (Tuffigo) est centralisée, avec quatre turbines d'extraction pour l'ensemble du bâtiment. L'air est lavé en sortie dans une cheminée à l'air libre. Les truies font leurs déjections sur le caillebotis. Des barrières permettent de bloquer les truies dans l'aire paillée au moment du nettoyage du caillebotis, ou bien de condamner l'accès à l'une des aires Des filets brise-vent motorisés de chaque côté du bâtiment sont régulés pour assurer une ventilation statique. L'aire paillée constitue 50 % de la surface du bâtiment gestante. Un portail à enroulement aux deux extrémités du bâtiment permet l'accès avec le télescopique sur la partie centrale constitu&

Grosse affluence à la porte ouverte du 19 septembre dernier au Gaec du Millier à Beuzec Cap Sizun (Finistère). Beaucoup d’éleveurs et de techniciens sont venus découvrir le premier bloc gestante équipé de DAC Aco-funki. Une réalisation originale, avec deux particularités : une ventilation statique et un sol mixte caillebotis + paille. « La restructuration de notre élevage répond à l’objectif d’optimiser la main-d’oeuvre et de faciliter l’organisation du travail », souligne André Sergent. Ce sont plusieurs visites dans les pays du nord de l’Europe qui l’ont convaincu de choisir les DAC avec une gestion en groupe dynamique. « Nous avons souvent vu des élevages de 500-600 truies avec seulement 2 ou 3 UTH. » Dans son élevage,André Sergent estime qu’une fois les travaux terminés, les 325 truies et leur suite (1 500 places post-sevrage et 2 681 places engraissement) devraient être conduits avec 1,5 UTH! « Le système DAC permet de gagner du temps en automatisant une grande partie du travail en gestante », rappelle-t-il.

Pour s’alimenter, les animaux disposent de six stations regroupées en épis, avec une sortie commune qui donne soit dans la case principale, soit vers une zone de tri. Isoler les animaux à vacciner ou à entrer en maternité se fait donc automatiquement. L’éleveur doit uniquement programmer l’ordinateur la veille. Le cycle d’alimentation démarre à 18 heures chaque soir, afin que les truies à isoler soient toutes dans la zone de tri le lendemain matin.

L’éleveur dispose également d’un système de marquage automatique des truies dans le couloir de sortie des DAC (trois couleurs différentes). « J’utilise le marquage notamment pour repérer les truies trois semaines après l’IA tout en les maintenant dans le groupe, afin d’évaluer leur état d’engraissement », indique Nicole Sergent. Une fois les truies marquées, elle se sert d’un scanner portable pour identifier celles qui sont trop grasses ou trop maigres. L’appareil sert également à modifier en direct le plan d’alimentation affecté à l’animal.

Toutes les truies sont logées dans le bloc gestante dès qu’elles sont inséminées. Dans la case, un détecteur constitué d’une antenne située près d’une case à verrat repère celles qui retournent en chaleur. Une truie qui reste trop longtemps à proximité du verrat est systématiquement détectée par l’antenne. Elle est ensuite automatiquement dirigée vers le sas de tri lors du repas suivant, sans que l’éleveur ait à intervenir. Après quatre mois de fonctionnement, Nicole et André Sergent considèrent que ce système de détection est suffisamment fiable, au point d’arrêter l’échographie des truies. « 100 % des truies qui rentrent en maternité sont pleines », souligne Nicole Sergent. Elle considère également que la conduite des truies en groupe a aussi des répercussions positives sur la facilité de conduite en maternité. « Les transferts des truies vers la maternité se font plus facilement, car elles sont habituées à se déplacer. Une seule personne suffit pour les diriger. Ensuite, les mises bas se déroulent mieux et sont plus rapides. » La consommation de paille facilite sans doute également le transit digestif.

L’option paille a été retenue en raison de la présence de cultures de céréales sur l’exploitation, et aussi pour l’image positive qu’elle dégage vis-à-vis des nombreux citadins qui viennent visiter l’exploitation. Il ne faut que 12 à 15 hectares de céréales pour satisfaire aux besoins annuels. Par ailleurs, l’éleveur dispose d’un télescopique déjà utilisé pour les vaches laitières du Gaec. « Nous passons une demi-heure de travail chaque semaine à deux pour l’entretien de la litière », précise André Sergent. Avec le télescopique, il dépose trois balles rondes chaque semaine. Les truies se chargent d’étaler la paille. Il dégage ensuite « à la fourche » les passages entre l’aire paillée et le caillebotis. Enfin, pendant que les truies sont bloquées dans l’aire paillée, il ramasse le peu de fumier avec le godet du télescopique. La paille sera retirée une fois par an du bâtiment. « En limitant la charge de main-d’oeuvre, nous ne prétendons pas atteindre les performances des meilleurs éleveurs », souligne Nicole Sergent. Cependant, les possibilités techniques offertes par les DAC semblent ouvrir de nouvelles pistes pour diminuer la charge salariale des élevages, tout en prétendant à des performances de haut niveau.

Dominique Poilvet

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui