Réussir porc 06 juin 2006 à 11h39 | Par Claudine Gérard

Analyse de l´ITP - La production porcine s´oriente vers des modèles spécialisés à haute technicité

Pour Michel Rieu, responsable du pôle économie de l´Institut technique du porc (ITP), l´élevage de demain aura plusieurs visages, selon les régions, les moyens et les aspirations de l´éleveur. Mais il sera plus spécialisé et plus sophistiqué.

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Selon les services économiques de l´ITP, si la France veut conserver son potentiel de production, l´élevage de porc de demain ne devra pas répondre à un modèle, mais à plusieurs. Le système naisseur-engraisseur, qui représente 86 % des truies aujourd´hui, restera important. Mais Michel Rieu prévoit que d´autres systèmes trouveront leur place : des naisseurs et des engraisseurs séparés, des élevages en multisite, des maternités collectives entre associés et des systèmes de contrats avec des garanties économiques. Par rapport à la situation actuelle, il prévoit que ces modèles diversifiés devront exploiter au mieux des rentes de situation, des atouts, des spécificités : production complémentaire, terres d´épandage, présence d´une Faf et possibilité d´utiliser localement des co-produits, signes de qualité ou marchés porteurs. tout en sachant se faire accepter par la population, autant de contraintes ou d´atouts qui influenceront le type d´atelier.
« Mais on voit bien que dans beaucoup de pays où la production se développe (Espagne, États-Unis, Canada, Danemark.), la taille des élevages augmente plus vite qu´en France. Aux Pays-Bas, où la production recule en raison de la forte limite environnementale, le choix d´élevages moins nombreux est fait pour résister à la concurrence et conserver une place significative », ajoute Michel Rieu qui estime que « la taille, la sophistication technique, sont source d´économies d´échelle. L´automatisation, la planification des tâches et les gains de productivité sont indispensables pour abaisser les coûts. Car l´enjeu est la rentabilité et la compétitivité tout en respectant les contraintes imposées ». L´économiste rappelle en effet que, sur les cinq dernières années, le coût moyen de production en France était de 1,30 euro/kg, et le prix de vente de 1,33 euro/kg. Dans ces conditions, toute baisse du prix de vente ou hausse des coûts menace de nombreux élevages et met en jeu une part de la production. »
L´éleveur devra savoir gérer ses salariés
Quel que soit le modèle de cet élevage de l´avenir, l´augmentation de la taille va entraîner une augmentation du nombre de salariés. « L´éleveur devra donc savoir gérer l´organisation du travail et acquérir de nouvelles compétences : recruter, former, encadrer, motiver, fidéliser, organiser. » Bref, être un bon chef d´entreprise et savoir manager des équipes. Michel Rieu prévoit en outre que ce besoin de salariés aura un impact sur l´organisation collective, la formation des personnes, les groupements d´employeurs.
Enfin, il souligne que les modèles de demain devront maîtriser l´impact environnemental, avec ou sans sol. Les pistes sont nombreuses, de l´épandage au traitement, et là encore, les spécificités régionales pèseront dans les choix. Michel Rieu rappelle que la densité porcine est par exemple de 500 porcs au km2 de SAU en Bretagne contre 80 porcs/km2 dans les Pays de la Loire (et 1200 dans le sud-est des Pays-Bas).

Dans tous les cas, l´élevage de demain se trouvera dans un contexte économique plus difficile : un marché mondial qui se durcit avec de nouveaux concurrents très efficaces et les perspectives de l´OMC, et une réglementation communautaire, déjà en place en matière d´environnement, de sécurité sanitaire, de bien-être. dont le surcoût est aujourd´hui évalué par l´ITP à 10 à 15 centimes d´euros par kilo de carcasse. « La France doit faire un effort important pour imaginer et mettre au point les systèmes de production qui pourront affronter l´avenir. L´ITP, avec ses partenaires, s´y emploie et souhaite pouvoir mobiliser des moyens conséquents pour y parvenir », conclut Michel Rieu.
Pour en savoir plus
Voir dossier de Réussir Porcs de mai 2006 intitulé « Quels élevages pour demain ? ». (R. P. nº127, 17 pages)

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