Réussir porc 12 août 2004 à 14h26 | Par C. G.

Alimentation porcine - Raisonner les mycotoxines au cas par cas

Une dizaine de mycotoxines provoque des effets toxiques sur les animaux. Il importe de les connaître pour les combattre.

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« Observez les animaux ! »
Les analyses en laboratoire ayant un coût et surtout des limites, Christian Ténier, Biomin, suggère de s´en remettre aussi à l´observation des animaux pour évaluer le risque mycotoxines.

Malgré les progrès considérables en matière d´analyse des mycotoxines réalisées en laboratoire, celles-ci ne suffisent pas à porter un jugement définitif sur un lot de céréales. C´est ce que soutient Christian Ténier, Biomin. Il soulève tout d´abord le problème de l´échantillonnage : « Si une toxine est présente à 1 ppb, soit une partie par milliard, cela équivaut approximativement à un grain de sable dans 22 kg, ou un grain de céréales dans trois wagons ! Ce qui explique que 88 % des « erreurs » d´analyse sont en fait liées à la prise d´échantillon ». A ce problème majeur s´ajoute celui d´un sous échantillonnage au laboratoire (10 % de l´erreur selon Christian Ténier), et enfin, reste le problème de l´analyse elle-même, qui ne représente que 2 % de « l´erreur » totale.
A ces limites s´ajoutent des masquants naturels de mycotoxines présents dans les matières premières, qui en perturbent la détection. Par exemple, la zéaralénone peut être liée aux glycosides sur le grain, et ne pas être détectable au laboratoire. Pourtant, elle va agir dans le tube digestif. Enfin, Christian Ténier précise qu´il existe de réelles « synergies entre mycotoxines, par exemple entre le DON et la zéaralénone « pour lesquelles 2+2 = 10 ! ».

Pour toutes ces raisons, Christian Ténier a bâti une table d´évaluation du risque mycotoxine qu´il suggère de remplir pour situer la probabilité d´être confronté au problème en élevage. Cette table s´appuie sur les symptômes connus des principales mycotoxines. On sait que la zéaralénone provoque des troubles de la reproduction : atrophie d´ovaires, hypertrophie de l´utérus, oedème de la vulve, féminisation des mâles. En maternité, cette toxine est à l´origine de problèmes sur les porcelets : oedèmes, tétines rouges, splay leg. et sur les truies : appétit en baisse, moindre montée de lait.
Quant aux trychotécèens, elles sont connues pour leurs effets toxiques et nécrosants et leur impact sur la consommation alimentaire. « On observe des lésions dermales au groin, à la base des oreilles, ou encore une nécrose de la queue sur des porcelets en maternité. » La table d´évaluation du risque se décompose donc en soixante question auxquelles la réponse sera « oui ou non ! ». Sont passés en revue les symptômes sur truies et cochettes (chaleurs, fertilité.), en maternité (signes sur porcelets et truies), et en engraissement (appétit, retournements d´anus.). S´ajoutent à ces observations sur les animaux des données sur le type d´aliment - les aliments fibreux sont plus propices à la présence de mycotoxines -, sur le stockage et même sur les pratiques culturales. « Nous faisons le décompte des réponses. Plus il y a de « oui », plus le risque est grand et/ou plus la mycotoxicose est confirmée », précise Christian Ténier.

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