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Lait conditionné : la consommation a baissé de plus de 5 % en 2025

Moins de petits-déjeuners, baisse de la natalité, la consommation de lait liquide conditionné a continué de baisser en 2025. Certains segments affichent tout de même des ventes en hausse. Les entreprises du secteur s’inquiètent par ailleurs des lois à venir sur les emballages. 

rayon lait en gms
Les ventes de lait entier progressent, mais celles de lait demi-écrémé, poids lourd du rayon, s’érodent.
© Virginie Pinson

La consommation de lait conditionné a reculé en France de 5,4% en 2025 à 2,6 milliards de litres, selon le Syndilait, qui représente la majorité des fabricants de lait de consommation liquide. En moyenne, un Français a consommé 39 litres de lait l’an dernier.

Lire aussi : Commerce équitable : « C’est une grande année pour la filière lait Max Havelaar »

Baisse en lait bio, hausse sur les segments spécifiques

Parmi ces 2,6 milliards de litres, les ventes en grandes surfaces ont représenté 2,2 milliards de litres, en recul de 2,6%, et un chiffre d’affaires en retrait de 1,3%, traduisant une valorisation accrue du lait. 

Lire aussi : Produits laitiers : le bio fait mieux que le conventionnel en magasin en 2025

Le lait biologique est en baisse de 3,4% en volume en 2025, « mais les premiers chiffres 2026 annoncent cependant une reprise de leur croissance », selon Syndilait. En effet, selon le baromètre exclusif Circana pour Les Marchés qui sera disponible dans votre quotidien de lundi 11 mai, les ventes en volume de lait bio (autres que enfant) ont progressé, en GMS, de 6,1 % sur la période allant du 30 mars au 26 avril 2026 par rapport à la même période un an plus tôt. Elles dépassaient ainsi de 1,1 % leur niveau d’il y a deux ans. Pour autant, en cumul annuel sur 12 mois à fin avril, la tendance est encore négative (-1,8 %).

Certains produits progressent aussi, comme le lait entier (+3%), les laits délactosés (+4,9%) et les laits vitaminés (+3,2%). 

 

Parts de marché en magasin des différents segments du lait de consommation (Diagramme circulaire)

 

Un tiers du lait vendu l’est sous marque nationale, 27 % en premier prix et 40 % en MDD. Au global, le prix moyen de vente aux consommateurs de tous les laits UHT ½ écrémés s’est établi à 1,12 euro en 2025 (+1 % en un an). Le Syndilait explique que les laits premiers prix, vendus en moyenne à 92 ct/litre, ne permettent pas à la filière d’investir.  À noter par ailleurs, le lait liquide conditionné est particulièrement sensible aux coûts de transport, tant pour la collecte du lait que pour l’acheminement des briques ou bouteilles vers la distribution et la conjoncture actuelle est donc défavorable. 

Le lait jouit d’une bonne image

Pour expliquer ce recul au global, qualifié de structurel par Syndilait qui constate cette baisse depuis une dizaine d’années, l’organisation professionnelle avance le recul du petit-déjeuner, la baisse du nombre d’enfants ou encore le développement des petits foyers ou du célibat. Pourtant, selon une enquête réalisée fin 2025 pour Syndiait, le lait jouit d’une image très favorable dans l’opinion publique qui apprécie ses qualités nutritionnelles et son prix abordable. Syndilait souhaite faire reconnaître au niveau français et européen le lait comme un aliment, et non comme une boisson, à l’instar des produits laitiers, afin d’obtenir une meilleure note au Nutri-Score.

Lire aussi : Lait de chèvre : la consommation au rendez-vous, l’amont va-t-il suivre ? 

La restauration hors domicile a par ailleurs utilisé 160 millions de litres de lait liquide conditionné en 2024, un record qui dépasse les niveaux d’avant-Covid. 

Très peu d’importations de lait liquide

Depuis la création du logo « lait collecté et conditionné en France » en 2015, les importations de lait liquide ont reculé de 86 % en 10 ans, et la consommation est couverte à 99 % par du lait français. Les importations ont notamment reculé de 23 % en un an, tandis que 90 millions de litres ont été exportés (-5,9 %), dont un tiers vers l’Italie. Le lait français part avant tout vers l’UE et la Chine ne pèse plus que pour 0,7 % des ventes (contre 5,4 % un an plus tôt), en lien avec la demande intérieure fragilisée, la hausse de la production locale et la concurrence néo-zélandaise.

Le solde de la balance commerciale est positif en volume (+65 millions de litres) comme en valeur (+42 millions d’euros). 

Lire aussi : Salon du fromage : « C’est une opportunité pour les petits producteurs qui veulent développer leurs ventes en France et à l’export »

La question des emballages inquiète Syndilait

Syndilait souhaite « supprimer la surtransposition réglementaire européenne en particulier sur la question des emballages ». La filière est particulièrement remontée contre la loi Agec prévoyant la suppression des emballages plastiques à usage unique en 2040, jugeant qu’aucune solution sans plastique n’existe pour le lait UHT. 

Elle souhaite aussi « introduire un dispositif de suramortissement ciblé pour faciliter l’investissement d’un milliard d’euros » qu’elle estime nécessaire pour se moderniser et se décarboner d’ici 2030, comme cela existe déjà dans d’autres filières. 

Lire aussi : Pourquoi les ventes de beurre ont atteint un plus bas historique en 2025 ?

 

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