Réussir porc 25 octobre 2007 à 10h56 | Par Propos recueillis par Claudine Gérard

Alimentation animale - « Le maïs brésilien est compétitif par rapport au blé français » constate Jean Dahirel de l´Afab

Abonnez-vous Réagir Imprimer

Jean Dahirel, responsable de la commission matières premières à l´Afab(1), possède une longue expérience d´achat de matières premières pour l´alimentation animale. Il avoue n´avoir jamais connu le scénario que nous vivons aujourd´hui, où le maïs brésilien importé, malgré le coût du fret, reste plus attractif que le blé européen. Le groupe Glon a annoncé cet été l´importation de maïs en provenance du Brésil pour pallier la flambée des céréales françaises, n´étant là que le précurseur d´actions du même type de la part des autres opérateurs.
L´approvisionnement en matières premières pour l´alimentation animale va-t-il radicalement changer ?
Effectivement, plusieurs fabricants d´aliment du bétail en Bretagne ont ou vont importer du maïs en provenance du Brésil car, contre toute attente, le maïs rendu Lorient se trouve compétitif par rapport au blé français. Le coût du transport a pourtant considérablement augmenté, passant de 20 à 60 euros la tonne voire plus pour un bateau de 45 000 tonnes. Malgré tout, le maïs « rendu délivré », c´est-à-dire déchargé du port, avec un niveau de prix d´environ 260 euros la tonne, est inférieur d´environ 10 euros la tonne au blé métropolitain, alors que, généralement, il est de 10 euros supérieur. Il serait encore plus compétitif par rapport au blé si nous pouvions nous approvisionner aux États-Unis, mais l´obligation pour nous d´utiliser du maïs non OGM rend cette source d´approvisionnement quasiment impossible.
Les formulateurs peuvent-ils compter sur d´autres matières premières d´importation ?
Le sorgho trouve sa place dans les formules. Aux États-Unis, sa production est en hausse, et, moins cher que le maïs, il peut être intéressant.
Par ailleurs, le manioc va refaire son entrée en France. Certains pays du Nord de l´Europe, qui n´avaient d´ailleurs jamais délaissé cette matière première, y ont à présent largement recours.
Le manioc avait perdu de son intérêt en raison de son débouché vers les bio-carburants en Asie. Mais aujourd´hui, sachant que nous le payons aux alentours de 220 euros la tonne (délivré port), les pays producteurs, en particulier la Thaïlande, le destinent à nouveau pour notre débouché en alimentation animale, et nous allons voir des bateaux arriver en France à partir de février. Mais il faut savoir que, étant quasiment dépourvu de protéines, le manioc va faire augmenter nos besoins en tourteaux de soja.

Peut-on aussi prédire le retour des graisses animales ?
C´est théoriquement une alternative possible, sachant que nous sommes restés jusqu´à présent dans le « 100 % végétal ». Mais nos clients ne sont pas du tout demandeurs, la majorité des cahiers des charges ayant interdit cette source d´énergie. Le retour des graisses animales ne me paraît pas du tout d´actualité.
Ce chamboulement dans les prix d´intérêt des matières premières peut-il être une source de distorsion de coûts de production dans les différents bassins européens ?
Globalement, nous, Français, Espagnols, Hollandais. allons importer les mêmes matières premières. Certes, il y aura, comme toujours, des différences de coûts entre les ports de Brest et de Rotterdam, par exemple, mais les écarts seront bien vite gommés par un achat plus ou moins bien fait ! En tout état de cause, la situation actuelle ne peut durer dans aucun pays, que ce soit pour l´éleveur comme pour le fabricant d´aliment pour lequel le seul coût matière représente aujourd´hui 87 % de son coût de revient !

(1) Association des fabricants d´aliments bretons

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Porc se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 24 unes régionales aujourd'hui