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Fromages de brebis
France Brebis Laitière : la reprise de la consommation de fromages de brebis saluée à l'assemblée générale

L’assemblée générale de France Brebis Laitière, qui s’est tenue à Réquista le 14 avril, était l’occasion de revenir sur les travaux menés en 2025. Une année marquée par une reprise de la consommation des produits à base de lait de brebis, une première depuis quatre ans.

Un banquet de produits laitiers de brebis.
La hausse de la consommation a surtout concerné les produits ultra-frais.
© D. Séailles

C’est au cœur d’un territoire fortement marqué par l’élevage ovin laitier, à Réquista, en Aveyron, que France Brebis Laitière (FBL) a tenu son assemblée générale mardi 14 avril 2026. Son nouveau conseil d’administration pilotera les actions de FBL pour les trois prochaines années. « Ce rendez-vous annuel constitue un temps fort pour l’ensemble des acteurs de la filière ovine laitière et de ses partenaires », indique Sébastien Bouyssière, animateur de FBL. Le travail pour la reconnaissance de FBL en tant qu’interprofession se poursuit. Le recours à un cabinet de conseil permettra de « poser les bases de la structuration de la filière et de la coordination avec les interprofessions régionales ». 

France Brebis Laitière est aussi impliqué dans le montage d’un plan de sauvegarde du lait cru, projet lancé fin 2025. « Nous avons alerté les ministères de l’agriculture et de la santé et souhaitons engager un travail sur le long terme à ce sujet. »

 

+6% de consommation de fromages de brebis

De 2021 à 2024, face à l’inflation, les consommateurs fidèles de produits laitiers de brebis se sont rabattus sur des produits moins onéreux, tels que les fromages de vache. L’année 2025 marque un retour à une situation pré-crise. Pour la première fois depuis 2021, la consommation est en progression : +6% sur les fromages et +15% sur les ultra-frais. La consommation de pâtes fraîches, comme la féta, est particulièrement dynamique, car leur prix moyen est moins élevé. Seul l’Ossau-Iraty ne voit pas sa consommation progresser. Le développement de l’élevage ovin lait hors-bassin se poursuit : on y compte environ 600 élevages, principalement avec transformation à la ferme, même si la collecte se développe.

Les résultats d'une enquête sur l'image de la filière brebis laitière auprès des consommateurs a suscité de vives réactions dans l'auditoire. Malgré une bonne image, les produits au lait de brebis restent assez méconnus du panel de 2 000 consommateurs interrogés par l'enquête. Le lien entre fromage et élevage ovin, notamment, est peu fait par les consommateurs, questionnant la communication faite autour de ces produits.  

Lire aussi : Fromages de brebis : malgré une bonne image, ils sont mal identifiés par les consommateurs, selon une enquête

Quant aux revenus, « ils ont progressé, sous l’effet de la hausse des prix et d’une légère baisse des charges, bien qu’elles restent élevées », affirme Sébastien Bouyssière. Mais l’avenir s’annonce plus délicat, avec des incertitudes géopolitiques qui occasionnent une hausse des coûts de production. « Les échanges internationaux sont fragilisés, or plus de 25% de la production est exportée », modère l'animateur de FBL.

Lire aussi : Les fabrications de produits au lait de brebis ont repris de la couleur en 2024-2025

L’année 2025 a aussi vu l’arrivée de nouveaux indicateurs de contractualisation, fruit d’un travail entre FBL, l’Insee et FranceAgriMer : l’indice mensuel d’évolution du prix du lait de brebis et l’indice du prix de vente industriel des fromages.

 

Un outil pour le bien-être animal en ovin lait : Oviwell

L’assemblée générale était aussi l’occasion d’annoncer le lancement mi-avril d’un nouvel outil d’évaluation du bien-être animal, auprès de techniciens formés à son utilisation. Dédié aux ovins, Oviwell permet « d’objectiver l’état de bien-être d’un troupeau, avec des éléments fondés sur la science », affirme Sébastien Bouyssière. 

Le projet part d’un « besoin de se réapproprier le sujet du bien-être animal ». L’outil, coconstruit avec des éleveurs, se veut opérationnel en élevage et adapté aux spécificités des ovins. « Il nous permettra d’attester collectivement de nos bonnes pratiques auprès des pouvoirs publics, des consommateurs, des ONG et des industriels. »

Lire aussi : Des indicateurs du bien-être animal quantifiables et reproductibles

 

Vers un nouveau système d’information en ovin lait ?

Une réflexion a été menée en 2025 autour de la construction d’un nouveau système d’information ovin lait au bénéfice de tous les acteurs de la filière. En effet, le service global d'appui aux éleveurs ovins lait (SIEOL) est vieux de vingt ans. Or, « la donnée devient un enjeu stratégique », explique Gilles Lagriffoul, directeur du Comité National Brebis Laitière. Surtout au vu des innovations permises par l’intelligence artificielle.

 « Avec les acteurs de l’amont, de l’accompagnement technique et de l’aval de la filière brebis laitière, il s’agit maintenant de définir les besoins d’évolution des outils d’accompagnement des éleveurs et des entreprises laitières, pour relever efficacement les défis à venir. » Une meilleure valorisation des données permettrait « de produire les références et observatoires dont la filière a besoin ».

Chiffres clés de la filière ovin lait en France 

  • 5e producteur européen et 12e mondial, 

  • 4270 élevages dont 3000 livrent le lait,

  • 330 millions de litres dont 30 millions transformés à la ferme, 

  • 10% des volumes en bio,

  • 40% du lait transformé est sous AOP,

  • 10% du lait est transformé en produits ultra-frais (yaourts, beurre, crème)

  • 20 000 ETP dont 6800 ETP d’éleveurs. 

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