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La collecte de lait bio augmente plus vite que la demande

Le déséquilibre du marché
bio s’amorce. La filière doit
trouver de nouveaux débouchés.

Le taux de valorisation du lait bio, c’est-à-dire la part de MSU (matière sèche utile) du lait véritablement valorisée en bio, se dégrade. Sur l’année 2011, 77,6 % de la MSU du lait bio était valorisée en biologique. Le taux de valorisation sur douze mois glissants n’a pas cessé ensuite de se dégrader, pour atteindre 65 % en août 2012.

Pour des raisons techniques (saisonnalité, coproduits de transformation non valorisable en bio…), une part du lait bio n’est pas valorisée en tant que telle et est déclassée. Plus de 80 % de la MSU valorisée – un niveau atteint début 2011 – est un très bon score. Par contre, la baisse du taux de valorisation observée depuis un an reflète le déséquilibre qui s’amorce entre l’offre et la demande.

La collecte continue de progresser fortement suite au boom des conversions de 2010-2011. La collecte en cumul annuel mobile de août 2011 à août 2012 est de 435 millions de litres. « Aujourd’hui, la collecte française couvre les besoins du marché français », souligne Laurent Forray, du Cniel. Pour 2013, la filière attend une collecte de plus de 470 millions de litres. Or la croissance de la demande semble avoir nettement ralenti.

Des opportunités en restauration hors foyer

Les ventes dans la grande distribution ont atteint un plafond, après avoir fortement progressé en 2010 et 2011. Par exemple :

Pour le lait de consommation, les ventes amorcent un recul au 3e trimestre.

Pour le beurre, les ventes baissent depuis début 2012.

Pour l’ultrafrais, après une année 2011 de croissance à deux chiffres, les ventes sur les deux derniers trimestres progressent de moins de 1 %.

« On peut dire que le marché des produits laitiers biologiques a exploré à fond la distribution classique. Il reste du potentiel de développement dans la distribution spécialisée et surtout dans la restauration hors foyer (RHF). Et à l’export, il existe également des opportunités à exploiter, notamment pour les poudres de lait infantiles pour le marché asiatique », souligne Laurent Forray.

Les importations de lait ont chuté de 60% entre les quatre premiers mois 2011 et les quatre premiers mois 2012. « Il reste encore des volumes à gagner. »

En attendant ces nouveaux débouchés, un déséquilibre offre-demande commence à se créer. Les transformateurs n’encouragent plus les conversions, hormis Danone qui cherche encore de nouveaux producteurs.

Convergence des prix entre la France et l’Allemagne

En matière de prix du lait, la France n’a plus de problème de compétitivité par rapport à l’Allemagne.

En 2011, le prix moyen français était supérieur de 15 euros pour 1 000 litres.

Sur 2012, moins de cinq euros séparent le prix du lait français de son voisin.

Reflet d’un marché à saturation, le prix du lait au producteur baisse. Le prix douze mois glissants août 2012/août 2011 était de 410,40 euros, contre 418,30 euros pour août 2011/août 2010.

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