Réussir porc 10 février 2006 à 16h45 | Par Claudine Gérard

Coûts de production - Passer du porc standard au Label rouge entraîne d´inévitables surcoûts

Passer d´une production standard au porc Label rouge entraîne des surcoûts allant de 5 à 35 ?/100 kg de carcasse, selon la situation de départ et le taux de labellisation.

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Tenté par une reconversion en porc Label rouge, un éleveur standard de 180 truies devra s´attendre à augmenter son coût de production dans une fourchette qui varie de cinq centimes d´euros/kg de carcasse dans le meilleur des cas à. 35 centimes si la solution passe par la réduction de l´effectif des truies. C´est la conclusion d´une étude économique menée par les chambres d´agriculture de Bretagne avec la collaboration de l´ITP(1).
Pour parvenir à ces conclusions, les auteurs ont pris l´exemple d´un élevage standard - 180 truies naisseur-engraisseur, conduite en sept bandes, sevrage à 28 jours de 10,7 porcelets par portée - qui devrait adapter ses bâtiments et sa conduite pour respecter la notice du porc Label rouge. Les principales adaptations nécessaires sont dues à la surface minimum par porc et à l´âge minimum à la vente de 182 jours, qui déterminent des modifications à la fois dans la chaîne de bâtiments et dans la conduite. Le cas le plus favorable est celui d´un élevage qui aurait déjà tous ses engraissements sur litière.

« Seule une salle d´engraissement sur litière, pour une bande de porcelets, sera à construire pour pouvoir loger neuf séries d´animaux au lieu de huit, du sevrage à la vente », résume Jean-Yves Jégou, coordinateur de l´étude. Cet élevage conserverait ses trois post-sevrages et ajouterait une sixième salle de 240 places d´engraissement. Avec un coût de la place estimé à 305 ? et un crédit de 5 % sur 12 ans, le surcoût lié à cette construction aurait un impact de 5,33 ? aux 100 kg de carcasse de l´ensemble des porcs Label rouge produits. A condition toutefois que 100 % des porcs soient labellisés ! Dans l´hypothèse plus raisonnable où ce taux est de 70 %, le surcoût du label serait de 7,62 ?/100 kg de carcasse.
Le passage d´une production de porc standard à la production de Label entraîne des coûts liés principalement à la surface au sol exigée et à l´âge minimum à l´abattage. ©C. Gérard

Diminuer en effectif est la solution la plus coûteuse
A l´inverse, le scénario le plus lourd est celui d´un élevage qui serait amené à réduire son effectif en truies. Pour respecter la surface par porc, chaque salle d´engraissement n´abritera que 156 porcs pour 160 places, et compte tenu des performances de reproduction, le nombre de truies devra passer de 180 à 123.
En outre, cette solution exige la construction d´une nurserie de 165 places pour abriter neuf bandes de porcs. La chaîne de bâtiment qui était de trois PS et cinq engraissements deviendrait alors une chaîne d´une nurserie (sortie à 44 jours maxi), trois pré-engraissements (sortie à 102 jours maxi) et cinq engraissements (sortie à 202 jours maxi).
Dans l´hypothèse d´un taux de labellisation de 70 %, le surcoût atteindrait 34,61 ?/100 kg de carcasse. Et même si 100 % des porcs étaient labellisés, cette solution coûterait encore 24,23 ?/100 kg.
Entre ces deux situations extrêmes, Jean-Yves Jégou a imaginé de multiples solutions : création d´une nurserie, construction de pré-engraissements sur sols ajourés, sur litière, mise en façonnage dune partie des porcs au sevrage ou en engraissement, vente à 25 kg.

De 3 à 5 ?/100 kg liés aux coûts « facultatifs »
Ces solutions conduisent à des surcoûts globalement compris entre 13 et 30 ?/100 kg de carcasse. La solution la moins coûteuse parmi celles-ci consisterait à construire des bâtiments pour les quatre stades physiologiques, c´est-à-dire créer 400 places d´engraissement et transformer la chaîne de bâtiment existante en la chaîne complète : une nurserie, deux post-sevrages, deux pré-engraissements et quatre engraissements. Toutefois, cette configuration entraîne une surcharge de travail liée aux déplacements d´animaux et au lavage.
Les auteurs de l´étude soulignent que, outre ces coûts obligatoires liés au strict respect de la notice, des surcoûts facultatifs viennent s´ajouter. Ils retiennent entre autres une dégradation du TVM de 0,5 point sur sol ajouré, et un point sur litière, une augmentation de l´indice de consommation en engraissement de 0,10 point.

Selon les cas, tous ces surcoûts se situent entre environ 3 et 5 ?/100 kg de carcasse.
Pour conclure cette étude, les auteurs soulignent que, dans tous les cas, si l´éleveur souhaite dégager un revenu supérieur en s´orientant vers la production de porc Label, son prix de vente devra être supérieur au « prix de marché augmenté de tous ces surcoûts ».
Et que, des investissements dans des salles supplémentaires étant généralement incontournables, « l´éleveur aura intérêt de s´assurer du débouché, un arrêt des ventes en Label rouge entraînant des charges insurmontables pour une vente en porcs standards. »
Passer de 180 à 123 truies.

Créer un engraissement sur litière.

(1) Adaptations techniques des élevages standards à la production de porcs Label rouge et estimation des surcoûts. Etude complète disponible auprès des chambres d´agriculture de Bretagne. Prix : 20 ?.

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