Réussir porc 20 septembre 2007 à 14h39 | Par Claudine Gérard

Croissance et classement - Combattre l´iléite chronique est doublement payant

Une enquête terrain menée par le service sanitaire de la Cecab prouve que l´iléite chronique est largement répandue dans les élevages, et que son impact est d´au moins cinq euros par porc.

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Lutter contre l´iléite chronique pourrait faire gagner au moins cinq euros par porc grâce à l´amélioration des performances - indice et croissance - à laquelle il faut ajouter une plus-value améliorée par un meilleur pourcentage de porcs dans le coeur de gamme.
C´est la conclusion majeure d´une enquête conduite par le service vétérinaire de la Cecab, et le laboratoire Elanco. 46 élevages disposant de GTE ont fait l´objet d´analyses de sang sur des porcs charcutiers de 150 jours environ. « Nous avons simplement utilisé les prises de sang réalisées dans le cadre du dépistage Aujeszky pour réaliser des sérologies Lawsonia », explique le vétérinaire, qui souligne que les élevages n´ont donc pas été retenus pour une suspicion d´iléite, mais pris au hasard. Or les analyses prouvent d´abord que 66 % de ces élevages se sont révélés positifs vis-à-vis de Lawsonia, avec une prévalence (pourcentage d´animaux positifs) de 83 %. « Ce taux d´élevages positifs est comparable à celui que nous observons au niveau national, de l´ordre de 65 % sur la même période de dépistage (312 élevages dépistés en 2006) », ajoute Annick Morel, vétérinaire au laboratoire Elanco qui a financé les analyses.

Autrement dit, une majorité d´élevages est contaminée par la bactérie Lawsonia, responsable d´iléites, le plus souvent sous forme chronique. Or cette pathologie a un impact important sur les performances. L´enquête de la Cecab le chiffre : comparant les résultats GTE des élevages positifs aux élevages négatifs, Xavier Lepannerer constate surtout une différence d´indices de consommations et de croissances, les taux de pertes et autres critères restant comparables. Au final, ces contre-performances se traduisent par un manque à gagner moyen de cinq euros par porc. Ce montant a déjà été avancé au cours d´études précédentes. Mais aujourd´hui, les techniciens et vétérinaires de la Cecab y ajoutent un montant lié au classement des carcasses, encore plus important depuis le passage au TMP avec son coeur de gamme resserré. « L´iléite se traduit aussi par une forte hétérogénéité au sein des bandes. Nous avons constaté qu´en luttant contre cette pathologie, nous obtenons des lots beaucoup plus homogènes, et les éleveurs ont immédiatement gagné en pourcentage de porcs dans le coeur de gamme, donc en plus-value des lots », témoigne Xavier Le Pannérer.
Xavier Le Pannérer, vétérinaire Cecab : « Comme toute pathologie chronique, l´iléite constitue un manque à gagner ». ©C. Gérard

Il cite, par exemple, cet éleveur du groupement chez qui la mise en place de mesures de contrôle de l´iléite s´est soldée par une augmentation de la plus-value technique qui est passée de 11 à 13 centimes : « Sachant que cette amélioration n´est pas liée à celle du TMP ou du pourcentage de porcs dans la gamme, c´est clairement le pourcentage de porcs dans le coeur de gamme qui est à l´origine de ce gain, car les lots sont devenus plus homogènes », commente Ronan L´Helgouach, vétérinaire Cecab.
Réaliser des sérologies pour connaître le statut de l´élevage
Concrètement, les vétérinaires recommandent donc aux éleveurs de réaliser les mesures nécessaires pour connaître le statut de leur élevage vis-à-vis de Lawsonia. Le laboratoire Elanco se propose de prendre en charge les sérologies. « Nous recommandons une dizaine d´échantillons de même âge par bande. Si deux sérologies ou plus sur 10 (soit au moins 30 % des porcs atteints), nous considérons l´élevage contaminé, avec un impact zootechnique certain, et l´éleveur aura intérêt à prendre les mesures de contrôle de cette pathologie », explique Annick Morel. Les praticiens disposent aujourd´hui de deux modes de lutte contre la maladie : la vaccination orale ou le traitement antibiotique. « Pour réaliser correctement celui-ci, nous conseillons de réaliser des prises de sang espacées d´au moins trois semaines sur une bande, englobant le moment où les porcs deviennent hétérogènes dans l´élevage.
Les maladies chroniques sont une source d´hétérogénéité des lots de porcs. ©Elanco

Elles nous indiquerons le moment de la séroconversion des porcs par Lawsonia, et nous permettrons de bien cibler la période d´administration de l´antibiotique (Tylosine), sachant que celle-ci doit démarrer trois semaines avant la séroconversion », précise-elle, à savoir, généralement, en France, en post-sevrage ou début d´engraissement.
Les vétérinaires Cecab inscrivent donc cette démarche dans le suivi sanitaire des élevages du groupement, sachant que la politique du service vétérinaire est de combattre les maladies chroniques « comme l´iléite ou des pathologies pulmonaires chroniques., qu´on ne voit pas obligatoirement, mais qui constituent - outre un manque à gagner pour les éleveurs - une source d´hétérogénéité des porcs livrés à l´abattoir. Or un des axes stratégiques de l´abattoir Olympig est clairement d´améliorer l´homogénéité des porcs abattus en actionnant tous les leviers connus : l´éleveur, l´alimentation, la génétique, la zootechnique et aujourd´hui le sanitaire.

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