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Ferme des Trinottières
Du vêlage à 22 mois, c’est possible!

La ferme expérimentale des
Trinottières, organise des portes
ouvertes les 8 et 9 juin.
Y sont notamment présentés
deux essais innovants.

«Nous avons voulu tester la faisabilité du vêlage à 22 mois en vue de résoudre la problématique des veaux qui naissent tardivement, explique David Plouzin, conseiller spécialisé génisses laitières à la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire. Nous savons aujourd’hui que les vêlages très précoces sont possibles. »

L’idée était de faire vêler très jeunes les femelles qui, aux Trinottières, naissaient au mois de décembre. Ces dernières étaient jusqu’alors orientées vers un vêlage tardif, à 33 mois, afin de ne pas modifier la période de vêlage. Une dizaine d’animaux est ainsi élevée depuis trois ans dans l’objectif de vêler à 22 mois. « La phase 0-6 mois est primordiale, insiste David Plouzin. Nos animaux pesaient 220 kg à 6 mois, soit 10 kg de plus que les génisses en vêlage 24 mois. Ensuite, une croissance régulière et soutenue leur a permis d’atteindre 380 kg à 13 mois, pour la mise à reproduction. Rappelons qu’en vêlage 24 mois, l’objectif est de 400 kg à l’insémination, vers 15 mois. Bien développées, elles font le même poids que les génisses en vêlage 24 mois, soit 660 kg avant le vêlage. »

Dans l’essai, les génisses pesaient 220 kg à 6 mois

Cette courbe de croissance est plus facile à atteindre avec des races précoces comme la race Prim’Holstein. Et David Plouzin d’ajouter : « Nous n’incitons pas les éleveurs à faire vêler à 22 mois. Nous souhaitons, avec nos essais, leur montrer l’intérêt de faire vêler plus tôt leurs génisses. Dans le Grand Ouest, les femelles laitières vêlent en moyenne à plus de 30 mois. Or, les vêlages tardifs ne sont intéressants que dans certaines situations particulières, avec d’importantes surfaces en herbe à valoriser par exemple. »


En vêlant tôt, les vaches produisent plus de lait par jour de vie

Les études comparatives entre les vêlages précoces (24 mois) et tardifs (33 mois) donnent un léger avantage en termes de production laitière en première lactation au vêlage tardif (+ 300 kg de lait en 1re lactation). En revanche, en vêlant tôt, les vaches produisent plus de lait par jour de vie (+ 2kg). Elles ont aussi une meilleure longévité.

Les génisses en vêlage tardif sont plus lourdes (715 kg) au vêlage mais aussi souvent plus grasses ce qui tend à réduire l’âge de la réforme. Les conditions de vêlage sont identiques, soit 12 % de vêlages difficiles dans les deux cas. Par rapport à un vêlage à 24 mois, une génisse qui vêle à 33 mois coûtera à l’éleveur 24 % plus cher. En vêlant à 22 mois, son coût sera diminué de 7 %.

Autant de lait mais moins de TP avec les drêches de blé

« En substitution du tourteau de colza, la distribution de drêches de blé aux vaches laitières donne de bons résultats, assure Jean-Michel Lamy, conseiller à la chambre d’agriculture du Maine-et-Loire. Notre essai, réalisé en partenariat avec la société Désialis, a permis de mesurer l’impact zootechnique, encore mal connu, de l’utilisation partielle ou totale de drêches de blé dans la ration. Dans les conditions de cet essai, les drêches de blé ont permis un maintien des performances laitières du troupeau. Ce coproduit, issu de l’industrie des biocarburants, constitue un correcteur protéique de qualité. »

Les drêches ont été distribuées à des laitières en début de lactation. Trois lots d’animaux ont été constitués : l’un consommant du tourteau de colza, le second recevant 50 % de drêches et 50 % de tourteau de colza et le dernier complémenté uniquement avec des drêches. Les valeurs alimentaires retenues, par kilo de matière sèche, étaient respectivement pour les drêches de blé et le tourteau de colza de 1,13 UFL, 215 g PDIN, 140 g PDIE et 0,98 UFL, 239 g PDIN, 153 g PDIE. Un apport de 850 grammes de matière sèche de tourteau tanné de colza a permis d’équilibrer les trois rations à 90 g de PDIE par kilo de matière sèche. La partie fourrage était composée d’ensilage de maïs et d’enrubannage de luzerne.

Un très bon niveau de production laitière mais un TP plus faible avec les drêches

Pendant l’essai, qui a duré 10 semaines, les ingestions ont été d’un bon niveau (22,5 kg de matière sèche) malgré la présence de primipares. Les différences d’ingestion entre les lots n’ont pas été significatives mais elles ont eu tendance à être en baisse avec les niveaux les plus élevés d’incorporation de drêches (5 kg/j). Quel que soit le type de complémentation protéique utilisé, le niveau de production est élevé, avec en moyenne 37,5 kg de lait.

Les performances laitières ainsi que le taux butyreux sont identiques entre les trois lots. Le TP est cependant plus faible chez les vaches complémentées uniquement avec des drêches, soit -1,1 g/kg comparativement au lot alimenté avec du tourteau de colza. Ce résultat s’explique en partie par une plus faible teneur en lysine des drêches de blé. Enfin, les animaux ne recevant que des drêches ont eu une moins bonne reprise de poids malgré une valeur énergétique des drêches plus élevée, mais un niveau d’ingestion de ration plus faible.

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