Réussir porc 22 janvier 2008 à 15h19 | Par Dominique Poilvet

Abattage-découpe - « Les charges pénalisent les abattoirs français »

A l´occasion de l´AG du groupement Cavac, Thierry Meyer, directeur de Socopa Porc, a pointé les distorsions de concurrence qui pénalisent les abatteurs français.

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« Les abattoirs français sont performants, mais pas compétitifs », soulignait Thierry Meyer, directeur de Socopa Porc face aux éleveurs Cavac lors de l´AG de leur groupement le 9 novembre dernier. Des salariés et des outils qui dégagent une productivité élevée. Mais aussi des charges multiples qui pèsent lourdement sur la compétitivité des abattoirs face à leurs homologues des autres pays. Principal accusé, le coût du travail : « Avec 21 euros de l´heure, le coût de la main-d´oeuvre directe (MOD) représente près de 45 % du coût total chez Socopa. Chez nos voisins, il est beaucoup moins élevé », note-t-il : 13,5 ?/h chez un concurrent espagnol qui a bien voulu divulguer ses chiffres, 13 ?/h en moyenne dans deux entreprises allemandes qui profitent du moindre coût de la main-d´oeuvre étrangère, seulement 10 ?/h dans une entreprise du Royaume-Uni. « Un écart de 7,5 ?/h vis-à-vis de nos principaux concurrents, c´est 8 c/kg de carcasse de coût supplémentaire pour nous », tonne Thierry Meyer, qui ne s´étonne pas, dans ces conditions, que les abatteurs allemands puissent payer les porcs de 2 à 3 centimes de plus au kilo.
Autre mal bien français selon lui, le principe de précaution exagéré. Destiné autrefois à prévenir les crises sanitaires en garantissant aux consommateurs des produits sans risque, ce principe est aujourd´hui devenu trop souvent une contrainte majeure. « La non valorisation des os nous fait perdre 1 million d´euros par an », calcule-t-il. « Pour les graisses animales, ce sont 2 centimes de moins par kilo de porc, une charge que n´ont pas nos concurrents européens puisqu´elles sont autorisées dans l´UE et que leurs clients les acceptent. » En revanche, les protéines animales transformées (Pat, le nouveau nom donné aux farines animales) sont encore interdites, alors que toutes les études prouvent que leur incorporation dans les aliments porcs et volailles serait totalement inoffensive. Selon Thierry Meyer, la réglementation européenne peut rapidement évoluer. « Cela diminuerait le coût de l´aliment et augmenterait la valorisation des abats », souligne-t-il.
Thierry Meyer : « L´utilisation des protéines animales transformées dans les aliments augmenterait la valorisation des abats et améliorerait le coût alimentaire des élevages. » ©D. Poilvet

Coût surdimensionné du SPE en France
Dernière charge pointée du doigt et non la moindre pour les abatteurs, le coût du service public d´équarrissage (SPE). « Pour Socopa Porc, il est de plus de 2 millions d´euros par an, en tenant compte de la participation de l´éleveur ». Outre le fait que, dans l´UE, il n´y a qu´en France où les abattoirs paient, Thierry Meyer dénonce le coût surdimensionné du SPE par rapport à nos voisins européens : 287 ?/tonne, contre 137 ?/t en moyenne en Europe, avec un extrême à 83 ?/t au Danemark !
Malgré ces handicaps de compétitivité, Thierry Meyer est cependant confiant dans l´avenir. « Nous devons nous battre pour améliorer nos performances économiques », martèle-t-il, tout en soulignant l´intérêt du marché national, où Socopa développe des démarches qualité comme le Label rouge, les oméga 3, « pour se protéger des agressions extérieures ». Autres sources d´amélioration, l´innovation et la mécanisation des process de transformation et de conditionnement de la viande. « Pour Socopa qui abat 65 000 porcs par semaine, ce n´est qu´en améliorant la productivité et en proposant de la qualité et de l´innovation que nous arriverons à mieux valoriser la production porcine française », conclut-il.

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