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« Il y aura plus de viande de veau, nous pourrons mieux répondre à la demande cet automne »

Si des tensions sur l’offre ont limité l’activité de la filière veau de boucherie ces derniers automnes, la filière annonce de meilleures perspectives pour la rentrée 2026. 

roti de veau et carotte
A l'automne, la consommation de veau reprend traditionnellement et les volumes seront au rendez-vous.
© Interbev

La filière veau de boucherie a été confrontée, sur le début 2026, a un manque de petits veaux. « En mars et avril, les vêlages du troupeau laitier étaient en retrait de respectivement 16 % et 11 %. C’est une conséquence de la décapitalisation du cheptel et des épisodes sanitaires, notamment la FCO, moins de petits veaux, des vêlages décalés, mais aussi davantage de mortalité dans certains départements », explique Frédéric Quillard, de Sobeval, et président de la section Veau d’Interbev.

Lire aussi : Brittany Ferries ne transportera plus les veaux irlandais vers l’Europe

Les prix des petits veaux ont ainsi flambé au printemps, atteignant le record historique de 324 €/tête (pour un mâle laitier 45-50 kg) début mai. Ces niveaux de prix reflétaient la faiblesse de l’offre, « il y a eu des difficultés pour remplir les ateliers d’engraissement » constate Frédéric Quillard. Il appuie « cette disponibilité en nourrissons est un des facteurs clés pour le veau de boucherie, c’est pourquoi nous attendons une politique sanitaire forte ».

Baisse des prix des petits veaux

Depuis leur pic de mai, les prix des petits veaux sont passés sous leur niveau de 2025, après une baisse saisonnière très décalée. Actuellement, le petit veau mâle laitier s’échange à 122 €/tête (animal de 45-50 kg). C’est 2,7 fois moins qu’en mai dernier, lors du record historique, et 2,2 fois moins qu’à la même période de 2025, à un nouveau similaire à celui de 2024. 

« Comme l’offre en jeunes veaux est plus importante depuis le mois de juin, nous pourrons mieux répondre à la demande cet automne », anticipe le président de la section Veau, qui précise que l’offre avait été insuffisante sur les automnes 2024 et 2025. 

Une demande en viande de veau limitée

La rentrée est en effet synonyme de reprise pour la viande de veau, avec le retour des commandes de la restauration collective et commerciale, mais aussi d’une météo plus clémente. Une rentrée attendue par la filière, après un été difficile. « Quand les températures dépassent 30 °, la consommation de viande ralentit complétement, et le veau est particulièrement sensible », rappelle Frédéric Quillard. Les vagues de chaleur successives ont ainsi pénalisé les ventes. 

Lire aussi : Veaux de boucherie : « La chute des prix a été plus brutale que l’an dernier »

« Depuis le début de l’année, il y a un retour de l’inflation, ce qui se ressent dans les achats des ménages », ajoute le président. Mais il nuance « le temps fort de la Pentecôte montrait une vraie dynamique dans tous les circuits, la GMS et les boucheries artisanales se sont pleinement mobilisées et malgré un contexte plus délicat, l’opération a été aussi bonne que l’an dernier ». 

Le veau plus discret au restaurant

« La restauration hors domicile reste un débouché important pour la viande de veau » insiste Frédéric Quillard, reconnaissant néanmoins que « le prix portion est élevé, nous avons perdu des parts face à la volaille et le porc frais qui sont venus en substitution ». Le retour de la pression des importations a été aussi constaté en 2026, après une année 2025 où le faible écart de prix entre l’origine France et l’origine UE limitait leur importance. 

En GMS, les élaborés de veau en recul

Du côté de la grande surface, le président mentionne « Après dix années de croissance, le marché des produits élaborés de veau connait un ralentissement de largeur d’offre depuis quelques années ». Il note en revanche « une dynamique intéressante » sur les barquettes de plats cuisinés, avec des volumes importants, même si certaines marques distributeurs « ont basculé vers des blanquettes de volailles, pour le positionnement prix ». 

Des abattages de veau en retrait

La demande en viande de veau était au rendez-vous sur les premiers mois de 2026, avec une offre limitée, faute de jeunes veaux au printemps-été 2025, ce qui a conduit les prix entrée abattoir des veaux de boucherie à se montrer durablement élevés. Ils n’ont rejoint leur niveau de l’an dernier qu’au mois de juillet. À 8,03 €/kg en semaine 35, ils ne cèdent qu’1 centime à leur cotation de l’an dernier, même date. Les prix se sont stabilisés depuis quelques semaines et devraient rapidement entamer leur hausse saisonnière. 

Evolution du prix des veaux de boucherie rosé clair R (Lignes)

 

Sur les 7 premiers de l’année, les abattages restaient ainsi en retrait de 8 % en comparaison à la même période de 2025. Et la baisse atteint 18 % quand on compare à la moyenne des abattages de 2021-2025. Sur le mois de juillet seul, le recul annuel des abattages n’était néanmoins plus que de 4 % selon les dernières données d’Agreste. 

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