Réussir porc 31 août 2018 à 08h00 | Par Pascal Le Douarin

Arvalis modernise sa station expérimentale monogastriques

Poussé par la réglementation sur le bien-être animal, Arvalis - Institut du végétal a mis sa station d’évaluation des matières premières sur porcs et volailles à l’heure du numérique. Reportage à Villerable, dans le Loir-et-Cher.

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Maxime Traineau, ingénieur Arvalis et Vincent Boucicaud, commercial Asserva, présentent les loges de 20 porcs et les distributeurs d’aliment et d’eau connectés développés par Asserva.
Maxime Traineau, ingénieur Arvalis et Vincent Boucicaud, commercial Asserva, présentent les loges de 20 porcs et les distributeurs d’aliment et d’eau connectés développés par Asserva. - © Pascal Le Douarin

Auparavant, afin de mesurer les consommations et les rejets par animal à des fins d’expérimentation, les porcs et les volailles étaient logés dans des cases ou des cages individuelles. En 2010, les conditions d’élevages à visée scientifique ont été réglementées par une directive européenne qui est appliquée depuis janvier 2017. Devant se conformer à cette exigence d’amélioration du bien-être animal, l’équipe Arvalis, de la station expérimentale porcs et volailles de Villerable, dans le Loir-et-Cher, y travaillait depuis 2014. Fin mars, l’institut a ouvert les portes d’un chantier sur le point de s’achever. À la rénovation des bâtiments et au changement des équipements se sont ajoutées de nouvelles technologies numériques qui transforment cette contrainte en avancée.

Les cases de digestibilité sont composées d'un box d’alimentation ouvert sur une courette individuelle d’exercice.
Les cases de digestibilité sont composées d'un box d’alimentation ouvert sur une courette individuelle d’exercice. - © Pascal Le Douarin

Allouer plus d’espace à l’animal

Les deux unités, porcine et avicole, ont été conservées sans extension de surface, mais réaménagées par l’obligation de procurer plus d’espace par animal, privilégier l’élevage en groupe et rendre le travail plus ergonomique. Le bâtiment porc, qui a été complètement rénové comportait deux salles de 48 places chacune en logements individuels, avec pesée manuelle de l’aliment et des animaux. Les porcelets sont maintenant logés par 20 dans quatre loges collectives de 12 m2. Pour continuer à récolter des données individuelles, ils portent une puce d’identification et sont détectés lorsqu’ils passent au distributeur d’aliment développé avec Asserva (deux par loge) et aux deux abreuvoirs. Quant à la salle de mesure de digestibilité, elle a été réduite de 20 places individuelles bloquées à 12 places. Chacune comporte une case d’alimentation ouverte sur courette individuelle d’exercice, le tout faisant 4 m2. Un dispositif de mangeoires connectées existe aussi pour la volaille. Comme aucun dispositif commercial n’existait pour cette production, Arvalis a travaillé avec la société tourangelle Tekin spécialisée dans la création sur mesure d’objets et services connectés pour mettre au point un prototype.

L’investissement global de plus de 700 000 euros, majoritairement autofinancé, a bénéficié d’un accompagnement technique et financier. Le bâtiment porc a émargé au Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles pour un montant de 120 000 euros (17 % des travaux). Le bâtiment volailles a aussi bénéficié du soutien de CAP’Tronic, qui a mis Arvalis en relation avec la start-up Tekin, alloué une aide de 3000 euros (via l’association Jessica, fondée par le CEA et BPI France), pour la preuve de concept de la mangeoire connectée pour poulets.

De gauche à droite : Harold Rigoreau (technicien volaille), Patricia Thiercelin, Fabienne Fournie (assistante), Maxime Traineau et Justine Danel (ingénieurs), Nicolas Gandon, Maria Vilarino ( responsable station expérimentale).
De gauche à droite : Harold Rigoreau (technicien volaille), Patricia Thiercelin, Fabienne Fournie (assistante), Maxime Traineau et Justine Danel (ingénieurs), Nicolas Gandon, Maria Vilarino ( responsable station expérimentale). - © Pascal Le Douarin

40 ans au service des filières animales

La ferme expérimentale de Villerable, dans le Loir-et-Cher, a été créée dans les années 70 avec pour mission d’améliorer l’alimentation des porcs, puis elle a évolué dans les années 90 vers la spécialisation des mesures de digestibilité de matières premières pour les porcs et les volailles. Elle est gérée par l’équipe du Pôle valorisation animale du service qualités et valorisations. Ses trois ingénieurs et quatre techniciens, avec l’appui de leur assistante, testent des matières premières, des coproduits et des aliments complets sous plusieurs angles : valeur nutritionnelle, qualité sanitaire, rejets dans l’environnement… Le tout en partenariat avec la recherche publique (Inra), les instituts (Ifip, Itavi, Terres Innovia) et les entreprises de nutrition animale. Son « cœur de métier » est de mesurer la digestibilité, afin de produire des références pour la formulation d’aliments. La qualité du blé, du maïs, du triticale et du sorgho est aussi évaluée chaque année. S’ajoutent des études sur les méthodes d’analyses et sur des thématiques variées : digestibilité du phosphore sur des coproduits, impacts des céréales à faible poids spécifique, effets d’additifs nutritionnels, effets de la granulation des aliments, effets de contaminants.

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