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Organisations de producteurs
Quelle massification pour les OP?

Après l’agrément des OP, qui se fait au compte-gouttes, l’étape suivante est
la création d’associations d’OP. Le débat entre « verticalité » (une même entreprise)
et « horizontalité » (un même territoire) est lancé, mais est-ce le bon débat ?

Les premières OP sont agréées. Elles sont de deux natures : verticales ou horizontales. Elles sont autant de cas particuliers, fruits d’une maturation et d’une histoire différente. La question d’une politique donnant de la cohérence à l’ensemble se pose aujourd’hui. Si les OP sont les acteurs incontournables de la négociation du contrat vis-à-vis des acheteurs, une forme de coordination entre celles-ci est cependant nécessaire.

La création d’AOP (Associations d’OP) sera donc une nouvelle étape qu’il est nécessaire de réussir.

Organisation économique des producteurs : négocier avec l’acheteur

Selon la réglementation nationale, une OP ne peut adhérer qu’à une seule AOP, car elle lui transfère tout ou partie de ses missions. Le débat est alors lancé sur l’option la plus pertinente entre des AOP regroupant l’ensemble des OP livrant à une même entreprise, quelle que soit leur implantation géographique, ou des AOP « de bassin », regroupant les OP sur un même territoire, quelle que soit l’entreprise à laquelle elles livrent.

Le choix entre « verticalité » (une même entreprise) ou horizontalité (un même territoire) est un débat pour l’avenir.

La plupart des OP reconnues à ce jour se sont constituées plus naturellement dans le cadre d’une seule entreprise. Une écrasante majorité des éleveurs livrant au privé se concentre en effet dans une poignée d’entreprises nationales (Lactalis, Bongrain, Danone, Bel). On comprend alors les réflexions que les OP actuelles, au moins pour les deux principales entreprises, se tournent davantage vers une AOP « verticale » pour négocier collectivement et unanimement les principaux termes du contrat que sont la définition du prix et des volumes.

Conférence de bassin : mettre tout le monde autour de la table

Pourtant, à l’instar du système des quotas, les éleveurs ressentent également le besoin de pouvoir définir une politique professionnelle (l’installation par exemple) dans un cadre régional adapté aux exploitations des différents bassins laitiers. D’où les souhaits exprimés par certaines organisations d’OP ou d’AOP transversales à l’échelon d’un bassin homogène de production.

Mais cette mission qui consiste à établir ensemble, entre producteurs d’une même zone, le cadre d’une politique de bassin, relève-t-elle d’un agrément en OP ou AOP? D’autant qu’elle nécessite de mettre autour de la table toutes les tendances représentatives des éleveurs, qu’elles soient OP, coopératives ou encore syndicales, voire certains organismes de développement. La structuration en OP ou AOP n’est en effet pas compatible réglementairement avec cet objectif.

On pense immédiatement à la Conférence de bassin, présidée par la puissance publique, dans laquelle les OP de la région pourraient être également membres, soit directement, soit par une structure fédérative. Cette organisation viendrait en complément des interprofessions. Par définition, les missions des interprofessions sont recentrées sous l’impulsion du Paquet lait. Une de leur prérogative : la connaissance et la transparence du marché, la promotion de la qualité. Mais pas le marché!

Syndicalisme : défendre une vision politique à l’échelle du territoire

Cette structuration en OP/AOP des producteurs de lait aussi pertinente et efficace soit-elle est nécessaire mais pas suffisante. Le syndicalisme a pour ambition de défendre une vision de la production laitière ; ce n’est pas le rôle des organisations économiques qu’elles soient verticales ou horizontales. En France, depuis plusieurs décennies, une politique professionnelle partagée a eu l’ambition de maintenir des éleveurs laitiers sur tout le territoire. Cette volonté a été confortée par des politiques publiques permettant l’occupation de territoires difficiles.

La logique économique a des exigences et des contraintes que seule la politique peut contourner voire modifier. La contractualisation et l’organisation économique des producteurs de lait n’échappent pas à cette règle.

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