Réussir porc 15 mai 2006 à 15h19 | Par Réussir Porc (D. Poilvet)

Alimentation - « L´alimentation des truies gestantes à volonté une technique simple, et économique »

Pour Huub Van Der Vinne, nutritionniste allemand, beaucoup d´éleveurs allemands et hollandais optent pour l´alimentation des truies gestantes à volonté notamment grâce aux économies qu´elle permet.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Huub Van Der Vinne, chef produits porcs du fabricant d´aliment allemand Bröring (900 000 tonnes par an), est considéré comme le spécialiste des systèmes d´alimentation à volonté pour les truies dans ce pays. Pour lui cette technique se développe car elle s´accomode d´équipements simples et peu coûteux. Et elle se positionne d´autant mieux que, progressivement, les normes de bien-être s´appliquent. L´alimentation à volonté, qui se développe à la fois en Hollande et en Allemagne, intéresse au moins trois catégories d´éleveurs : « En Allemagne, beaucoup d´éleveurs augmentent la taille de leur cheptel reproducteur. Par ailleurs, la technique du sevrage à 21 jours se développe. Et pour rationaliser le temps de travail, ils passent d´une conduite 7 bandes à 10 bandes », indique-t-il. Ces éleveurs ont donc besoin de créer de nouvelles places de gestantes, et veulent les faire à un coût réduit.
Remplacer les DAC trop coûteux
D´autres éleveurs, qui avaient investi dans des DAC avec colliers dans les années quatre-vingt-dix, doivent renouveler leur matériel qui arrive en fin de vie. Le technicien juge l´alimentation à volonté bien adaptée à ces bâtiments existants, alors que, pour lui, les nouveaux DAC qui permettent une individualisation des quantités consommées sont trop coûteux par rapport aux avantages qu´ils apportent.
Enfin, comme en France, beaucoup d´éleveurs avaient encore des truies à l´attache, un système interdit depuis le début de l´année. « Pour eux aussi, les truies en groupes avec une alimentation à volonté est intéressante, car en gagnant sur les couloirs, elle ne nécessite pas plus de surface de bâtiment. »

A cela s´ajoute le problème de main-d´oeuvre existant en Allemagne : « Les éleveurs ne disposent que de salariés peu qualifiés. L´alimentation à volonté ne nécessite pas de qualification particulière pour la gérer. »
Cependant, la recherche de performances ne semble pas la priorité absolue, dans un contexte allemand où les extensions d´élevage semblent encore possibles. « Les éleveurs préfèrent augmenter la taille de leur cheptel reproducteur plutôt que d´améliorer la prolificité », note le technicien.

L´alimentation des truies gestantes est-elle adaptable à des troupeaux hyperprolifiques ? Pour lui, la réponse est oui, à condition de respecter certaines règles fondamentales. A commencer par le bâtiment, qui doit être bien ventilé et sur caillebotis intégral. « L´aliment de gestation, riche en pulpes de betteraves, favorise des déjections « grasses » qui rendent les sols glissants. Il faut donc que la ventilation soit optimale pour ne pas que les truies se salissent ou se blessent. » Ensuite, le technicien estime que le type génétique femelle est essentiel : « pas de truies de gabarit important. Il est nécessaire de privilégier des animaux dont la capacité d´ingestion est limitée. Pour que ce système soit viable économiquement, il ne faut pas dépasser les 4 kg consommés par truie et par jour ».
Enfin, l´éleveur doit faire preuve d´un bon sens animalier : « il faut être apte à réagir si le lot devient hétérogène, ou si les quantités consommées sont trop élevées », conclut Huub Van Der Vinne.

Les plus et les moins
+ Investissement dans le système d´alimentation moins élevé ;
+ Moins de travail pour l´éleveur ;
+ Truies plus lourdes à la réforme, longévité plus élevée, meilleure prolificité.

- Ne pas dépasser 4 kg d´aliment par truie et par jour. Au-delà, le coût alimentaire est trop élevé : choisir une génétique ayant une capacité d´ingestion limitée ;
- L´éleveur doit être très « animalier » pour suivre l´état corporel des truies et modifier la conduite d´élevage si besoin ;
- Bâtiment sur caillebotis intégral et bonne ventilation indispensables : un aliment riche en pulpes de betteraves favorise des déjections « grasses » et rendent les sols glissants.
- Attention à la consistance du lisier : avec un aliment dilué, les truies boivent moins (10 litres par jour en moyenne) et produisent un lisier plus épais.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui