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Un manque de recul sur la "petite" méthanisation

La rentabilité n'est pas évidente dans le système actuel. Soyez très vigilants par rapport aux business plan des constructeurs, met en garde l'association de méthaniseurs de France.

Y a -t-il une place pour la méthanisation à petite échelle? Elle séduit ceux qui veulent rester autonomes et indépendants avec un fonctionnement quasiment lié uniquement à l'exploitation et aux effluents d'élevage.  "La petite méthanisation permet de dégager une ressource supplémentaire à partir de l'existant, tout en restant proche du métier d'éleveur et en apportant une réponse aux enjeux environnementaux (ammoniac, GES)," a souligné Denis Ollivier animateur de l'association méthaniseurs de France lors d'un colloque au Sima. Autre intérêt pour l'exploitation: la plus-value amenée au niveau du système de production via les digestats, la production de chaleur.

Une étude en cours de l'Ademe sur sept projets de 50 à 78 kWe

Mais la petite méthanisation a aussi ses limites. "Les déjections n'ont pas un potentiel méthanogène important. Les investissements au kWe restent élevés. Et le rendement électrique des petits moteurs électriques est plus faible." Autres freins mis en avant:  les besoins en chaleur sur l'exploitation sont souvent faibles et le dispositif de soutien n'a pas beaucoup pris en compte les petites installations (puissance éléctrique inférieure à 150 kWe). Au final,"la rentabilité n'est pas évidente dans le système actuel. " Pour réduire les coûts d'investissement, les constructeurs réduisent le volume du digesteur que ce soit en voie liquide ou sèche. "Le temps de séjour est donc plus court, ce qui oblige à utiliser des intrants rapidement méthanisables (menues paille, déchets locaux) qui vont aider à concentrer la ration en pouvoir méthanogène." Les petites installations ne comportent pas de postdigesteur. Pour réduire les coûts, les constructeurs proposent des modules complètement standardisés et préfabriqués. "Un bon moyen de réduire le coût est aussi de valoriser l'existant (plate-forme...)". Les installations sont encore peu nombreuses et on a peu de recul sur le fonctionnement des différentes options techniques. Les résultats d'une étude de l'Ademe, évaluant 7 projets de 50 à 78 kWe, sont très attendus.

 

" Triturez les chiffres dans tous les sens ! "

" Il faut être très critique sur le business plan des constructeurs, conseille pour sa part Gisèle Deshayes adhérente de l'association (installation de 150 kWe à sept personnes et projet de 450 kWe en voie sèche à treize). Notamment par rapport aux durées d'amortissement: une durée de dix ans pour le moteur, avec du fumier ce n'est pas sérieux, prévoyez sept ans." Le coût de maintenance est très variable en fonction des techniques," il est toujours élevé avec du fumier." Elle appelle également à la vigilance sur la main-d'œuvre (transport de la matière, alimentation du digesteur) qui est "très souvent largement sous-estimée."  Et conseille de prévoir une provision pour aléas de 10% de la valeur ajoutée. " Souvent, ajoute-t-elle,  le montant de l'investissement ne tient pas compte de l'équipement pour alimenter le digesteur, ni les épandeurs à pendillards pour valoriser l'azote ammoniacal alors qu'on vend la valeur de l'azote." Et de conclure: "triturez les chiffres dans tous les sens! "

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