Réussir porc 16 décembre 2008 à 11h05 | Par C.Gérard

Aliments composés - Les fabricants d'aliment s'expliquent sur les prix

Les fabricants d’aliments veulent faire savoir que, grâce leur politique d’achat des matières premières et à l’optimisation des formules, ils peuvent lisser l’amplitude de variation de prix des matières premières.

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En marge de leur assemblée générale, les fabricants d'aliments complets (1) ont pris soin d'expliquer que, compte tenu de leur position aux achats de matières premières et de leur travail d'optimisation, ils permettent de lisser les fluctuations de prix des matières premières, particulièrement importantes ces derniers mois. Aux achats, tout d'abord, ils rappellent que les usines disposent de peu de capacité de stockage de matières premières : 3 à 4 jours de fabrication pour les céréales, une dizaine de jours en moyenne pour les autres matières premières. La rupture de stock étant évidemment inacceptable, les acheteurs doivent anticiper les besoins et « se couvrir » sur du plus ou moins long terme. Compte tenu du décalage entre ces achats et la réception de ces matières premières à l'usine, il existe fatalement un écart entre le prix de la matière première entrant dans l'usine, et le prix « spot » publié. Les fabricants mettent en garde contre une lecture « basique » de ces prix spots: « À l'exception des marchés à terme, les cotations ne sont jamais accompagnées de volumes achetés. Ainsi, les prix extrêmes observés à la hausse comme à la baisse sur les courbes d'évolution ne correspondent qu'à des volumes non significatifs. » Cette précision étant faite, les fabricants veulent aussi prouver que, se positionnant aux achats à plus ou moins long terme, le prix de revient « usine » des matières premières fluctue toujours moins que ces prix spots. La politique d'achat des fabricants constitue donc un effet tampon, tant à la hausse qu'à la baisse, sur le prix de revient de l'aliment. Les fabricants mettent aussi en garde (les éleveurs?) sur une lecture trop simpliste de l'indice IPAA, indicateur de l'évolution de la composante « matières premières » destinées à l'alimentation animale. Le principal défaut de cet indice est qu'il est basé sur un panier fixe de matières premières utilisées dans l'ensemble des aliments toutes espèces confondues. D'autre part, cet indice est calculé à partir de cotations spots. En période de fortes variations de prix, il se trouve donc décalé par rapport aux prix d'achats effectifs qu'ont subi les fabricants d'aliments. Ceux-ci recommandent donc de s'intéresser davantage à l’IPAA moyenné sur six mois. Autre levier pour lisser le coût matière, l’optimisation. Les formulateurs disposent d’une palette plus ou moins large de matières premières qui peuvent se substituer entre elles pour aboutir à l’équilibre de la formule. Les possibilités d’optimisation ne sont pas les mêmes selon les espèces. En volaille de chair, par exemple, compte tenu des hauts niveaux d’énergie et d’acides aminés, nécessaires, le formulateur n’a guère de possibilité de se passer de maïs et tourteaux. En revanche, pour les aliments porcs, « la palette de matières premières disponibles est la plus large, ce qui explique que l’indice « prix de l’aliment Ifip » ait commencé à fléchir dès le mois de juin, sous l’impact de l’érosion des cours céréaliers ». Les fabricants entendent ainsi faire comprendre que les prix des aliments peuvent évoluer différemment d’une espèce à l’autre. Pour justifier à nouveau que le prix de l’aliment ne suive pas strictement les cours des matières premières (en particulier à la baisse), les fabricants soulignent enfin que, si les évolutions des cours des matières premières vont directement impacter sur le coût matière de l’aliment, les coûts de transport et de fabrication, eux, sont soumis aux coûts de l’énergie, des frais de personnels et des frais financiers. 

(1) Coop de France nutrition animale

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