Réussir porc 01 septembre 2006 à 17h38 | Par Claudine Gérard

D´après une étude terrain - La déconcentration du 2e âge limite surtout les dépenses de santé

Une enquête menée par les chambres d´agriculture de Bretagne auprès de 25 éleveurs ayant choisi de déconcentrer l´aliment 2e âge montre que le gain porte, avant tout, sur les dépenses de santé. L´impact sur le coût alimentaire reste faible.

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Diminuer les niveaux de protéines et acides aminés de l´aliment 2e âge et/ou opter pour une présentation en farine améliore l´état sanitaire des porcelets en post-sevrage et permet de réduire les dépenses de santé. Les indices sont en revanche pénalisés en post-sevrage, les croissances sont globalement maintenues, et le prix moyen de l´aliment baisse légèrement. C´est ce que conclut Brigitte Landrain après avoir enquêté auprès de 25 éleveurs ayant choisi de modifier leur conduite alimentaire en post-sevrage. En moyenne, sur les 12 éleveurs ayant opté pour la déconcentration du 2e âge et possédant des données fiables, les dépenses de santé sont passées de 151 à 126 euros par truie. Et sur l´ensemble des 25 éleveurs enquêtés, 18 estiment avoir amélioré le niveau sanitaire de leurs élevages, particulièrement au niveau des diarrhées en post-sevrage, 11 déclarant en outre avoir gagné en sérénité.
En revanche, l´impact sur les performances n´a pas la même unanimité. Dix éleveurs ne constatent pas de différence de croissance sevrage-vente, huit observent une amélioration et quatre une détérioration. Brigitte Landrain explique ces différences par le contexte initial de l´élevage. En effet, sachant qu´une grande majorité de ces éleveurs a choisi de modifier la conduite alimentaire en raison de problèmes sanitaires, il paraît logique que la déconcentration en acides aminés améliore la situation et ne pénalise pas - voire améliore - les performances. Ce qui ne semble pas être le cas dans les élevages moins sujets à problèmes sanitaires.
La déconcentration de l´aliment 2e âge a, en outre, conduit à une légère baisse du prix de l´aliment. Après correction par l´ITP des prix pour pouvoir comparer des périodes différentes, le prix des aliments sevrage-vente est en baisse de deu euros par tonne, une baisse minime expliquée par le fait que l´économie est en fait uniquement « portée » par l´aliment 2e âge.
Les problèmes sanitaires en post-sevrage ont été la principale motivation des éleveurs qui ont opté pour une déconcentration de l´aliment 2e âge. ©C. Gérard

Sur fond de problèmes sanitaires
Cette enquête vient compléter les rares essais en station sur ce sujet. Mais, comme toute enquête terrain, elle a ses limites. Tout d´abord, elle porte sur 25 élevages qui ont des conditions très différentes : conduite alimentaire avant et après changement, niveau sanitaire, chaîne de bâtiments. De plus, ces éleveurs ont fait le choix du changement principalement à cause de problèmes sanitaires (un sur deux) et Brigitte Landrain précise que « avant de se lancer, la moitié de ces éleveurs estimait n´avoir rien à perdre ». Elle ajoute que, dans la majorité des cas, la conduite alimentaire a été modifiée en même temps que d´autres paramètres sur l´élevage, notamment au niveau de la génétique puisque 13 sur 25 ont modifié leur génétique mâle ou femelle, dont huit qui ont opté pour le Piétrain. La réduction des dépenses de santé constatée est donc le résultat de plusieurs mesures mises en place.
Au final, l´enquête montre des éleveurs satisfaits de leurs choix. A la question : « Etes vous satisfaits ? », 16 sur 25 répondent « oui pour le sanitaire », et 6 répondent « oui pour le gain économique ». En toute logique ces éleveurs vont conserver cette conduite alimentaire déconcentrée, voire aller plus loin. Neuf déclarent ne rien changer à l´avenir, cinq vont tenter la diminution des quantités d´aliment 1er âge et quatre vont revoir leur plan d´alimentation en engraissement.


Qui sont-ils ?
Les 25 éleveurs bretons enquêtés :
 22 naisseur-engraisseurs,
1 PS engraisseur et 2 adhérents à une maternité collective ;
 188 truies en moyenne
génétique mâle : 18 Piétrain pur, 5 LwxPiétrain,
2 en semences croisées
 Groupements : Coopagri Bretagne (12) et autres (Prestor, Cofiporc, Cooperl, Armorique, LT, Porfimad, Porc Ouest)
 En moyenne, 13,8 nés totaux, 11,2 sevrés
 Sevrage précoce dans 12 élevages, dont 6 de façon non systématique.

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