Réussir porc 27 janvier 2012 à 10h57 | Par D.Poilvet

Commercialisation des porcs charcutiers - La vente à livraison différée arrive au MPB

Dans le cadre du Marché du porc breton, les éleveurs peuvent désormais passer un contrat avec un abatteur pour vendre un lot à un prix et à une date précise.

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Pascal Leroy, responsable filière porc Kermené, Daniel Picart et Jean Pierre Joly, respectivement président et directeur du Marché du Porc Breton
Pascal Leroy, responsable filière porc Kermené, Daniel Picart et Jean Pierre Joly, respectivement président et directeur du Marché du Porc Breton - © dp

C’est une petite revolution a Plerin. Apres 40 annees de cotation bihebdomadaire constituant la seule reference de prix de vente du porc en France, le marche du porc breton lance a partir de ce mois ci la vente a livraison differee. Une idee initiee depuis le debut de l’annee par Kermene et Syproporcs, dont une vingtaine d’eleveurs adherents ont vendu ainsi 14 000 porcs charcutiers. « Cette experience a permis de tester en reel le fonctionnement de ce type de contrat inedit en production porcine », souligne Jean-Pierre Joly, le directeur du marche. Entre les eleveurs Syproporcs et Kermene, les contrats etaient passes de gre a gre. « Mais il n’est pas question de continuer de cette sorte », precise Pascal Leroy, responsable de la filiere porc de Kermene. A l’image des ventes realisees sur le marche « spot », le groupement servira d’intermediaire, voire de caution en cas de defaut de respect du contrat par l’eleveur. Tous les groupements cotisant au MPB se sont engages dans cette demarche. Du cote des abatteurs, seul Kermene pour l’instant s’est prononce en faveur des ventes a livraison differee.


Un contrat entre l’eleveur et l’abatteur


Le contrat a livraison differee prend effet a une date specifiee dans le futur. L’eleveur et l’abatteur se mettent d’accord a l’avance sur le prix de vente, la quantite et la date de livraison. Chaque semaine, le MPB realise un catalogue de lots de porcs avec leur semaine de livraison comprise entre 4 et 18 semaines apres la mise en marche. L’eleveur annonce un « prix d’objectif » que les acheteurs ne connaissent pas. Les encheres progressives se font sur internet, une fois par semaine. Elles sont limitees dans le temps a 30 minutes. Le dernier encherisseur remporte le lot de porcs a condition qu’il ait depasse le prix d’objectif fixe par l’eleveur. Si le lot ne trouve pas d’acquereur, l’eleveur peut le remettre en vente les semaines suivantes. Le MPB publiera pour chaque semaine la fourchette de prix des contrats realises jusqu’alors. « Avec ce prix d’objectif, c’est l’eleveur qui garde la main », affirme Daniel Picart, president du MPB. « C’est lui qui decide le prix de vente de son lot en fonction de son objectif de marge. »


Les enjeux : securiser la marge


« En connaissant a l’avance ce que rapportera ses ventes, l’eleveur fixe sa marge », souligne Daniel Picart. Le contrat assure au vendeur une protection contre le « risque de prix ». Il le protege contre un eventuel effondrement de prix sur le marche. Mais il l’empeche aussi de tirer profit d’une hausse des cours superieure au prix fixe. Pour aller au bout de la demarche de securisation de marge, l’eleveur doit aussi securiser ses approvisionnements, en achetant ses aliments ou ses matieres premieres de la meme maniere. Certains fabricants d’aliment proposent deja aux eleveurs de se couvrir sur des periodes variables.


Les cles de la reussite : repercuter a l’aval


Les contrats a livraison differee ne pourront se developper que si les abatteurs y trouvent un interet. « Nous avons bien sur des previsions de besoins, variables selon les saisons », explique Pascal Leroy. « Le marche a livraison differee nous permet de securiser une partie de ces besoins, notamment en periode de forte activite. » Une couverture qui ne devrait pas cependant depasser 10 % du volume abattu. Il faudra aussi que le meme mecanisme de vente se developpe en aval, des abatteurs vers leurs clients transformateurs et distributeurs. Sur ce sujet, Pascal Leroy reste prudent : « pour le moment cela n’existe pas ». Pour Jean-Pierre Joly, les livraisons differees pourraient etre aussi appliquees aux carcasses destinees aux marche export, « dont les contrats se negocient generalement sur des periodes de trois mois ».

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