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Mesurer la biodiversité, un enjeu pour l'élevage

Le projet Indibio est un premier outil permettant d'évaluer la contribution d'un élevage à la biodiversité.

" On est aujourd'hui dans une phase d'érosion très forte de la biodiversité », a lancé Sylvain Plantureux de l'Inra en préambule d'une journée consacré au projet Indibio (pour Indicateur de biodiversité) le 26 novembre dernier. « Face à ce déclin très rapide, l'Europe a affiché une stratégie très ambitieuse : stopper l’érosion d’ici 2020, et restaurer les services rendus par la biodiversité d’ici 2050. Elle a clairement identifié l’agriculture comme levier pour stopper cette érosion ». En France, un projet de loi sur la biodiversité a été présenté au Parlement l'été dernier et devrait être débattu en début d'année. Il propose notamment la création d'une agence française de biodiversité, à l'image de ce qui existe déjà dans d'autres pays (Allemagne, Grande-Bretagne, Pays-Bas...) pour apporter un appui aux porteurs de projets, sensibiliser et défendre la position française.

 

À partir d'un enregistrement des pratiques et d'une photo aérienne

 

L’élevage est hautement concerné. Avec ses treize millions d’hectares de prairies, haies, mares…, il est un contributeur essentiel à la biodiversité. Encore faut-il le démontrer pour pouvoir faire reconnaître ce service. C'est dans cette optique qu'a été initié le projet Indibio conduit par le Cniel et l'Institut de l'élevage. « Nous avons besoin d’indicateurs utilisables et utilisés par le monde agricole », souligne Dominique Daul, de la FNB, au nom des éleveurs. Un premier outil de terrain, Biotex, permettant d'évaluer la contribution d'une exploitation à la biodiversité a été mis au point. Il repose sur des indicateurs indirects de biodiversité qui permettent de s’affranchir des comptages fastidieux de faune et flore servant habituellement à la mesurer. « L’objectif est de pouvoir proposer une méthode simple rapide et pertinente, à partir d'un enregistrement des pratiques de l’élevage et l'identification des Infrastructures agro-environnementales (IAE : haies, mares, prairies permanentes…) grâce à une photo aérienne », explique Aline Chanseaume, de l’Institut de l’élevage. Biotex (qui utilise le logiciel Dexi) a été testé dans soixante-dix-sept exploitations, et permet de réaliser l'évaluation en une journée. Il donne pour chacun des treize indicateurs(1) retenus une note favorable, neutre ou défavorable, mais il ne délivre pas de note globale. « C'est un outil de sensibilisation qui permet de montrer les apports de l’élevage, mais aussi d’identifier les leviers d’action (par exemple rajouter des haies, retarder  la fauche...) ».

Si Biotex fonctionne, le développement informatique reste toutefois à faire pour le rendre ergonomique et envisager sa vulgarisation. Il reste aussi à pouvoir estimer les conséquences économiques des mesures. « Le savoir-faire et les pratiques vertueuses doivent être rémunérées, insiste Dominique Daul. C’est un service rendu par l’éleveur à la société. » Même si « la biodiversité n’est pas qu’une chose à conserver, c’est-à-dire une contrainte : elle peut être un atout, rappelle Sylvain Plantureux. Son utilité dans le cycle de production est démontrée : elle contribue au maintien de la fertilité des sols, à la pollinisation, ou encore à la qualité des prairies ».

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